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12 juin 2006


Certains donnent tout dès le premier album et ne durent pas, d'autres prennent le temps de se construire. C'est le cas des deux groupes de cette semaine. Ces deux là viennent de passer dans la cour des grands.




The Zutons : Tired Of Hanging Around


Titres

Tired Of Hanging Around
It's The Little Things We Do
Valerie
Someone Watching Over Me
Secrets
How Does It Feel ?
Why Won't You Give Me Your Love ?
Oh Stacey (Look What You've Done)
You've Got A Friend In Me
Hello Conscience
I Know I'll Never Leave


Les Zutons nous avaient laissés sur une belle impression. L’impression que ce groupe là, encore un peu trop tendre à l’époque, avait tout pour réussir brillamment un peu plus tard. Parce que la personnalité et le style étaient déjà là, mais un peu noyés sous tout un tas d’influences un peu trop voyantes. La bonne nouvelle de Tired Of Hanging Around, c’est que les Zutons ont arrêtés de glander, comme ils le disent eux même. Ils se sont retroussés les manches et les quelques étincelles entrevues dans Who Killed The Zutons se transforment ici en feu d’artifice.

On les avait quitté hésitant encore entre une Pop à guitare tendance The Coral et un Rock nettement teinté de Rythm’n’Blues, beaucoup plus personnel. Cette fois, ils ont finis d’hésiter pour laisser la balance pencher vers la chaleur des cuivres. On trouve quand même encore quelques séquelles Pop-Folk, uniquement sur des ballades, comme le joli Someone Watching Over Me.  Pour le reste, la musique des Zutons ressemble aujourd’hui à une belle marmite de Rock chaud et charnu. La basse ronronne comme un gros chat, les guitares caressent ou griffent et les cuivres illuminent tout. Et comme au niveau mélodique ils ont aussi fait quelques progrès, Tired Of Hanging Around ressemble à l’album parfait pour l’été.

Parce qu’il faut bien le dire, si on est noyé en permanence sous une soupe sonore appelée R&B, le Rythm’n’Blues, le vrai, c’est autre chose, c’est chaud, c’est vivant, ça possède un cœur qui bat. Et les Zutons ont décidés de revisiter cet ancêtre du Rock, de le réinventer avec l’œil du 21ème siècle et quelques ingrédients Pop en plus. Le résultat obtenu est aussi torride que mélodique. Tout à fait dans l’esprit de la chanson Zuton Fever sur le premier album. L’autre progrès se situe aussi au niveau de la production, qui elle aussi s’est orientée vers l’épaisseur et la rondeur. On n’a plus cette impression de son un peu trop sec et gringalet. Evidemment, tout ça donne un plein panier de chansons à l’efficacité redoutable, autant pour l’envie de remuer les jambes que pour l’envie de chanter. Ce disque regorge de titres incendiaires, comme la trilogie d’ouverture Tired Of Hanging Around, It's The Little Things We Do, Valerie, sans oublier un Why Won't You Give Me Your Love ? qui donne vraiment chaud. Et le clou du spectacle se nomme Hello Conscience, bolide Rock-Blues incroyable et irrésistible. On y trouve aussi des petites choses chatoyantes comme Oh Stacey (Look What You've Done) ou touchantes comme le final I Know I'll Never Leave.

Les progrès des Zutons sont carrément impressionnants. Avec ce disque, ils se retrouvent directement propulsés parmi les tous meilleurs albums anglais de cette année. A découvrir d’urgence.


Pour plus d'nformations, le site officiel : www.thezutons.com




Merzhin : Pieds Nus Sur La Braise

Titres

Pavillons kamikazes
La rue calumet
Fanny
La cour des grands
Au bout de la scène
Poussières
Western
Torche vivante
Si tu mens
Souriez
Des filons dans nos failles
A la chaleur des missiles
Nu et noir de pied


Ce qui arrive à Merzhin s’appelle la maturité. Ou encore le passage à l’âge adulte. Chez certains, ça coïncide avec une musique qui devient brutalement réfléchie et responsable, des textes qui se posent des questions sur le devenir du monde et sur les injustices qui le remplissent. Ca peut conduire le meilleur des groupes vers une impasse chiante. Chez d’autres, ça ressemblerait presque à une délivrance. C’est le cas de Merzhin pour leur troisième véritable album.

Ceux là, ça fait un moment que je les suis de près. D’abord parce que leur musique entre Rock et Bretagne m’a tout de suite emballé et surtout parce que derrière cette musique dite « festive », on sentait déjà autre chose, une épaisseur et une intelligence que les autres n’avaient pas forcément. Avec Pieds Nus Sur La Braise, ça se confirme. Avec ce disque, Merzhin vient de franchir une étape. Celle qui fait passer de « groupe sympa pour s’éclater entre copains » à « groupe qui compte dans le paysage ». Et pas seulement dans le paysage breton.

En fait, tout ou presque est dit à travers le titre de l’album. Pieds Nus Sur La Braise porte très bien son nom. Même chose pour la pochette d’un sobre noir et blanc qui tranche nettement avec les albums passés aux ambiances plutôt cartoons colorés. Merzhin a resserré les lignes, durcit le propos et poussé les amplis à fond. Son Rock a gagné du muscle et est devenu urgent. Sur Pavillons Kamikazes, la première claque du disque, les guitares tapent fort. On entend toujours la bombarde en fond sonore (qu’on se rassure, Merzhin ne renie pas sa Bretagne), mais les guitares sont nettement devant. Le chant de Pierre Le Bourdonnec suit la même pente en se durcissant lui aussi. La Rue Calumet est dans le même esprit plus adulte, mais avec un refrain Pop qui en fait un parfait single. Et on découvre sur ce morceau l’autre nouveauté du son de Merzhin, c’est l’arrivée bienvenue de cuivres divers qui donnent une autre dimensions aux chansons, un peu à la manière des Têtes Raides. Très réussi. L’autre réussite du même genre s’appelle Western, qui réussit à marier chanson idéalement Pop et ritournelle cuivrée.

Ce ton plus dur et tranchant n’enlève pourtant rien au style passé du groupe. La cour Des Grands arrive très bien à concilier les deux en étant très Rock et pourtant très convivial. Dans un autre genre, Merzhin n’avait jamais encore écrit un hymne Punk-Rock aussi incendiaire que A la chaleur des missiles, qui prendra toute sa dimension en concert. L’autre progrès notable, c’est que le groupe sait maintenant calmer le jeu quand il faut pour mieux contenir son énergie. Ca donne un Au bout de la scène où la tension nous mène par le bout des nerfs. Et encore, ce n’est qu’un avant goût de Des filons dans nos failles, chanson à la puissance toujours contenue, parfaite illustration des énormes progrès du groupe. Cette fois c’est sûr, comme ils le disent eux même dans une chanson du disque, Merzhin est passé dans la cour des grands.


Pour plus d'nformations, le site officiel :
www.merzhin.net


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