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12 janvier 2004


Deux groupes musicalement très différents, mais qui chacun à leur manière tentent le pari de faire évoluer leur musique, au risque de surprendre ou même de décevoir ceux qui les ont suivi jusqu'ici.




Electric Soft Parade : The American Adventure

Titres

Things I've Done Before
Bruxellisation
Lights Out
The Wrongest Thing In Town
Lose Yr Frown
The American Adventure
Chaos
Headacheville
Existing


Electric Soft Parade a été l’une des belles révélations de l’année 2001. Une Pop simple et dynamique, sans surcharge et rafraîchissante, c’était leur marque de fabrique. Holes In The Wall était un premier album très réussi. Leur espèce de Power Pop énergique avait eu le don de me convertir instantanément à leur cause. Ce premier disque faisait partie de ceux qui donnent une furieuse envie d’en connaître la suite le plus vite possible. Et puis petit à petit, le temps passant, je dois avouer que je les avais un peu oublié. En effet, pas de chance pour ceux qui comme moi avaient très envie d’une suite rapide. Ils nous auront fait poireauté un bon moment, puisque The American Adventure n’est sorti qu’il y a quelques mois, fin 2003.
En fait, cette chronique aurait pu être faite plus tôt, mais j’ai préféré attendre un peu avant de l’écrire. The American Adventure est assez différent de son prédécesseur et nettement moins immédiat, d’où une certaine déception lors des premières écoutes. L’impression que ce nouvel album n’était pas au niveau. Pas mauvais, mais moins bon. Et surtout moins enthousiasmant à la première écoute. Comme je n’aime pas particulièrement descendre un album (tout travail artistique mérite le respect), si je n’aime pas, je préfère ne pas en parler, alors j’ai laissé un peu mûrir celui là, encore un peu trop vert pour moi. Je sentais bien que cet album contenait son lot de pépites, mais je les trouvais noyées dans la masse. L’ensemble manquait aussi un peu d’enthousiasme pour me convaincre.
Si cette chronique est là aujourd’hui, vous vous doutez bien que finalement, j’ai eu raison d’attendre un peu. Comme une bonne bouteille qui doit prendre un peu l’air avant d’être dégustée, cet album demande un petit temps d’adaptation si on connaît et si on a aimé son prédécesseur. Ensuite, il se laisse déguster et finalement on y trouve son bonheur. Ce qui surprend par rapport à Holes In The Wall, c’est que la musique de ESP s’est considérablement assagie. L’ambiance générales est beaucoup plus calme et les rythmes sont eux aussi plus lents. Les morceaux eux même ne sont plus tout à fait construit de la même façon. Auparavant assez linéaires et simples dans leur forme, ils sont devenus plus complexes et moins faciles à suivre. Prenez Things I’ve Done Before qui a fait office de premier single, dès les premières notes on reconnaît la patte habituelle, mais le refrain, d’un style totalement différent, emmène le morceau vers autre chose. Deux chansons en une, en quelque sorte. On trouve quand même des chansons plus simples et évidentes comme le somptueux Bruxelisation, perle de cet album ou Lights Out, l’un des rares morceaux énergique de ce disque et vrai tube potentiel. L’autre moment fort du disque s’appelle Lose Yr Frown, autre morceau qui prend à contre-pied, entre couplet aux guitares lourdes et sombre et refrain léger et joyeux. Sans oublier le morceau The American Adventure, qui est vraiment une aventure musicale à tiroirs multiples de 7 minutes. Cette chanson part dans tous les sens et explore une quantité de pistes sonores et mélodiques assez impressionnante. Vraiment pas facile à suivre, mais au final assez réussie.
Les groupes qui essayent et qui prennent le risque de se renouveler à chaque album sont suffisamment peu nombreux pour qu’on ne jette pas la pierre à ceux qui osent. ESP fait partie de ceux là. En passant d’une Pop plutôt fringante et facile à une musique beaucoup plus complexe et moins facile d’accès, ils prennent un risque, mûrement réfléchi je pense. Tout le monde n’a pas la capacité, ni le talent pour faire une musique plus adulte. Eux savent le faire. Et c’est d’autant plus étonnant quand on connaît leur âge. A la sortie de leur premier album en 2001, les deux frères White avaient 17 et 19 ans. Je vous laisse faire le calcul pour connaître leur âge actuel. Ils ont donc tout l’avenir devant eux pour créer, essayer, innover et sûrement se planter parfois. Mais mon petit doigt me dit qu’ils ont les moyens de leurs ambitions.


Pour plus d'nformations, le site officiel :
www.electricsoftparade.com




Thursday : War All The Time

Titres

For The Workforce, Drowning
Between Rupture And Rapture
Division St.
Signals Over The Air
Marches And Maneuvers
Asleep In The Chapel
This Song Brought To You By A Falling Bomb
Steps Ascending
War All The Time
M. Shepard
Tomorrow I'll Be You



La semaine passée, je vous parlais de Something Corporate, assimilé presque par erreur à la vague Emo, cette semaine, voici Thursday, brillant membre de ce genre musical. Et avec eux, il n’y a pas photo, pas de question à se poser, on est à fond dans le genre Emo. Leur Rock est à la fois puissant et mélodique, enragé et caressant. Leurs deux premiers albums, réalisés sur un petit label, nous montraient déjà un groupe aussi costaud que doué. Est ce que leur passage dans une Major allait y changer quelque chose ? Apparemment pas trop, si on en juge par ce War All The Time, tout aussi varié et inventif que ces prédécesseurs.
D’accord, le son est plus léché, les morceaux peut être un peu mieux assis, plus construits. On le devine, le groupe a du avoir droit à plus de temps que d’habitude pour enregistrer en studio. C’est à la fois l’avantage et l’inconvénient. On a les moyens d‘avoir un meilleur son, une meilleure production, mais on risque aussi éventuellement d’y perdre un peu de son urgence, de sa vérité. En un mot, on risque de faire à la fois plus beau et aussi plus toc. L’écueil est presque totalement évité sur ce disque. Thursday n’a perdu ni l’énergie, ni la fraîcheur qu’on lui connaissait et qu’on appréciait tout particulièrement. Certains morceaux paraissent juste un peu trop faciles, mais à part ce petit bémol, tout baigne. Comme d’habitude.
Thursday, c’est l’art de mêler les bons gros riffs métal à souhait et les arpèges légers, un chant quasi Pop (désolé pour les puristes, mais les intonations de Geoff Rickly me rappelle toujours autant la voix de Robert Smith des Cure) et les hurlements. Et War All The Time est toujours exactement dans ce style là. Et ça commence plutôt fort avec un For The Workforce, Drowning aux dents longues, très carnassier. Il y a déjà tout dans ce simple morceau : à la fois l’énergie, la tension et l’émotion, sans oublier ce petit souffle épique qui fait la différence. La première moitié du disque déroule tranquillement, sans faute de goût et avec en prime de très beaux moments, comme le très réussi Division Street ou le single Signals Over The Air, monument dans le genre chaud et froid ou main de fer dans un gant de velours, comme vous préférerez. L’équilibre entre les guitares aux accords mélodiques et métal est ici parfait. Même chose pour le chants qui s’entrecroisent.
Ensuite, curieusement, à partir de This song brought to you by a falling bomb, morceau très calme au piano, on change de registre. On croirait cette fois entendre un morceau des Smashing Pumpkins, période Melon Collie. C’est joli, mais pas franchement leur genre. Mais surtout, ça fait un peu « trou Normand » au milieu d’un bon repas, si vous voyez ce que je veux dire. Le petit moment pour récupérer avant la suite qui promet d’être aussi copieuse. Mais justement, la suite n’est pas vraiment du même genre. On baigne ensuite dans une ambiance entre deux eaux. L’énergie n’est plus vraiment là, à part sur le final Tomorrow I’ll Be You. Les mélodies par contre, sont de sortie (la chanson War All The Time par exemple). Ce qui fait qu’au total, cette seconde partie de l’album, aussi différente soit elle de la première, est finalement assez agréable. On découvre une autre facette de Thursday, beaucoup plus calme et mélodique à souhait. C’est sûr, ça change. Et certains risquent de ne pas suivre le mouvement.
Maintenant il reste à voir vers quoi Thursday va s’orienter dans l’avenir. Est ce que ce disque préfigure un changement de direction ? Affaire à suivre en tous cas.

Pour plus d'nformations, le site officiel de leur ancien label :
www.fullcollapse.com
Et celui du nouveau : www.islandrecords.com/thursday



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