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22 septembre 2003


Deux mini albums pour deux groupes américains que j'apprécie tout particulièrement et le nouveau David Bowie font partie du menu de cette semaine.




Interpol : The Black EP

Titres

Say Hello To The Angels
Nyc (Demo)
Obstacle 1 (Black Session)
Specialist (Black Session)
Leif Erikson (Black Session)
Pda (Black Session)


Radio 4 : Electrify

Titres

Sink So Low
Dance To The Underground (Prance Mix by The Faint)
Start A Fire (Justin Robertson's Revtone Vocal Mix)
Dance To The Underground (Playgroup Mix)
Struggle (Adrian Sherwood Mark Stewart Mutant Disco Dub Mix)
Caroline
Start A Fire (Swain & Snell Mix)
Dance To The Underground (Video)



Lorsqu’on a la chance comme Radio 4 et Interpol de surfer sur la vague du succès, surtout de façon aussi brutale et relativement inattendue, il est toujours tentant de d’allonger la sauce pour essayer de vendre un peu plus de disques au fan qui en veut toujours plus. Le succès public est quelque chose qui vient de tomber sur la tête de Radio 4 et Interpol. D’accord, ils l’ont bien cherchés, leurs albums respectifs sont tous deux excellents. Maintenant, vous vous demandez sûrement pourquoi je chronique ces deux albums ensemble alors que ces deux groupes n’ont musicalement pas grand chose en commun, à part le fait d’être tous deux américains et d’avoir un goût prononcé pour les années ’80. En fait, ils utilisent tous les deux une méthode différente, mais toute aussi efficace, pour nous inciter à acheter leur nouveau disque.
En effet, comment faire pour sortir un disque dans la foulée d’un album à succès, sans pour autant composer de nouveaux morceaux ? Soit on a d’autres chansons en stock, laissées de côté lors d’anciennes séances d’enregistrements, ce qui n’est pas le cas des deux groupes qui nous occupent ici, soit il faut trouver une autre idée. Il n’y a pas des milliers de solutions, les deux plus simples étant, soit de sortir un live, soit de réenregistrer ou remixer d’anciens morceaux. Radio 4 a choisi la solution remix, Interpol a choisi le live. Dans les deux cas, c’est facile et ça peut rapporter gros. La preuve, j’ai acheté les deux… Mais bon, quand on aime on ne compte pas, et ces deux groupes font partie des belles révélations de ces 12 derniers mois. Alors je me suis laissé faire une fois de plus. Et finalement, je ne regrette vraiment pas mes achats.
Commençons par Interpol et son Black EP. Ce mini album n’est pas à proprement parler un album live, puisqu’il contient un morceau présent sur Turn On The Bright Lights, une demo de NYC, qui démontre que le son originel du groupe était déjà celui qu’on connaît aujourd’hui. Viennent ensuite quatre morceaux tirés de la Black Session du groupe chez notre ami Bernard Lenoir et qui donnent le titre de cet album. A l’époque, j’avais pu entendre ce concert et j’avais trouvé le groupe très appliqué et donnant l’impression d’essayer d’être le plus fidèle possible à l’album. En réécoutant ces extraits aujourd’hui, j’ai toujours la même impression, mais surtout, je me rend compte que finalement, ils n’ont vraiment pas besoin d’en rajouter ou de changer quoi que soit. Leurs morceaux sont des pièces ciselées avec une précision d’orfèvre. Lorsque c’est beau comme ça, ça suffit amplement. Les morceaux choisis sont Obstacle 1, forcément un bon choix, Specialist très réussi, présent uniquement sur l’Interpol EP, sorti avant leur premier album et qui s’apparente donc à une rareté. Leif Erikson et PDA viennent compléter cette sélection succincte. Le choix des morceaux est plutôt judicieux et terminer par PDA est une très bonne idée, car c’est probablement le morceau qui donne l’impression de passer le mieux la barrière de la scène. En tous cas, une chose est sûre, avec Interpol, le temps passe vite et ce disque parait vraiment très court (il fait pourtant presque 30 minutes quand même). Un disque qui comblera donc forcément les nombreux fans du groupe.
Radio 4 a donc choisi la solution de réenregistrer quelques morceaux. Mais cet autre mini album n’est pas seulement un disque de remix. Il commence en effet par Sink So Low, B-Side du monumental Dance To The Underground. On trouve aussi un peu plus loin, Caroline, autre excellent morceau présent uniquement sur le single. Deux raretés, donc. Et deux morceaux qui auraient été tout à fait dignes de figurer sur Gotham ! C’est toujours le même Rock fougueux et racé, avec cette même production minimaliste. Viennent ensuite les remix, et là, on passe d’une production primaire au format cinémascope. Radio 4 fait un Rock qui donne une furieuse envie de danser, cet album est donc tout entier tourné vers cet objectif : nous bouger. On trouve deux versions de Dance To The Underground, la première est l’œuvre de The Faint, très orientée Dance. Les machines remplacent la basse et les guitares d’origine. Le morceau est transfiguré, mais toujours excellent. Une belle réussite. L’autre est réalisée par Playgroup. Elle ne conserve quasiment que la ligne de basse et y ajoute des machines. Moins osé et plus fidèle à l’esprit de l’original, mais une belle machine à danser. On trouve aussi deux versions de Start A Fire, une de Justin Robertson, finalement assez fidèle à l’original, l’autre de Swain & Snell qui ont choisi de casser totalement le morceau et de le transporter dans une jungle moite. Excellent. Pour finir, on trouve une version assez déstructurée de Struggle. En bref, rien que pour Sink So Low et Caroline, ce disque vaudrait presque le détour, mais les remix sont vraiment les cerises sur le gâteau. J’allais oublier ! On trouve aussi sur ce CD la vidéo de Dance To The Underground.
Voilà donc deux albums qui permettent pour pas trop cher de découvrir deux des belles surprises de cette dernière année. Mais je continue surtout à vous conseiller l’achat de Turn On The Bright Lights et Gotham ! leurs albums respectifs dont les critiques sont toujours présentes sur ce site.


Pour plus d'informations, leur sites officiels :
www.interpolny.com/ et www.r4ny.com




David Bowie : Reality

Titres

New Killer Star
Pablo Picasso
Never Get Old
The Loneliest Guy
Looking For Water
She'll Drive The Big Car
Days
Fall Dog, Bombs The Moon
Try Some, Buy Some
Reality
Bring Me The Disco King



Voici un homme qui vieillit bien. Et je ne parle seulement du physique de quelqu’un qui donne l’impression de ne pas sentir le temps passer. Autant sa carrière discographique a eu des hauts (très, très hauts) et des bas, autant ces derniers temps la qualité de ses chansons a nettement tendance à viser le haut du panier. D’accord, les meilleures chansons de Bowie ont beaucoup plus de chances de provenir de son passé que de son présent que de son futur, mais ses derniers albums tiennent tout de même plutôt bien la route. Heathen, son précédent album, était un beau recueil de chansons Pop très réussies. Peut être pas mémorable, peut être pas un monument du Rock comme il a su en produire par le passé, mais pas non plus de quoi rougir.
Reality est dans la droite lignée de ce précédent album. Une nouvelle collection de bonnes chansons, avec en tête de gondole, Never Get Hold, que vous avez forcément entendu dans une pub pour eau minérale bien connue. Comme cette chanson le démontre, ce disque marque une orientation un peu plus Rock que sur Heathen. Les deux albums se ressemblent un peu, mais celui ci à plus de pêche. Les trois premiers morceaux du disque sont là pour le prouver : New Killer Star démarre déjà bien avec les habituels tics vocaux du sieur Bowie, suivi du très réussi Pablo Picasso qui commence à vraiment chauffer l’ambiance, puis vient le déjà connu Never Get Hold. Un très beau début d’album qui laisse présager le meilleur.
Première cassure de rythme avec le très lent et intimiste The Loneliest Guy, puis retour au Rock avec Looking For Water, à mon avis un des rares morceaux un peu faiblard de ce disque. Après ce petit trou d’air, on reprend la vitesse de croisière du début du disque. Que du bon, avec She’ll Drive The Big Car et surtout Days qui a tout pour connaître une belle carrière sous forme de single. Certes, rien de révolutionnaire la dedans. Bowie me donne toujours un peu l’impression de faire son boulot sans essayer d’y mettre le petit plus qui fait la différence. En père tranquille qui gère sa petite affaire. Mais l’homme qui a écrit Heroes a tout de même de beaux restes et même s’il ne donne peut être pas tout, il reste bien au dessus du lot. Et cet album le prouve une fois de plus. Try Some, Buy Some est un très beau Rock symphonique comme il n’en fait plus si souvent et surtout, il y a le titre Reality, où on retrouve un Bowie qui ose enfin, qui se lâche et qui nous offre la meilleure chanson de ce disque. Pas un single, c’est sûr, mais un vrai Rock dru, furieux et jouissif comme il en fait trop peu. Un morceau à tiroirs qui ose explorer plusieurs directions à la fois sans se contenter d’en choisir juste une.
Bring Me The Disco King est une autre des pièces maîtresses de ce disque. Magnifique ambiance piano jazzy. Bowie dans un exercice inédit mais très séduisant. Au total, Reality est un album fort varié et plutôt réussi, avec un début tonitruant, un petit creux à mi parcours, et un excellent final. Pas de surprise donc, mais une belle pierre de plus dans son immense discographie. Peut être pas la plus brillante, mais sûrement l’une des plus chatoyante qu’il nous ait offert depuis pas mal de temps.


Pour plus d'nformations, le site officiel :
www.davidbowie.com



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