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19 mars 2007



Fujiya & Miyagi : Transparent Things


Titres

Ankle injuries
Collarbone
Photocopier
Conductor 71
Transparent things
Sucker punch
In one ear & out the other
Cassettesingle
Cylinders


Dans la planète Electro comme ailleurs, on trouve de tout. Des choses qui marchent fort et d’autres qui restent dans l’ombre de l’underground. Pour ceux là, bien souvent c’est plutôt mieux de les laisser là où ils sont. Pour d’autres, on a carrément qu’une envie : que leur musique éclate au grand jour et que tout le monde ait l’occasion de pouvoir l’entendre. C’est le cas de Fujiya & Miyagi, faux japonais et vrais anglais (c’est parait il une marque de chaîne hi-fi au Japon). Leur album Transparent Things était déjà sorti l’an dernier dans un anonymat quasi-total. Il est ressorti cette année sous un emballage différent et une version française devrait même sortir ces prochains jours avec encore un autre artwork. Plein de futures versions collector pour quand le groupe sera devenu énorme. Bon, là je pense que j’en rajoute peut être un peu. Parce que j’ai quand même quelques doutes sur le potentiel réel commercial de la musique de David Best et Steve Lewis.

Au premier abord, cet album là est quand même assez orienté Krautrock, cette sorte de Rock hypnotique et répétitif venu d’Allemagne dans les années 70, qui a donné des groupes comme Can ou Kraftwerk, pour les plus connus. Mais Transparent Things est bien loin de se contenter de faire revivre une musique du passé. Ce disque là contient tout un lot de chansons qui ne renieront jamais leurs origines mais qui prennent un malin plaisir à s’acoquiner avec d’autres genres musicaux à priori pas forcément compatibles. L’ajout d’une basse imposante et d’un déhanchement Funk donne à Collarbone ou Sucker Punch un côté Funk robotique totalement irrésistible. Quand à Photocopier, avec ses vocaux murmurés qui rappelleraient presque Massive Attack, posés sur une autre de ces mélodies où se mélange la robotique et la lascivité du Funk, il personnifie à merveille le style Fujiya & Miyagi. Dans un autre genre entre Electro et Rock, pas très loin de ce que fait Ratatat, les instrumentaux Conductor 71 ou Cassettesingle explorent encore d’autres pistes. Et que dire de Transparent Things ou surtout l’énorme In one ear & out the other qui réussissent l’exploit de rendre les machines à la fois lascives et binaires. A lui seul, ce dernier titre possède le potentiel pour permettre à Fujiya & Miyagi d’exploser. C’est vraiment tout le mal que je leur souhaite.

Contrairement à pas mal de groupes du genre, plus ou moins interchangeables, la musique de ce trio anglais dégage une vraie personnalité et laisse sur place pas mal de concurrents. L’écoute de Transparent Things révèle un des groupes Electro-Rock les plus passionnants du moment. Leur musique à mi chemin du Trip Hop de Massive Attack et du Krautrock de Ktrafwerk, avec en plus ce soupçon de sensualité qui change tout, a vraiment tout pour marquer les esprits. Reste à espérer que cette fois ci, la seconde sortie de Transparent Things ne soit pas aussi transparente que la première.


Pour plus d'nformations, le site officiel : www.fujiya-miyagi.co.uk


Indochine : Hanoï

Titres

Le Péril Jaune
Ceremonia
Salombo
Justine
Trois Nuits Par Semaine
Sweet Dreams
Pink Water
J'ai Demandé A La Lune
Tes Yeux Noirs
3ème Sexe
L'aventurier
Tallula


Si comme moi vous avez le Indochine un peu honteux, vous ne criez pas sur tous les toits que vous avez aimé chanter L’Aventurier quand vous aviez encore des boutons sur le nez. Et vous vous ventez encore moins aujourd’hui d’avoir un jour adoré J’ai Demandé A La Lune. C’est le genre de musique que vous écoutez en douce. Pour moi, Indochine c’est un peu ça ; un groupe que tout vrai fan de Rock qui se respecte ne peut pas aimer, n’a pas le droit d’aimer. Trop orienté teenager et trop superficiel pour mériter une quelconque attention, avec en prime un Nicolas Sirkis bien tête à claque (mais qui s’est quand même un peu amélioré sur le fond ces dernières années). Oui mais voilà, qui peut décemment dire aujourd’hui qu’il n’a pas un jour pris plaisir (même honteusement ou totalement bourré ou les deux) à chanter ces textes niais ou à danser sur cette musique là ? J’ai même hésité à parler de ce disque, c’est vous dire si chez moi le traumatisme est profond. Il y a des groupes qu’on adore détester (les Arctic Monkeys en ce qui me concerne) et il y a ceux qu’on déteste aimer… Remarquez, c’est toujours moins grave que d’écouter du Roc Voisine. Enfin, j’ai l’impression.

Après cette petite séance d’auto flagellation, je me lance donc à chroniquer pour la première fois un album d’Indochine. Ne le répétez pas, mais en plus de Hanoï, je possède d’autres albums du groupe, notamment ceux que je considère comme les meilleurs et qui datent de l’époque de leur longue éclipse médiatique dans les années ’90 (Dancetaria et Wax). Bien meilleurs que le lourdingue et catastrophique Alice & June. Alors pourquoi parler de Hanoï ? Peut être parce que ce disque qui est censé commémorer les 25 ans du groupe est différent. D’abord c’est un live et ensuite il réutilise l’idée maintenant assez courante de réorchestrer totalement les chansons avec des musiciens « classiques ». Ici c’est carrément un philarmonique qui est à l’œuvre. Celui de l’Opéra de Hanoï. Forcément, les chansons du groupe en sortent assez chamboulées pour la plupart et elles prennent une toute autre dimension.

Pour son anniversaire, Nicolas Sirkis s’est donc offert un voyage au Viêt-Nam très symbolique. Juste retour des choses puisqu’il a utilisé l’ancien nom de ce pays pendant toute sa carrière. Je ne sais pas si c’est l’air du pays, mais ces versions de chansons sont pour la plupart assez réussies et réorchestrées avec doigté. Le fait qu’elles soient presque toutes assez anciennes donnent à ce disque un côté best of orchestral assez plaisant. Le choix des morceaux n’est bien évidemment pas innocent. Tout est fait pour remuer les vieux souvenirs et tirer sur la corde sensible. Et ça marche. Les souvenirs refont surface, mais sous un meilleur jour que ce qu’on pouvait imaginer. Sûrement parce que cet habillage tout neuf donne un côté plus adulte et abouti à des chansons qui semblaient si souvent trop légères. Des chansons qui ont mal vieillies, la discographie du groupe en regorge, mais ici des vieux tubes aussi usées que Salombo, Trois Nuits Par semaine, 3ème Sexe ou Tes Yeux Noirs retrouvent carrément une seconde jeunesse. Certains titres semblent d’ailleurs idéalement taillés pour ce type d’orchestration, comme Ceremonia, Justine ou Pink Water. Quand à L’aventurier, ça se passe un peu moins bien pour lui, tellement la chanson semble cavaler trop vite pour les violons. Mais globalement, on se surprend à rechanter toutes ces vieilleries qui quoi qu’on en pense font partie de notre jeunesse (en tous cas pour les vieux dans mon genre).

J’ai choisi de vous parler ici de la version simple de l’album avec seulement le concert « classique ». Une autre version contient en plus un concert « électrique » qui reprend presque uniquement des morceaux de Alice & June. Fort dispensable donc.

En écrivant tout ça, j’écoute justement L’Aventurier. Et je rigole doucement, parce que mes gamins sont en train de danser comme des fous sur cette chanson là. Et ils adorent ce disque d’Indochine. Voilà, je crois que la boucle est bouclée…


Pour plus d'nformations, le site officiel :
indo.fr


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