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21 novembre 2005


Une semaine de retrouvailles avec des musiciens que j'avais un peu perdu de vue depuis longtemps. J'avais tort.




22 Pistepirkko : Drops & Kicks



Titres

Mr. Twister
Rat King
I Knew
Space Riding
Sister May
Not So Good at School
X-(wo)men
Stay
I Got Burned
Hello Sunshine
One Man Down
Soul Free
Second Thoughts
We Ought


La dernière fois que j’ai acheté un album de 22 Pistepirkko, ça remonte à 1994. Pas très fidèle le mec. Le disque en question s’appelait Rumble City, LaLa Land. Je me souviens que j’avais acheté ça presque par hasard, peut être même uniquement pour le suprême exotisme d’écouter un groupe de Rock finlandais. Et surtout de pouvoir le raconter autour de moi. Et rapidement je m’étais fait la réflexion que ce groupe là avait un peu le même profil que les Nits, autres gens du nord de l’Europe, qui font de grands albums dans l’indifférence quasi générale. Vous me direz qu’il n’y a pas que dans le nord de l’Europe que ce genre de chose se produit. Je sais, mais ce genre d’injustice flagrante a toujours eu le don de m’agacer.
Compte tenu de mon absence de 10 ans, je serai bien incapable de dire si les 5 disques sortis entre temps sont tous bons, mais ce Drops & Kicks est carrément impressionnant. Cloué sur place. Voilà ce qui vient de m’arriver en écoutant ces 15 chansons toutes meilleures les unes que les autres. Là, je dois dire que j’ai presque honte de ne pas avoir suivi de plus près le Rock enthousiaste de ces scandinaves. Et encore une fois je me dis que leur musique, aussi excellente soit elle, est toujours aussi difficile à décrire. Remarquez, c’est plutôt bon signe. Ca veut au moins dire qu’ils ont une forte personnalité et qu’ils ne ressemblent pas à monsieur tout le monde. Mais compte tenu de leur notoriété ici, je pense qu’une petite description s’impose. A la base, leur musique est un mélange de Rock très classique (je veux dire quasiment 60’s, à l’époque où ça s’appelait encore du Rock’n’Roll), de Folk à l’américaine et de Pop à l’européenne (par là, je veux dire intelligente). Tout ça agrémenté à la sauce finlandaise et à la voix nasillarde de P.K. Keränen. Ca donne pas envie ? Et pourtant, si vous saviez comme c’est bon ! Parce que l’important dans tout ça, c’est justement la sauce finlandaise, pas très connue mais délicieuse. Sur Drops & Kicks, se sont les guitares qui sont reines. Sous toutes leurs formes. Gentiment gratouillées ou furieusement smashées, raides et acoustiques ou rondement électriques, elles sont partout et forment l’ossature des chansons. Des chansons charnues et au charme incomparable. Ca passe par un Mr. Twister qui mêle Folk et orchestre à corde (que c’est beau), un Rat King magistral qui enfoncerait presque les White Stripes sur leur propre terrain, I Knew, belle ballade Folk et Space Riding, un Rock classique et pétant de santé. Quatre titres seulement et dans tout ça, pas deux morceaux qui se ressemblent et aucune faute de goût. Le jour où tous les jeunots prêts à reprendre en main l’étendard du Rock sonneront aussi frais et enthousiaste que ça, on pourra dire qu’ils font partie de la famille. En attendant, les 22 Pistepirkko remettent bien des pendules à l’heure et les papys donnent même carrément des leçons de jeunisme.
La suite de ce Drops & Kicks est tout aussi excellente, avec des réussites comme Sister May et sa joie communicative, un pétaradant Not So Good at School qui ressemble à un morceau des Kinks joué par les Ramones ou One Man Down qui sent bon le Garage Rock joué à fond dans une cave sombre et enfumée. Pas la peine de passer tous les titres en revue, sachez simplement que ce Drops & Kicks déborde d’une joie de jouer archi communicative. Après une carrière si longue et finalement si confidentielle que la leur, c’est aussi étonnant que bon pour le moral d’entendre ça aujourd’hui. Alors maintenant c’est promis les gars, je ne mettrais plus dix ans avant de prendre de vos nouvelles.


Pour plus d'nformations, le site officiel :
www.22-pistepirkko.net




The Young Gods : XXY


Titres

CD1

Secret
Lucidogen
Skinflowers
Gasoline Man
Kissing The Sun
Did You Miss Me
Envoyé
Fais La Mouette
September Song
L'Eau Rouge
L'Amourir
Pas Mal
Charlotte
Our House
Astronomic
Gardez Les Esprits
Toi Du Monde
Child In The Tree
Donnez Les Esprits
Alabama Song

CD2

Gasoline Man (Megadrive Mix)
Astronomic (Astronomix Evil C, edit)
Skinflowers (Brainforest Mix by F. Treichler)
In the Otherland (Lithos Mix by B. Trontin)
Child in the Tree (String Arrangment Demo by F. Rody)
Drun (Heaven Deconstruction by TYG Album Version)
Supersonic (Dub Mix by F. Treichler)
Requiem pour un Con (Serge Gainsbourg Cover by F. Treichler)
Astronomic (Version 2, edit by V. Hänni)
The End (The Doors, Live Cover by TYG)
Supersonic (Al Mix by A. Monod)
Kissing the Sun (Dub the Sun Mix by Mad Professor)
The Sound in your Eyes (Naive Mix by B. Trontin)
Astronomic (AS_Float MIx, edit by V. Hänni )
Iwasi (Music For Artificial Clouds by TYG Album Version)



XXY (comprenez 20 Years) n’est pas un best of comme les autres. De toute façon, les Young Gods n’ont jamais rien fait comme les autres. Déjà quand au milieu des années ’80, ils ont débarqués avec cette musique totalement neuve mêlant métal et samples électroniques et rythmes bruitistes, c’était un beau pavé dans la marre. Il y avait en plus cette formule du trio avec un chanteur, un sampler et un batteur, très surprenante sur scène quand on s’attend à trouver des guitares partout, comme sur les disques. Mais non, chez les Young Gods, tout est intégralement électronique, tout est samplé, retravaillé et trafiqué pour ressortir sous une forme neuve et forcément différente de ce qu’on peut attendre. Quand les autres gardaient les guitares et utilisaient des boites à rythmes, eux faisaient l’inverse en gardant un vrai batteur et en samplant tout le reste. Les Young Gods, ça a toujours été ça : le contre-pied et la surprise permanente. Comme quand ils sont ensuite passés de leur Rock Indus frappé à cette sorte d’Electro Ambient, après que Franz Treichler ait découvert l’Amazonie en suivant une ONG et en soit apparemment ressorti transformé.
Aujourd’hui, les Young Gods sont toujours suisses, ils sont toujours un trio, même si Franz Treichler reste le seul membre historique et il leur a pris cette envie de faire une sorte de point sur leur carrière. Pas un bilan, puisqu’un nouvel album est déjà prévu pour l’année prochaine. Juste un point sur 20 ans de carrière plutôt bien remplis. D’habitude les best of ressemblent plus à des portes de sortie qu’à des points d’entrée. Encore une fois, les Young Gods ne font pas comme tout le monde puisque ce double CD est plus une façon idéale d’entrer dans l’univers du groupe qu’autre chose. Parce que la carrière des Young Gods est apparemment loin d’être terminée, comme l’indique Secret, nouveau souffle et nouveau titre qui nous donne une indication sur l’orientation du futur album. Ce sera un retour vers un Rock sombre et sans concession.
Ce double album retrace plutôt bien le parcours du groupe, des débuts (The Young Gods et L’eau Rouge) et la découverte de leur musique si particulière et décalée, en passant par la période où leur musique prend son envol (Play Kurt Weill, TV Sky) sans oublier leur passage « amazonien » et plus Ambient (Only Heaven et Second Nature). Et réécouter tout ça en une seule fois permet de se rendre compte à quel point l’univers des Young Gods est cohérent. Et que malgré les apparences, ils sont toujours restés fidèles à leur vision du Rock : une musique rebelle qui doit forcément rester à la marge et refuser toute récupération. Pour eux, le Rock doit en permanence s’autodétruire pour se reconstruire autrement. Le groupe a toujours su créer une musique ultra personnelle où la voix de Franz Treichler, tantôt caressante ou écorchée, est le lien permanent. Et à chaque fois leur musique est nouvelle, parce qu’elle déstructure ce qu’on croit connaître et ne va jamais vraiment là où on pourrait l’attendre. Les rythmiques sont lourdes, les basses le sont tout autant, la voix est rocailleuse et inquiétante, les samples classiques ou de guitares métal lacèrent la musique comme des coups de griffes. L’eau Rouge est une sorte de parfait résumé du style Young Gods, chanson dans laquelle on retrouve en concentré tous ces éléments. Mais en vingt ans de carrière, les suisses n’ont pas fait que détruire et déstructurer. Ils ont même réussi à écrire des chansons qui pourraient presque ressembler à des tubes, pas forcément grand public, mais presque. Je pense surtout à Skinflowers ou Kissing The Sun.
Le deuxième CD regroupe essentiellement des remix et quelques raretés. Comme d’habitude, c’est plus ou moins intéressant et ce sera surtout une affaire de goût. J’apprécie assez les remix bodybuildés de Gazoline Man et Skinflowers. Mais l’essentiel est sûrement qu’il permette de faire durer la fête encore plus longtemps. En fait, le plus grand mérite de cet album est de donner une féroce envie de découvrir le futur des Young Gods. C’est prévu pour 2006.


Pour plus d'nformations, le site officiel :
www.younggods.com


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