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16 janvier 2006


Le premier album de Kill The Young donne une bonne baffe et Amalgame trace sa route pour demain.




Kill The Young : Kill The Young


Titres

Follow, Follow
Origin Of Illness
No Problems
Addiction
Fragile
Do You Notice
All The World
No Heroes
Sail Away
Change The Record
Kill Your Young


Kill The Young décroche la palme de la pochette de CD la plus réjouissante de ce début d’année. Si vous avez croisé ce CD sur un présentoir, il vous a forcément attiré l’œil. On dirait presque une suite à la pub pour Euromillions, mais orientée vers la musique cette fois. C’est d’un mauvais goût très sûr, mais c’est aussi marrant que réussit. Mais bon, un design réussit n’a jamais suffit à faire un bon disque. Ca aide peut être à le vendre, mais heureusement, ça ne va pas plus loin.

Dans le cas de Kill The Young, ça pousse au moins à prendre le disque en main pour essayer d’en savoir plus. Et ça incite à l’écouter (chez un disquaire bien connu, avec le gros casque élégant sur les oreilles, celui qui vous donne l’air de jouer dans un remake de « La soupe aux choux »). Et là, dès les premières notes, on se dit qu’on est en train d’écouter le n-ième avatar des Franz Ferdinand & Co. Fatigant quoi… Mais comme je suis du genre plutôt indulgent et bon public, j’ai quand même écouté la suite. Et là, dès le deuxième morceau, mon opinion est passée de « ouais bof » à « hé, pas mal ! ». Et de fil en aiguille, je me suis laissé embobiner par ce disque pétaradant de fraîcheur et de bonne humeur. Et c’est ce qui risque aussi de vous arriver si vous l’écoutez. D’accord, pour être parfaitement dans l’ambiance, il ne faut pas trop en demander. Ne pas attendre quoi que ce soit de cérébral ou de compliqué. Ici, tout est simple et immédiat. Ca fait bouger les jambes et remuer la tête. C’est déjà pas mal tout compte fait.

Les gamins de Kill The Young (3 frangins dont la moyenne d’âge tourne autour de 22 ou 23 ans) savent déjà parfaitement comment assassiner l’auditeur en quelques accords simples qui côtoient des refrains sympathiques. En un mot, ça reste en tête et on n’arrête plus de chantonner ces chansons là. Devant autant de métier, on jurerait que cet album n’est pas leur premier. Ce qui est pourtant le cas. En fait, ils réutilisent tout un tas de choses qui ont marchées chez d’autres. Rien de très nouveau à l’horizon. Dis comme ça, ça fait un peu usurpateurs, mais c’est fait avec une fraîcheur qui met franchement de bonne humeur. Ils ont le côté Pop et sautillant des Franz Ferdinand et le don hymnique de gens comme Green Day ou Placebo. Et comme le chanteur assure plutôt bien (il me rappelle même un peu Feargal Sharkey, chanteur historique des Undertones), tout ça passe comme une lettre à la poste.

Pour emballer l’auditeur, Follow, Follow est un titre rêvé, hymne hyper accrocheur qui sent bon les Undertones (encore une fois). Origin Of Illness démarre dans un registre un peu plus léger, avec arpèges de guitare aguicheurs, pour finir dans une apothéose sonique. Ensuite, les autres titres déboulent à fond la caisse, toujours aussi accrocheurs et revitalisants. Kill The Young donne vraiment l’impression d’avoir une grosse envie de nous en mettre plein la vue et plein les oreilles. D’urgence. Pas le temps de tergiverser. Ils prennent à peine le temps de caser au milieu de leur galette un unique morceau un peu plus calme, Fragile, (attention, je n’ai pas dis lent) qui possède un petit air de Smiths. Il y a sur ce disque un bon paquet de chansons très réussies qui donnent une grosse envie de les retrouver en concert, juste pour se défouler comme il faut.

Kill The Young réussissent haut la main leur examen de passage du premier album. Une première belle surprise pour ce début d’année. 



Pour plus d'nformations, le site officiel où vous serez accueillis en fanfare par Origin Of Illness : www.killtheyoung.com




Amalgame : Le Long De Nos Phalanges

Titres

L'éternelle Blessure
Je ne pleurerai pas
Boursorama
La rumeur
Les moutons



Voilà un groupe qui s’est choisi un nom qui ne lui ressemble pas. Ce serait même complètement l’inverse. Si l’amalgame c’est le mélange, et par extension souvent le mélange de tout et n’importe quoi, ce groupe là en est l’opposé. Eux seraient plutôt des puristes, sans mélange et sans compromissions. Du genre à pouvoir se regarder bien en face et à pouvoir se dire qu’ils ne doivent rien à personne. Par ces temps de lèche et de copinage généralisés, l’attitude mérite le respect. Même si ça ne doit pas faciliter les choses. Eux personnifient une sorte d’idéal Rock. Un truc un peu désuet et perdu de vue depuis un certain temps. Un idéal qui veut que le Rock soit rebelle et tape juste là où ça fait mal.

Amalgame est de cette race là, de celle qui fait encore du Rock. Avec des guitares qui tranchent dans le vif et des mots qui tapent dans l’estomac. Pour Amalgame, le Rock est une affaire sérieuse qui mérite quelques sacrifices. Ce n’est pas en écoutant cet EP que vous allez rigoler où vous détendre. Eux, leur univers et leurs sujets de préoccupations sont plutôt le chômage, les inégalités en tous genres, l’argent roi qui pourrit tout et la colère qui couve. Aujourd’hui, c’est le Rap qui nous parle de ça. Il y a encore 15 ou 20 ans, c’était le Rock qui tenait ce rôle là. Eux perpétuent cette tradition là. Le poing serré sur la pochette de leur CD n’est pas là par hasard.

Le Long De Nos Phalanges est un condensé de Rock qui tape dur, sans fioritures ni surproduction. Ces cinq chansons ont du être enregistrées en live (ou presque). Amalgame n’a peur ni des guitares qui sentent l’électricité, ni des mots qui sentent la rage. Ca tape donc aussi fort au niveau musical qu’au niveau du discourt. Musicalement, on pense évidemment un peu à Noir Désir, surtout sur L'éternelle Blessure. Mais sans que la référence soit étouffante ou gênante. En fait, les chansons d’Amalgame repose avant tout sur des riffs de guitares assez ravageurs. On sent que la guitare est reine et que tout le reste est construit autour, comme il y a 15 ou 20 ans, encore. Du coup, les morceaux ont une grosse efficacité, parce qu’ils ne sont pas construits comme des chansons, mais comme des brûlots Rock. Ce qui ressort le plus à l’écoute de cet EP, c’est le ras le bol, la rage et l’énergie qui va avec. En un mot, ça sent le Rock à plein nez. Sans compromission.

On ne trouve aucune grosse faiblesse sur ces cinq titres remplis d’urgence. Le format court d’un EP est idéal pour faire passer ces décharges électriques. En attendant pour l’avenir un format plus long.



Pour plus d'nformations :
www.amalgamerock.com


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