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15 décembre 2003


De la magie gravée sur un bout de plastique et une naissance qui s'est très bien passée. Voilà ce que je vous propose pour cette semaine.




Jeff Buckley : Complete Live At Sin-é

Titres

CD1

Be Your Husband
Lover, You Should've Come Over
Mojo Pin
Monologue - Duane Eddy, Songs For Lovers
Grace
Monologue - Reverb, The Doors
Strange Fruit
Night Flight
If You Knew
Monologue - Fabulous Time For A Guinness
Unforgiven (Last Goodbye)
The Twelfth Of Never
Monologue - Cafe Days
Monologue - Eternal Life
Just Like A Woman
Monologue - False Start, Apology, Miles Davis
Calling You

CD2

Monologue - Nusrat, He's My Elvis
Yeh Jo Halka Saroor Hae
Monologue - I'm A Ridiculous Person
If You See Her, Say Hello
Monologue - Matt Dillon, Hollies, Classic Rock Radio
Dink's Song
Monologue - Musical Chairs
Drown In My Own Tears
Monologue - The Suckiest Water
The Way Young Lovers Do
Monologue - Walk Through Walls
Je N'en Connais Pas La Fin
I Shall Be Released
Sweet Thing
Monologue - Good Night Bill
Hallelujah

DVD

Interview With Jeff Buckley
The Way Young Lovers Do
Kick Out The Jams
New Year's Eve Prayer


Ca commence avec un Be Your Husband à capella, juste une voix plus les pieds et les mains de Jeff Buckley pour créer le rythme. Et dès ce morceau, on sent déjà le public suspendu à ses lèvres, et nous avec, entre ciel et terre, en totale apesanteur. Quelque part, pas très loin du paradis. Là où Jeff Buckley se trouve probablement aujourd’hui. Dès ce morceau, on ne peut qu’être émerveillé par le talent hors norme du bonhomme, par la magie qui sort de ses cordes vocales. Lover, You Should've Come Over voit arriver les premières notes de guitares pour épauler cette voix toujours aussi proche et belle.
Voilà ce qu’est Live At Sin-é. Juste une guitare et une voix qui semble sortir tout droit de l’âme. C’est tout et c’est immense. Ce disque a été enregistré avant la sortie de Grace, qui restera le seul et unique véritable album de Jeff Buckley. Grace , le bien nommé, est un chef d’œuvre absolu. Le disque d’un vrai artiste en état de grâce. Un des plus beaux albums que je connaisse. Ce Live At Sin-é capture les premiers élans live et nous présente les chansons qui vont nous arriver plus tard en version studio. Ici, l’émotion est brute. Sans aucunes fioritures, sans aucun artifice d’aucune sorte. Juste un homme seul sur scène, juste une guitare et une voix.
Je suis d’accord, la sortie d’un nouveau disque de Jeff Buckley ressemblait de plus en plus à une arnaque, ces derniers temps. Mme Guibert, la mère de Jeff Buckley a en effet repris les rênes et a décidé de faire fructifier l’héritage laissé par le défunt fiston. Certains (dont elle) diront que c’est dans le but de satisfaire les fans, d’autres y verront surtout une habile façon de se faire de l’argent. La frontière entre les deux est en effet très mince. On a déjà connu ça avec la charmante Yoko Ono, veuve du regretté John Lennon. Et ces derniers temps, les fonds de tiroir ressemblaient vraiment à un détroussage en règle du vrai fan. Mais surtout, ne vous y trompez pas, cet album vaut vraiment le détour et passer à côté serait vraiment impardonnable.
Pour ceux qui suivent Jeff Buckley, une autre version de ce Live At Sin-é était déjà sortie en 1994. C’était à l’époque un mini album ne contenant que 4 morceaux. La version qui vient de sortir n’a rien à voir avec ça, puisqu’on a droit cette fois à l’intégralité du concert. On a même en plus un petit DVD contenant un extrait filmé du concert et une interview. Ce double album contient déjà donc toutes les chansons qui composeront Grace quelques mois plus tard, plus de nombreuses reprises d’origines très variées, puisqu’on trouve ici un Strange Fruit à fleur de peau, chanté à l’origine par billie holiday, le déjà cité Be Your Husband et un superbe If You Knew de Nina Simone où il arrive presque à nous rappeler la voix de la version originale, une version très personnelle du Night Flight de Led Zeppelin, Just Like A Women, I Shall Be Released, If You See Her et Say Hello de Bob Dylan. Il y a notamment un moment génial dans ce disque, où il demande à son public si il connaît Nusrat Fateh Ali Khan, chanteur Pakistanais qu’il considère comme son Elvis à lui. Le public se marre. Jeff Buckley commence à chanter en pakistanais, trémolos orientaux y compris. Le public est hilare, avant de se rendre compte que ce n’est pas une blague. Ils vont avoir droit à une chanson en pakistanais dans le texte, écrite par un chanteur dont ils n’ont jamais entendu prononcer le nom. Résultat, le public est scotché. C’était ça Jeff Buckley, l’art de faire taire toute réticence, tout avis contradictoire, par la seule force de son charisme et de sa voix. On trouve aussi une reprise aussi magistrale que délirante du The Way Young Lovers Do de Van Morrison, ainsi qu’un morceau d’Edith Piaf, Je N’en Connais Pas La fin, tout aussi beau et réussi. La dernière chanson de ce concert magique est le grand et bel Hallelujah de Leonard Cohen qu’on retrouvera plus tard sur Grace.
Live At Sin-é nous permet de passer un moment de communion simple et touchante avec un artiste qui allait bientôt devenir une légende. Le chanteur à l’unique chef d’œuvre, qui comme toutes les légendes, est mort avant d’avoir eu le temps de devenir médiocre. C’est bientôt Noël, faites vous un magnifique cadeau : soit vous avez déjà Grace, et dans ce cas offrez vous ce disque, sinon offrez vous Grace et surtout, faites le connaître. Si l’âme humaine dans ce qu’elle a de plus beau pouvait être mise en musique, c’est à Grace qu’elle ressemblerait.


Pour plus d'informations, le site officiel :
www.jeffbuckley.com




Jet : Get Born

Titres

Last Chance
Are You Gonna Be My Girl
Rollover DJ
Look What You've Done
Get What You Need
Move On
Radio Song
Get Me Outta Here
Cold Hard Bitch
Come Around Again
Take It Or Leave It
Lazy Gun
Timothy



Et voilà encore un nouveau de plus dans la mouvance actuelle du retour à un Rock très 70’s. Dès le premier morceau on est plongé dans un bain de jouvence avec la très nette impression d’entendre un inédit d’AC/DC période Bon Scott, lorsque le Rythm’n’Blues était encore roi. Dès le deuxième morceau, on tape du pied et on secoue la tête comme au bon vieux temps. Dès le troisième, on se dit qu’on a envie de réécouter un vieux Stones, juste comme ça, pour le plaisir de redécouvrir des sons et des chansons qui prennent la poussière depuis des années, là bas quelque part au fond du placard, où peut être la haut dans le grenier. Certes, rien de vraiment nouveau sous le soleil, mais ce revival a quelque chose de rafraîchissant. Tout d’abord parce qu’il ressuscite des choses qui font partie des vrais bons moments du Rock passé et surtout parce qu’il fait souffler un petit vent très revigorant et plein d’optimisme.
Et si la mode actuelle était de ne pas se prendre la tête, de ne plus tirer de plans sur la comète ? De se contenter de ce qu’on sait faire, sans espérer décrocher la lune et les étoiles avec ? C’est peut être ça la recette toute simple pour faire une musique qui met le sourire aux lèvres. Ne pas se prendre pour ce qu’on n’est pas ou pour qui on n’est pas. La recette pour créer une musique qui donne la pêche sans bousculer les neurones. Après tout, les Stones de la grande époque ne faisaient pas autre chose. Ils donnaient un plaisir immense avec des recettes simples. Le plaisir de jouer et de chanter était bien le seul moteur. Et Look What You’ve Done, avec son petit côté You Can't Always Get What You Want, morceau de qui vous savez, n’est pas la pour me contredire.
Get Born est le premier album de ces jeunots Australiens originaires de Melbourne. Et comme son titre l’indique, ce disque est bien une naissance. Pas la naissance d’un groupe révolutionnaire, mais la naissance d’un groupe capable de donner un beau de jeune à une musique plus vieille que la plupart d’entre nous. Un bon vieux coup de balai sur une musique qui au final n’a pas pris une ride et paraît totalement intemporelle. Ce disque aurait pu être écrit il y a vingt ans, l’essentiel est qu’il sonne totalement actuel. La musique de Jet n’est pas passéiste, elle est tout simplement indémodable. Et des chansons comme Last Chance, Rollover DJ, Get Me Outta Here ou surtout le pétaradant Are You Gonna Be My Girl sont de vrais Rock aussi primaires que jouissifs. Evidemment qu’on a déjà entendu ça quelque part. Evidemment. Et alors ? Ou est le problème ? L’essentiel est le plaisir pris à écouter ces chansons. Et de ce côté là on est servit. Il est difficile de trouver un seul morceau moyen sur Get Born. Toutes les chansons sont de qualité égale, mais divisées en deux catégories bien distinctes : les Rock et les ballades. Comme au bon vieux temps, encore. La seule chose qui peut un peu agacer est cet ordonnancement des morceaux qui nous fait passer d’un Rock à une ballade, pour repasser à un Rock, etc… Ca finit par tourner à une sorte de routine, genre travail à la chaîne. Et les chansons de Jet sont tout sauf routinières. Pas révolutionnaires, mais surtout pas routinières.
Ce qui ressort le plus à l’écoute de ce disque, c’est encore une fois la notion de plaisir immédiat que j’ai pris à côtoyer ces quelques 13 chansons. Et pour moi, c’est largement suffisant. Essayez donc de trouver d’autres albums récents qui contiennent 13 bonnes chansons bien solides, qui à chaque écoute vous donnent le sourire et vous font trouver la vie aussi simple que belle. Essayez pour voir.


Pour plus d'nformations, le site officiel :
www.jettheband.com



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