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14 février 2005


Grand National a tout du bon coup marketing et pourtant il mérite un détour. Après s'être inventé un style, Low se cherche et en arriverait presque à nous égarer.




Grand National : Kicking The National Habit



Titres

Drink To Moving On
Talk Amongst Yourselves
Playing In The Distance
Boner
Peanut Dreams
Cherry Tree
Coming Round
Daylight Goes
North Sound Off
Litter Bin


Je suis désolé, mais je ne suis pas plus insensible que vous au grand battage médiatique. Et quand on me rabache la même chose à longueur de journée, je suis comme tout le monde, je finis par entendre. Mais en général, j’ai le réflexe inverse de celui attendu : je me méfie doublement. Partant toujours du principe que plus on essaie de m’imposer quelque chose, plus ça doit cacher un gros défaut. Et quand il s’agit de musique, ça se vérifie tellement souvent que c’est devenu chez moi une sorte de réflexe conditionné. Mais pourtant, il arrive que je me laisse faire et que j’essaye quand même de suivre le mouvement. C’est le cas avec ce Grand National dont on entend parler absolument partout.
Alors ces nouveaux là, on les compare déjà à New Order ou aux Happy Mondays. Toujours ces sempiternelles références 80’s. Et bien sûr, on retrouve des ingrédients des uns et des autres. Les beats à danser de New Order (Talk Amongst Yourselves, Playing In The Distance), ces rythmiques à danser auxquelles on a toujours bien du mal à résister, le groove fainéant des Happy Mondays (Drink To Moving On, Peanut Dreams, Daylight Goes). Ajoutez y un pompage pur et simple du Ska sautillant des Specials (Boner) sans oublier quelques gimmicks Disco pur jus (Cherry Tree, North Sound Off) et vous aurez fait le tour des grandes lignes de cet albums. Tout est là, comme avant. Et derrière ça, toujours la même question : quoi de neuf sous le soleil ? Pas grand-chose, c’est vrai. Si le son de Grand National nous parait si familier et immédiatement agréable, c’est bien parce qu’on l’a déjà entendu ailleurs et avant. Si les chansons nous tapent si bien dans l’oreille, juste à cet endroit précis qui nous enlève tout esprit critique, c’est aussi parce qu’elles nous en rappellent d’autres qu’on a adoré il y a quelque temps déjà. Mais c’est aussi à peu près ce qui nous arrive avec les Strokes, les Killers ou Interpol. Est-ce que pour autant leur musique est mauvaise ? Vous savez comme moi que non. Le principal, pour Grand National comme pour les autres, est d’essayer d’écouter tout ça d’une oreille neutre, même si c’est quasiment impossible tellement les références sont ici évidentes. L’idéal avec ce Kicking The National Habit, c’est de laisser son cerveau au vestiaire et de prendre ce disque pour ce qu’il est : un bon moment musical. Grand National n’est sûrement pas ce que vous écouterez de plus révolutionnaire ou de « culturellement correct » cette année, mais sachez que c’est bon. Un peu comme ces paquets de bonbons dont on sait qu’ils ne sont bons ni pour la santé ni pour les dents, mais qu’on va quand même finir jusqu‘au dernier, juste parce que c’est tellement bon.
Grand National a pourtant toutes les caractéristiques pour avoir un effet repoussoir sur tous ceux d’entre nous qui écoutaient déjà de la musique au début des 90’s. Ils n’ont rien inventés, ils ont tout piqué. Mais ils le font tellement bien et avec ce petit quelque chose qu’on pourrait appeler du talent (ou du savoir faire), que ça passe comme une lettre à la poste. En ce sens, ce disque me rappelle le premier album de Mylo qui m’avait tellement tapé dans l’oeil l’année dernière. Vous l’aurez compris, cet album est une vraie friandise. Une sucrerie qui contient presque autant de singles planétaires que de chansons. C’est clair, ce duo là a tout pour faire un carton immédiat. Durable, j’en suis moins sûr. Mais immédiat, c’est certain. Et par les temps qui courent, un petit rayon de soleil comme celui là ne se refuse pas.


Pour plus d'nformations, le site officiel :
www.grand-national.net




Low : The Great Destroyer


Monkey
California
Everybody’s Song
Silver Rider
Just Stand Back
On The Edge Of
Cue The Strings
Step
When I Go Deaf
Broadway (So Many People)
Pissing
Death Of A Salesman
Walk Into The Sea



Si il y a bien un groupe que j’imaginais monolithique, vivant en reclus dans son petit espace sonore, c’est bien Low. Le genre de groupe capable de revisiter son propre univers à l’infini. Quand on aime, c’est une bénédiction, sinon, on passe vite fait à autre chose. Et même si Trust, leur précédent album, avait entrouvert une porte pour laisser entrer un peu de lumière, leur musique restait toujours aussi fermée et introspective. En un mot, une musique pas trop facile, faite par un groupe pas franchement communicatif. Mais pourtant, on y trouvait notre compte, on y trouvait toujours des pépites d’or pur, capables de vous éblouir encore des années après leur première écoute. Et puis voilà que Low a décidé d’ouvrir la porte en grand, cette fois. Et de confier les manettes à Dave Fridmann, producteur entre autres des Flaming Lips et de Mercury Rev. Et le changement est franchement brutal.
Monkey contient tous les ingrédients habituels de Low (lente mélopée, ambiance tristounette, voix croisées de Alan Sparhawks et Mimi Parker), et sur un morceau comme celui là, le travail de production de Dave Fridmann prend ici toute sa mesure. Le son lourd et Noisy posé sur cette mélodie au ralenti donne une chanson d’une puissance rare. Un peu comme une Ferrari dont vous savez qu’elle a 500 chevaux sous le capot, mais que vous gardez en réserve pour plus tard. The Great Distroyer commence par un joyau. Seulement pas de chance, dès la deuxième chanson, ça se gâte. Dans Trust, on sentait déjà que le groupe avait envie de s’essayer à des ambiances plus Pop, on en a une triste et bien banale confirmation avec ce California à oublier au plus vite. Et ce n’est pas Everybody’s Song qui rassure vraiment sur la nouvelle direction que semble prendre le groupe. Cette fois le boucan Noisy prend carrément toute la place, ne laissant plus aucune place à la magie mélodique qu’on est en droit d’attendre de ce groupe là. Magie qui nous revient d’un coup aux oreilles avec ce Silver Rider si typique de l’univers passé de Low, mélodie lumineuse et ambiance entre sérénité et spleen. Ne bougez plus, ne changez plus rien, c’est parfait comme ça. Et puis pas de bol, le Low nouvelle manière revient avec un nouvel essai Pop pas plus convaincant. Si on met de côté la voix, Just Stand Back ressemblerait presque à du Oasis. Je n’exagère même pas. Faut croire qu’ils ne sont vraiment pas fait pour ce genre là. Et là, la production pas vraiment délicate de Dave Fridmann ne fait qu’alourdir encore la barque.
Au fil de l’album, on continue à osciller comme ça entre belles réussites (Cue The Strings, When I Go Deaf, belle synthèse de leur son d’antan et du son made by Fridmann et surtout l’envoûtant et magnifique Pissing) et tentatives beaucoup plus passe partout (Broadway ou Walk Into The Sea).
Sur ce Great Distroyer, Low semble se chercher à la manière d’un groupe débutant. Un peu comme si le trio avait une réelle volonté de changement, mais sans vraiment savoir quelle était la direction à suivre. Et ce n’est pas Dave Fridmann qui les a aidé à clarifier les choses. En fait, ce disque manque d’une vraie colonne vertébrale. Et surtout, au fur et à mesure des écoutes, on se dit que finalement, qui souhaitait vraiment les voir changer de direction ? Eux seuls, sûrement. Pas nous. Surtout si la nouvelle direction prise ressemble à un cul de sac ou en tous cas à une sérieuse banalisation. Alors pour le moment on se contentera d’un excellent demi album et on oubliera poliment le reste. En attendant de voir de quoi demain sera fait…


Pour plus d'nformations, le site officiel :
www.chairkickers.com



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