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21 juillet 2003


Des légendes du Rock de retour pour un live brillant sur DVD et des petits nouveaux prometteurs venus d'Australie sont au programme pour cette semaine.




The Cure : Trilogy

Titres

DVD 1
Pornography
Disintegration

DVD 2
Bloodflowers
Rappel
Interview



Les Albums Pornography, Disintegration et Bloodflowers sont inexorablement liés pour bien des raisons, et la réalisation du programme Trilogy fait la lumière sur mon expérience de The Cure. Voilà ce que nous dit Robert Smith au verso de ce DVD. Etant fan du groupe depuis… longtemps, et ce groupe ayant été tellement important dans ma vie, lorsque j’ai entendu parler de ce projet, j’ai été plutôt surpris et assez septique. A quoi peut bien ressembler un concert qui reprend dans son intégralité le contenu de trois albums studio du groupe ? Est ce que ça peut donner un concert intéressant ?
En regardant l’interview du groupe (en anglais non sous titré, plutôt difficile par moments. Si vous comprenez ce que dit Simon Gallup, n'hésitez pas à m'écrire, ça m'interesse...) sur le second DVD, on en apprend plus sur la genèse de ce projet. Au départ, l’idée vient de Robert Smith qui garde en mémoire un concert de David Bowie qui reprenait l’ensemble des chansons d’un album, dans leur ordre initial. Il avait été impressionné par ce concert et c’est d’après lui un des meilleurs de Bowie qu’il ait eu l’occasion de voir. L’idée a ensuite fait son chemin dans l’esprit de Robert Smith. Lorsqu’il s’est demandé quel album il pourrait bien jouer de cette façon sur scène, le premier qui lui est venu à l’esprit était Pornography. Mais en fait, depuis toujours, il considère que Disintegration est la suite logique, une sorte de fils spirituel, de cet album. Et Bloodflowers, le dernier album studio, est dans son esprit, le digne successeur de Disingretion. Pourquoi alors ne pas jouer les trois albums d’affilé ? De là est né ce projet inhabituel qui consiste à jouer en live ces trois albums dans leur intégralité et dans l’ordre initial des chansons. Restait à trouver un lieu spécial pour cet événement lui aussi très spécial. Après mure réflexion, le choix c’est porté sur Berlin, ville au passé chaotique et à l’histoire hors norme, qui correspondait bien à l’esprit de ces trois albums : sombre et complexe.
En fait, Cure reprend sur ce DVD les trois albums qui sont sans doute les plus marquants musicalement parlant, si on excepte 17 Seconds qui reste le disque qui compte le plus pour moi. En fait, ces trois albums correspondent exactement à l’idée que Robert Smith se fait du son que doit avoir son groupe, de ce qu’est l’essence même du groupe. Ce sont en fait les albums les plus sombres et les plus tristes de l’histoire mouvementée et tortueuse du groupe. Ne cherchez pas ici de tube à la Boys Don't Cry, In Between Days ou autre Close To Me. Rien de tout ça ici. On a ici le Cure véritable, celui qui nous peut nous envoûter sans essayer de nous flatter. Le seul single réellement populaire présent sur cette trilogie est Lullaby, certainement un de leurs tubes les moins évidents et plus torturés.
Le choix des albums ici présents étant à mon avis un des meilleurs possibles, il ne restait plus qu’à visionner et surtout écouter le résultat. Tout d’abord, l’objet est luxueux : double DVD (plus de trois heures de concert + rappels + interview), image 16/9ème intégrale et son 5.1. En bref, on ne se moque pas du monde. Vient ensuite le concert en lui même. Les albums sont joués dans leur ordre chronologique. On commence donc par Pornography initialement sorti en 1982. Et dès le départ, on se prend la claque. Pour avoir vu plusieurs fois le groupe sur scène, j’ai toujours trouvé que One Hundred Years était un moment très fort de leurs concerts. Un morceau d’une rare noirceur et surtout d’une puissance incroyable. C’est de nouveau le cas ici. Mais ce qui surprend, c’est que ce morceau habituellement joué en toute fin de concert fasse office de chanson d’ouverture. On se prend donc dès le départ une claque qui arrive d’habitude plus tard. C’est le risque de jouer les morceaux dans l’ordre de l’album, pas forcément adapté au scénario classique d’un concert. Alors forcément, on se dit que derrière ça va baisser de rythme, que l’expérience va tomber à l’eau. Et puis finalement non. Dès le morceau suivant, ça redécolle de plus belle, comme sur l’album originel. Un des meilleurs albums du groupe, et donc un des meilleurs albums de ces 20 dernières années. Et au fur et à mesure que les morceaux passent, on se rend compte à quel point Pornography était un album parfait et précurseur de ce que serait un peu plus tard la Cold Wave. Un album traversant les contrées les plus sombres à la fois de l’âme et de la musique contemporaine. L’expérience se clôt avec le morceau Pornography, moment déjanté et cataclysmique.
La dessus, après nous avoir déjà totalement ébloui, Robert Smith nous quitte en disant : See you in seven years. Sept ans, c’est la durée qui sépare Pornography de Disintegration. Autant les éclairages de scène étaient à dominante rouge pour Pornography, autant ici on navigue plutôt dans les bleus apaisés. Dès Plainsong, morceau d’ouverture de Disintegration, on perçoit la filiation entre les deux albums et on comprend en quoi ils sont liés. Les chansons de Pornography sont sombres et opressantes. Les chansons de Disintegration sont aériennes et apaisées. Toujours pas joyeuses, on en est même loin, mais elles sont de la même veine. Elles viennent du même monde, celui torturé et inquiet de Robert Smith. Simplement, sept années plus tard, les morceaux sont traités différemment et donnent une tout autre impression. Le sentiment d’oppression fait maintenant place à un sentiment presque serein. Disintegration est peut être l’album le plus beau de Cure, musicalement parlant. Le plus harmonieux aussi. On le voit et on l’entend ici de façon évidente.
Onze années plus tard est arrivé Bloodflowers que Robert Smith voyait comme la suite de Disintegration. A l’écoute de cette troisième partie de concert, ça saute littéralement aux oreilles. Les deux albums se ressemblent en effet beaucoup, Bloodflowers étant encore plus apaisé.
Pour moi, cette expérience est une totale réussite. Contre toute attente, ce concert tient la route et il permet surtout de constater que les albums de Cure sont parfaits de bout en bout, sans aucun temps mort ni remplissage. Peu de groupe serait capables d’en dire autant pour trois de leurs albums. Chaque partie de concert a ses propres moments forts : One Undred Years et The Hanging Garden pour Pornography, Fascination Street et Prayers For Rains pour Disintegration et enfin The Loudest Sound et 39 pour Bloodflowers. Mais c’est surtout un plaisir immense de voir ce groupe sur scène, même si les nouveaux membres ne sont pas des plus expansifs. Le visuel du groupe repose toujours sur Robert Smith et surtout sur Simon Gallup, la basse toujours au niveau des genoux et toujours aussi en forme. Et c’est surtout une bonne façon de voir à quel point ce groupe a pu marquer de son empreinte la musique de ces 20 dernières années. A quel point c’est un grand groupe, tout simplement.
Ce DVD s’adresse donc en priorité aux vrais fans de Cure, pas à ceux qui les ont suivi un moment d’un single à l’autre, mais vraiment à ceux qui ont aimés le groupe pour sa substance, pour ses albums les plus forts. Il s’adresse à ceux qui ont réellement vibrés à l’écoute de l’un ou l’autre de leurs disques. Si vous êtes de ceux là, vous pouvez me croire, avec Trilogy le frisson sera de nouveau au rendez vous.


Pour plus d'informations, le site officiel :
www.thecure.com




The Sleepy Jackson : Lovers

Titres

Good Dancers
Vampire Racecourse
Rain Falls For Wind
This Day
Acid In My Heart
Fill Me With Apples
Tell The Girls That I'm Not Hangin Out
Come To This
Miniskirt
Morning Bird
Don't You Know
Old Dirt
Farmer
Mourning Rain



Quand j’ai entendu parler des Sleepy Jackson, on les comparait à Beck. Difficile comparaison. Parce que Beck est certainement un des musiciens actuels les plus talentueux et surtout parce que Beck est un touche à tout. Vous pouvez prendre deux albums de Beck au hasard et avoir l’impression qu’ils n’ont pas été écrits par le même homme. Ca peut aller de la Low-Fi du début, en passant par la Pop ou le Funk. En bref, l’homme est assez insaisissable. Alors, comparer quelqu’un à Beck, ça veut dire quoi ? Ca peut éventuellement vouloir dire qu’on a un talent d’écriture hors norme ou qu’on touche à tout avec un égal bonheur, sinon, je ne vois pas.
Sur l’emballage du disque, même comparaison avec Beck, qui paraît il, n’a qu’à bien se tenir. La concurrence arrive et elle se nomme Sleepy Jackson en provenance directe d’Australie. Plus précisément de Perth, ville perdue à l’Ouest de ce pays-continent. Il est toujours assez amusant de voir à l’œuvre les maisons de disques qui ont toutes approximativement les mêmes arguments. Untel est le nouveau sauveur de tel style de musique ou bien l’autre est le remplaçant d’untel, qui bien sur, a fait son temps. L’imagination n’est toujours pas leur fort, pas plus que la prise de risque. Alors finalement qui sont les Sleepy Jackson. Ils n’avaient jusqu’à présent sorti que quelques singles et mini-albums qui ont apparemment fait leur petit effet en Australie. Lovers est leur premier véritable album et leur première chance de s’exporter.
Depuis toujours, l’Australie est le berceau de pas mal de groupes intéressants, tous plus ou moins clonés sur d’autres groupes américains ou anglais, mais la plupart du temps légèrement décalés, moins polis et moins politiquement corrects que leurs modèles, ce qui les rend d’emblée plus attirants. The Sleepy Jackson n’échappe pas à la règle. Si il y a quelque chose de Beck, cette dans cette même manière de toucher un peu à tout avec aisance, dans cette façon d’emprunter ici ou là tout en donnant l’impression d’avoir tout inventé soi même. Mais on nous déjà tellement fait le coup du sauveur du Rock ou du nouveau groupe qui va enfoncé tout ce qui s’est fait avant, que forcément on est septique et que forcément on attend de voir. En fait, le plus souvent, ces effets d’annonce ont plus tendance à desservir les intéressés qu’à les aider. Pour ma part, en général, plus je vois de stickers ventant les mérites de l’artiste, plus je me méfie. Passons maintenant à l’écoute. Good Dancers vous rappellera forcément plein de choses entendues au cours de ces 30 dernières années, mais vous serez comme moi bien incapable de dire à qui cela a été emprunté. Une chose est sure, les Sleepy Jackson, et plus particulièrement leur leader et chanteur Luke Steel, sont amoureux des mélodies et l’ombre des Beatles ne sont jamais très loin. Celle de Georges Harrison plus particulièrement. Belle référence, évidemment. Le single Vampire Rarecourse continue à nous faire voyager du côté des années ’70. Rain Falls For Wind est une des plus belles réussites de l’album, sachant parfaitement faire l’amalgame entre les 70’s et nos années 2000. Il y a dans cette chanson un équilibre parfait entre tous les tics vocaux des 70’s et le son d’aujourd’hui. C’est sûrement le prochain single, ou bien une fois de plus, un groupe passera à côté d’un énorme carton potentiel. Un des principaux atouts des Sleepy Jackson est leur facilité à composer des chansons évidentes qui restent instantanément en tête pour ne plus vous lâcher. Acid In My Heart par exemple, est une de ces ballades capable de vous prendre par les sentiments et de vous entraîner à sa suite. A l’écoute de Lovers, on voyage allègrement d’un genre à l’autre, mais toujours avec ce même enthousiasme et cette même joie d’être là. Come To This et Miniskirts lorgnent franchement du côté de la Country mais réussissent tout de même à rester digestes et à nous donner envie de taper du pied. Apparaît ensuite plus franchement le côté gentiment décalé de ce groupe, au travers de Morning Bird, étrange morceau, uniquement joué au piano et chanté par une petite fille.
Il est finalement assez compliqué de situer facilement ce groupe et de le ranger dans une petite boite. A l’évidence, les Sleepy Jackson forment un groupe complexe, autant attiré par la Country que par les Beatles et les 70’s. Ce qui cimente le tout et réussi à en faire un groupe cohérent, c’est cette facilité mélodique, ce talent de composition qui saute aux yeux et aux oreilles. Alors oubliez tous ceux à qui on voudrait les comparer et essayez plutôt de les prendre tels qu’ils sont. C’est le meilleur service à leur rendre et la meilleure façon de les découvrir.


Pour plus d'nformations, le site officiel :
www.thesleepyjackson.com





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