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26 novembre 2002

Morcheeba : Charango

Titres
Slow Down
Otherwise
Aqualung
Sao Paulo
Charango(Pace Won)
What New York Couples Fight About(Kurt Wagner)
Undress Me Now
Way Beyond
Women Lose Weight(Slick Rick)
Get Along(Pace Won)
Public Displays Of Affection
The Great London Traffic Warden Massacre



Quatrième album déjà pour Morcheeba. Ils ont commencé en 1995, avec un 1er album plein de promesses "Who Can You Trust". Promesses largement tenues avec les 2 albums suivants, les maginfiques "Big Calm" et "Fragments of Freedom". Pour ceux qui ne connaitraient pas encore Morcheeba, il y a à leur sujet et depuis le début une sorte de malentendu. Ils sont apparus en pleine mode Trip Hop, en même temps que les Massive Attack, Tricky et autres Portishead et ont été instantanément assimilés à cette mouvance par les critiques musicaux de l'époque, toujours aussi prompts à étiqueter les gens. Pourtant, Morcheeba était déjà bien plus que ça et ça n'a fait que se confirmer par la suite.
Morcheeba, c'est la fusion de trois talents bien distincts : deux frères musiciens, Paul et Ross Godfrey et une chanteuse, Skye Edwards. Les deux frères avaient à priori suivi des chemins différents, l'un se dirigeant vers la guitare, le blues, la soul et l'autre s'amusant avec des machines et des ordinateurs pour créer une musique totalement électronique. Contre toute attente, le mélange de leurs diverses influences a généré une musique totalement originale, belle et envoutante. Il ne manquait plus qu'une voix. C'est Skye Edwards qui est arrivée, en parfaite adéquation avec la musique. Voyez vous la sensation ressentie en touchant du velour ? La voix de Skye est l'équivalent auditif de cette sentation.
La musique de Morcheeba est depuis le début battie sur des rythmes plutôt calmes et langoureux et sur la dualité claviers / guitares. Cet album n'échappe pas à la règle. Les rythmes sont toujours aussi cool et on ne sait définitivement pas si on a affaire à un album de musique électronique sur lequel on aurait ajouté des guitares pop ou l'inverse. Et la voix de Skye est égale à elle même : sublime. Cette chanteuse a un timbre d'une douceur incomparable, vraiment. A tel point que sur cet album, elle a invité quelques copains rappeurs sur certains morceaux pour amener un peu de rugosité dans l'ensemble.
Le premier morceau de l'album est d'ailleurs tout un symbole. "Slowdown" (Ralenti, en français), met dans l'ambiance : calme, sans heurts et tout en douceur. Un album de Morcheeba, c'est une succession de petites pièces d'un raffinement extrème. Par exemple "Otherwise", premier single de cet album ou encore "Aqualung" qui pourrait bien lui succéder sur nos radios, sont construits sur la même trame : rythme qui donne envie de se poser, de prendre le temps de vivre, nappes de claviers et cordes et arpèges de guitares aériens. De la dentelle pour les oreilles. "Sao Paulo" les voit aborder les rythmes Caraïbe / Bossa-Nova, univers nouveau pour eux. Un morceau retient particulièrement l'attention, "What New York Couples Fight About", le duo avec K. Wagner, chanteur du groupe Lambshop. Le mariage entre la voix rappeuse de Wagner et l'acidulé de Skye est une réussite totale. Ca rappelle un peu certains duo de Neneh Cherry, celui avec son frère, notamment. Le reste de l'album est du même tonneau, sans fausse note. "Way Beyond" et son beau refrain ou encore "Get Alone", en duo avec Pace Won (rappeur qui a dèjà travaillé avec les Fugees et Eminem entre autres) retiennent particulièrement l'attention.
Vous aurez compris qu'il n'y a rien à laisser de côté dans cet album. Pas plus que dans les 3 précédents d'ailleurs. Ce qu'il y a de merveilleux avec leurs albums, c'est leur côté zen. Dès le premier morceau, on n'a plus envie de s'activer, on s'assoit, on écoute, tranquille (le mieux,c'est dans un bon fauteuil), le sourire aux lèvres. C'est un vrai remède anti-stress, une vrai cure de jouvence. On ressort toujours de l'écoute d'un de leurs albums avec un peu de leur harmonie en nous. Et ça fait du bien.


Pour plus d'nformations, leur site officiel :
www.morcheeba.net





Runrig : The Stamping Ground

Titres
Book Of Golden Stories
The Stamping Ground
An Sabhal Aig Neill
Wall Of China/One Man
The Engine Room
One Thing
The Ship
The Summer Walkers
Running To The Light
Oran Ailein/Leaving Strathconon
Big Songs Of Hope And Cheer
Oran



Ils ont 25 ans d'existence derrière eux et qui a déjà entendu parler d'eux en France ? Peu de monde je pense, à en juger par la difficulté à trouver leurs albums par ici. Pourtant, il y a des pays où ils ont un succès énorme, l'Allemagne, les pays du Nord de L'Europe ou encore la Grande Bretagne en général et surtout l'Ecosse, où ils ont leurs racines. Voilà encore un groupe qui puise son inspiration dans ses origines celtes, avec une ouverture variable sur les influences extérieures suivant les diverses périodes de son existence. Ils ont débutés en jouant des morceaux traditionnels écossais, puis ils ont petit à petit composés leur propres morceaux et ont évolués vers un rock matiné de sonorités celtiques, ils se sont ensuite ouvert aux influences extérieures pour proposer une musique agréable mais beaucoup moins personnelle. Leur chanteur originel, Donnie Munro a quitté le groupe il y a quelques années. S'en est suivie une période creuse pendant laquelle ils ont essayer de remplacer Donnie, tâche fort difficile étant donné le talent du bonhomme. Ils ont fini par choisir Bruce Guthro, un canadien de Nouvelle Ecosse, région qui a la particularité de pratiquer la langue Gaëlique. J'ai peut être oublié de le préciser, mais certaines de leurs chansons sont chantées dans cette langue devenue rare.
En choisissant Bruce, ils ont décidé de provoquer une rupture avec le passé, en effet sa voix n'a rien de commun avec celle beaucoup plus profonde de Donnie. C'est donc un Runrig nouveau qui est né à ce moment, avec un album intitulé "In Search Of Angels" que je qualifierai de moyen, puis cette année est arrivé "The Stamping Ground" et là, c'est la grosse claque. Retour aux racines celtes et au rock d'antan, c'est vraiment l'album du renouveau.

Un "Book Of Golden Stories" très pop, trés aérien qui pourrait tromper son monde, puis vient "The Stamping Ground", petit bijou, qui commence comme un folk traditionnel écossais pour finir en hymne rock à chanter dans les stades. Ce morceau vous reste dans la tête bien longtemps après l'écoute. Vient ensuite "An Sabhal Aig Neill", morceau chanté en gaëlique, qui nous fait bien comprendre qu'on est là en présence d'un album proche de leurs racines de toujours, celles de l'ile de Skye, à l'Ouest de l'Ecosse. C'est le retour du ciel immense, des horizons sans limite, des landes, des nuages et des légendes. "The Engine Room" pourrait même faire aimer la cornemuse aux plus récalcitrants tellement son mariage avec la guitare est réussi dans ce morceau à réveiller les morts. Vient ensuite une succession de morceaux tantôt pop, tantôt rock, mais toujours avec ces racines qui refont surface, par l'intermédiaire d'un violon ici, de paroles en gaëlique par là. On retiendra surtout "Running To The Light" et son violon, "Oran Ailein / Leaving Strathconon" qui n'est pas sans rappeler un autre groupe écossais, les Waterboys, période "Fisherman's Blues" et enfin "Oran" pour finir en beauté.
Retour gagnant donc, pour Runrig, après une période de remise en question forcée. "The Stamping Ground" est une énorme réussite, à l'égal de leurs meilleurs albums des années '80 comme "Heartland", "The Cutter And The Clan" ou les fantastiques albums lives "Once In A Lifetime" et "Transmitting Live".
Pas la peine d'en rajouter, je pense que vous aurez compris le message. A découvrir d'urgence si vous ne connaissez pas encore et à réécouter encore et encore si vous l'avez déjà.


Pour plus d'nformations, leur site officiel :
www.runrig.co.uk




Yann Tiersen : C'était Ici

Titres
Intro
La Valse D'amélie
C'était Ici
Rue Des Cascades
La Rupture
La Terrasse
Déjà Loin
Sur Le Fil
Le Jour D'avant
Le Banquet
Les Jours Tristes
La Noyée
Le Moulin
Le Fromveur
L'homme Aux Bras Ballants
L'autre Valse D'amélie
Bagatelle
Le Méridien
L'Absente
La Parade
La Noyée II
Monochrome
Plus Au Sud
Les Bras De Mer
Comptine D'un Autre été L'après Midi
Le Quartier
La Crise
Février
La Valse Des Monstres



L'histoire de ce breton est assez étonnante. C'est l'histoire d'un type curieux de toutes les musiques, qui a fait des études au conservatoire, mais qui ne s'est pas dirigé vers la musique classique. En tant que musicien curieux, il est un multi-instrumentiste accompli (piano, accordéon, violon sont ses favoris). Plutôt que de jouer un répertoire déjà existant, il a préféré créer le sien. Il s'est créé un univers musical très personnel fait d'un mélange de ses racines classiques et de tout ce qui fait partie de notre passé musical : la valse, rythme qu'il affectionne tout particulièrement, les musiques populaires traditionnelles de toute l'Europe et les musiques instrumentales en général. J'ai découvert Yann Tiersen il y a longtemps déjà, au moment de son deuxième album "Rue des Cascades". Déjà à l'époque, je trouvais sa musique magnifique, mais je me demandais bien comment une musique comme la sienne pourrait un jour toucher un large public. Yann Tiersen avait malgré tout un cercle de fans indéfectibles mais ce n'était pas vraiment la célébrité. Et puis le miracle est arrivé : Jean Pierre Jeunet et Amélie Poulain sont passés par là.
Un jour, par hasard, alors que Jeunet cherchait des morceaux pour la musique de son film, quelqu'un lui a fait écouter un album de Yann Tiersen. Il a immédiatement compris que cette musique collait idéalement à l'univers qu'il avait envie de décrire dans son film. Le reste s'est enchainé tout naturellement. Yann travaillant à cette époque à l'enregistrement de son album "l'absente" a proposé à JP Jeunet de choisir des morceaux dans son répertoire déjà existant. Il a écrit ensuite "La Valse d'Amélie" spécialement pour le film. Le résultat, vous l'avez probablement vu au cinéma : une cohérence totale entre les univers de ces deux auteurs. Et depuis, tout le monde connait Yann Tiersen. Tant mieux, son talent le mérite largement.
Jai toujours trouvé que la musique de Yann Tiersen était très cinématographique, il suffit de fermer les yeux à l'écoute de cet album pour s'en rendre compte. Pourtant, Yann Tiersen dit qu'il serait bien incapable d'écrire une musique sur des images imposées. C'est l'inverse qui se produit chez lui : il écrit des choses un peu par hasard, qui deviennent par la suite de vrais moments de cinéma intérieur. Cet album est donc avant tout un voyage. Un voyage dans des paysages très variés. Pour la diversité des ambiances, il est aidé ici par sa bande de complices habituels (Claire Pichet, Dominique A., Lisa Germano, Les Têtes Raides, les Married Monk,...) et d'un orchestre classique qui ajoute du volume et de la couleur à sa musique.
On a ici un double album, enregistré à Paris, retraçant la totalité de sa carrière, soit 5 albums et 7 années. Ce qu'on peut dire à l'écoute de ce concert, c'est que l'ambiance est très silencieuse, quasiment recueillie. Il faut bien dire que la discrétion de Yann Tiersen, aussi bien à la ville qu'à la scène, favorise ce genre d'atmosphère. On sent le public attentif à toutes les nuances de cette musique intimiste, mais qui, grâce à l'orchestre, prend facilement une ampleur qu'on ne trouve pas dans les albums studio. L'ensemble est vraiment brillant, quel que soit votre morceau favori, vous êtes à peu près sûr de le trouver là, magnifié par la scène. Je siterai tout particulièrement "Bagatelle", "Les Bras De Mer" et "Monochrome" chantés par Dominique A., "La Parade", la célébrissime "Valse d'Amélie", "Rue des Cascades", "Le Jour d'Avant", "Sur Le Fil" qui porte si bien son nom et surtout "La noyée", morceau oublié de Serge Gainsbourg, que Yann chante et habite magnifiquement.


Pour en savoir plus, le site officiel :
www.yanntiersen.com






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