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10 septembre 2007



Modest Mouse : We Were Dead Before The Ship Even Sank


Titres

March into the Sea
Dashboard
Fire It Up
Florida
Parting of the Sensory
Missed the Boat
We've Got Everything
Fly Trapped in a Jar
Education
Little Motel
Steam Engenius
Spitting Venom
People as Places as People
Invisible


Est-ce que l'histoire de Modest Mouse ne serait pas en train de tourner en fable de La Fontaine ? Est-ce que la souris si modeste ne serait pas un peu en train de faire comme la grenouille et de se voir aussi grosse que le bœuf ? En tous cas l'écoute de We Were Dead Before The Ship Even Sank, avec son habituel titre à rallonge, pose quelques questions.

D'abord, pourquoi la présence de Johnny Marr sur ce disque ? Bon, j'ai toujours été un admirateur du jeu de guitare si personnel de maitre Johnny, mais franchement, quel lien peut on trouver entre l'ex guitariste des Smiths et les sortes d'icones de l'indie que sont les Modest Mouse ? A priori aucun. Et pourtant si. Modest Mouse a pas mal changé. Ca s'est fait progressivement, mais cette fois ci, ce nouvel album présente les choses clairement : la petite souris veut s'inventer un avenir plus grand que celui qu'on pouvait lui prévoir initialement. En un mot, Modest Mouse cherche à s'adresser à un public plus large. Aucune honte à ça me direz vous, surtout quand c'est fait sans renier son passé, ce qui est le cas ici. Aujourd'hui, We Were Dead Before The Ship Even Sank est un album qu'on pourrait presque qualifier de grand public ou en tout cas de nettement plus accessible. Pour preuve, Dashboard, sa guitare guillerette (merci Johnny), ses cuivres et sa mélodie accrocheuse. Voilà un titre qui a tous les atouts d'un single bien vendeur. Un titre qui n'a plus grand-chose à voir avec le Modest Mouse d'antan, mais qui est une vraie porte ouverte pour entrer dans l'univers du groupe. De quoi appâter le chaland en quelque sorte. Parce qu'il ne faudrait quand même pas croire que Modest Mouse a brutalement viré de bord. Dans la suite de l'album, on retrouve encore des chansons certes moins vendeuses, mais toujours aussi passionnantes. Mais la nouveauté, c'est qu'elles côtoient maintenant des titres aux charmes immédiats, comme Fire It Up ou surtout Florida au refrain ensoleillé. Mais là où Modest Mouse réussi le plus beau, c'est sur des titres moins aguicheurs et plus complexes, comme ce Parting Of The Sensory qui impressionne par son aisance dans l'audace. Et le clou du spectacle se nomme Spitting Venom, longue chanson à tiroir qui s'étale sur plus de 8 minutes et n'en finit plus de changer de braquet pour nous ballotter sur ses montagnes russes. Magistral.

Pour être franc, dans son désir d'ouvrir sa musique au vaste monde, il arrive que le groupe se perde un peu en cours de route, vers le milieu de l'album surtout, et nous inflige quelques titres vraiment pas indispensables. Mais dans l'ensemble, Modest Mouse donne l'impression d'avoir bien réussi son coup en arrivant à concilier l'inventivité du passé avec la simplicité Pop d'aujourd'hui. N'étant pas vraiment un fan irréductible jusque là, ce n'est pas moi qui vais cracher dans la soupe en criant à la trahison. We Were Dead Before The Ship Even Sank me parait en tous cas l'album idéal pour faire connaissance avec ces américains qui ont maintenant de fortes chances de sortir de l'ombre.


Pour plus d'nformations, le site officiel : www.modestmousemusic.com

Et la vidéo de Dashboard ICI


Cécile Corbel : Songbook 1

Titres

Suil A Ruin
Le Vent M'Emporte
Stor Mo Chroi
She Moved Through The Fair
Auchindoun
Blackbird
C'Hoant Dimein
Bemnoz
Three Ravens
Dellum Down
Red Rose
Valse Des Ondines (2006 Version)


Comme tous les ans ou presque, je profite des vacances pour faire un retour aux sources et reprendre contact avec la musique celtique dont je suis amoureux depuis toujours. Comme souvent c'est par la Bretagne que je passe et cette année je suis retourné dans les environs de Quimper, là où est niché l'excellent label Keltia Musique (label de Loreena McKennitt et Sinead O'Connor pour la France, pour ne citer que les deux artistes les plus connus). Et je suis tombé sur ce disque de Cécile Corbel, sorti depuis un an quand même, mais qui m'a carrément emballé dès les premières notes.

Quand on voit la pochette du disque, on se dit qu'elle en fait trop, que c'est une vraie caricature de celtitude, œil bleu azur, cheveux roux comme le feu… Et la harpe celtique en prime pour terminer le tableau. Mais là dedans, rien n'est inventé ou exagéré. Cécile Corbel est née dans le Finistère et joue de la harpe celtique, comme son illustre maître Alan Stivell. Comme lui, elle chante aussi. Et c'est justement l'association de cette voix et de la harpe qui fait tout le bonheur de Songbook 1. Essayer d'imaginer une voix qui serait un croisement de Kate Bush et Vanessa Paradis, juste pour vous donner une idée du genre. Pour le reste, ce deuxième album de Cecile Corbel est un judicieux mélange de morceaux traditionnels et de compositions personnelles. Cet album nous fait donc voyager entre Irlande, Ecosse, Pays de galles et Bretagne avec bonheur.

Qui dit musique Pop aux accents celtes et chant féminin rappelle forcément les Corrs. Cecile Corbel n'échappe pas toujours à cet amalgame un peu facile, notamment sur Suil A Ruin qui ouvre l'album. Mais ensuite, dès que la harpe entre en action, c'est un monde totalement différent qui s'ouvre devant nous. Sur Le Vent M'emporte, bizarrement c'est une autre référence qui vient immédiatement à l'esprit, celle du groupe Meccano. Je ne sais pas si vous vous souvenez de ce groupe espagnol qui avait fait un carton en France il y a une dizaine d'année, mais cette chanson est étonnamment proche du souvenir que j'en ai, surtout au niveau de la voix. Ensuite, le disque prend son rythme de croisière pour devenir nettement plus personnel. Et là on découvre le style musical de Cécile Corbel. En fait, pour faire court, elle utilise la harpe un peu comme on utiliserait une guitare. Ici, pas de longs passages mystiques dans le style grande prêtresse celte. La harpe est utilisée comme un instrument d'accompagnement parmi d'autres, ce qui donne au final une couleur assez particulière. Parfois le son de la harpe ressemblerait presque à de la kora, cet instrument à cordes des griots africains. D'ailleurs sur Stor Mo Chrol avec ses percussions africaines, c'est à s'y tromper. Tout ça pour vous dire que si Cécile Corbel reprend beaucoup de chansons traditionnelles, elles les réarrangent à sa façon. Et sa façon est franchement très personnelle, comme sur ce grand classique irlandais qu'est She Moved Through The Fair qui prend carrément ici des accents orientaux du plus bel effet. Et au dessus de tout ça plane la voix faussement adolescente de Cecile Corbel, aussi souple et expressive que Kate Bush, ce qui me rappelle pas mal de bons souvenirs.

Ce Songbook 1 est vraiment un album délicieux de bout en bout, suffisamment aventureux et inventif pour donner un coup de jeune à de vieux classiques de la musique celte. Prenez Blackbird, l'ajout d'un piano cristallin associé à la harpe est une pure merveille. L'album se termine par une composition de Cecile Corbel, la Valse Des Ondines, capable de rendre amoureux de la musique bretonne tous ceux qui auront le bonheur de l'entendre. Tentez l'aventure, vous verrez, c'est beau.


Pour plus d'nformations, la page Myspace ce Cécile Corbel : Ici



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