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10 avril 2006


Un album attendu et un autre découvert par hasard. Morrissey est de retour et Archie Bronson Outfit impose son originalité.




Morrissey : Ringleader Of The Tormentors


Titres

I Will See You In Far Off Places
Dear God, Please Help Me
You Have Killed Me
The Youngest Was The Most Loved
In The Future When All'S Well
The Father Who Must Be Killed
Life Is A Pigsty
I'll Never Be Anybody's Hero Now
On The Streets I Ran
To Me You Are A Work Of Art
I Just Want To See The Boy Happy
At Last I Am Born

Cette fois ci, Morrissey ne nous aura pas fait attendre pendant des années entre deux albums. You Are The Quary n’est vieux que de deux ans et voilà déjà son successeur à la pochette aux allures d'album de la Deutsche Grammophon. Et comme d’habitude, on se fait une joie anticipée de retrouver les tourments du monsieur aux tempes devenues largement grisonnantes. Jusqu’à ce qu’on écoute enfin la galette. Et là, il faut bien avouer que le résultat ne vaut pas toujours l’attente. La discographie de Morrissey a toujours été faite de hauts et de bas. En fonction de son humeur et surtout de l’humeur du moment des musiciens choisis pour l’accompagner sur chaque album. Parce que Morrissey écrit toujours aussi bien mais compose toujours aussi mal. Bien obligé de s’en remettre à d’autres. Et depuis un bon moment déjà, Boz Boorer et Alain Whyte s’y collent. Avec des résultats qui vont du carrément brillant au carrément médiocre. Et ce Ringleader Of The Tormentors est une étape de plus dans une carrière en dents de scie. Autant ne pas tourner autour du pot, le petit dernier, loin d’être désagréable, n’atteint pas les plus hauts sommets du passé.

La majorité des chansons est honnête sans être renversante. Par contre, Morrissey donne l’impression de chanter de mieux en mieux, ce qui permet à certains titres de vraiment décoller au dessus du quotidien. Sa voix a encore gagné en finesse et en technique. De quoi donner des frissons supplémentaires, comme sur le très dénudé Dear God, Please Help Me. Quand Morrissey joue la désespérance comme ça, on se rappelle pourquoi on attend chaque nouvel album avec autant d’impatience. En fait, ce qui manque sur ce disque là, c’est un vrai grand single qui tirerait l’ensemble vers le haut. You Have Killed Me est peut être sympathique et plutôt bien foutu, mais il ne peut pas jouer ce rôle là, par manque d’ambition peut être. Comme le trop gentil The Youngest Was The Most Loved qui a toutes les caractéristiques pour être le prochain titre choisi. En fait ici, la chanson qui rehausse le niveau de l’album s’appelle Life Is A Pigsty et ne ressemble pas du tout à un single, avec son tempo lent et ses plus de 7 minutes. Là, entre une mélodie tellement plus délicate que la moyenne et cette voix devenue encore plus belle avec le temps, on ne peut que succomber. Une grande, une énorme chanson. Le grand frisson se cache là. Et on souhaite surtout que Morrissey continue dans cette veine là, celle qui lui convient sûrement le mieux aujourd’hui. Mais ce bijou là restera isolé. Le reste du disque fait dans la Pop classique et plutôt classe, comme d’habitude, mais il manque cette flamme et ce souffle qu’on trouvait sur Vauxhall And I et qui allumait nos sens.

Alors allez savoir pourquoi, malgré ces quelques réticences, je serai encore un des premiers à acheter son prochain album, quoi qu’il arrive. Parce que je préfèrerai toujours un vrai artiste avec son style, sa forte personnalité et son univers propre, à toutes les nouvelles gloires éphémères et interchangeables. Parce que finalement, dans une discothèque c’est toujours ceux là qu’on garde au chaud le plus longtemps. Même si toutes les pièces de la collection ne sont pas des chefs d’œuvres. Allez, rendez vous dans deux ans.


Pour plus d'nformations, le site officiel : www.morrisseymusic.com




Archie Bronson Outfit : Derdang Derdang

Titres

Cherry Lips
Kink
Dart For My Sweetheart
Got To Get (Your Eyes)
Dead Funny
Modern Lovers
Cuckoo
Jab Jab
How I Sang Dang
Rituals
Harp For My Sweetheart


Je suis tombé totalement par hasard sur ce disque là. Où plutôt, c’est ce disque m’est tombé dessus. Un court extrait de Cherry Lips a suffit à me convaincre qu’il y avait là quelque chose de spécial à découvrir. Et comme souvent, j’ai tenté le coup sur une intuition, sans en savoir plus. Bonne pioche.

A la première écoute, j’ai pensé à Clinic, avec ce même penchant pour les univers clos, pour une musique qui tourne sur elle-même jusqu’à l’explosion ou la nausée, au choix. Et il y a un peu de ça chez les anglais de Archie Bronson Outfit, mais contrairement à Clinic, eux ne sont pas des enfermés volontaires. Leur musique a bien trop de flamme et de passion pour rester en vase clos. Derdang Derdang tient en peu de choses, mais il lui faut de l’espace pour s’exprimer. Cette musique est finalement assez difficile à décrire, encore plus difficile à expliquer avec des mots. Elle est simple et rapide, saccadée, basée sur quelques notes ou accords qui se répètent pour finir par créer une tension qui ne pardonne pas, proche de l’électrocution. Ajoutez à ça un chant presque déclamé et assez halluciné et vous aurez une petite idée de la chose. Si vous avez assez d’imagination…

Certains considèrent un peu Archie Bronson Outfit comme une version light de Queens Of The Stone Age. Il y a un peu de ça aussi, comme sur Cuckoo et son atmosphère aride ou sur le plus métallique Jab Jab ou encore Rituals qui donne l’impression d’avancer en terrain miné. Mais à mon avis, ce serait beaucoup trop réducteur de ne voir que ça chez eux. Parce qu’un morceau comme Cherry Lips, pur chef d’œuvre de Rock obsédant ne doit rien à personne. Même chose pour Dead Funny qui visite des contrées plus Pop, mais toujours légèrement tordues, déformées. Chez Archie Bronson Outfit, rien n’est plat, rien n’est droit, rien n’est aussi simple qu’il en a l’air. Comme sur le génial single Dart For My Sweetheart , à la fois presque Pop et dansant, mais avec un petit côté « dérangé » dans le chant. Là, on est beaucoup proche de l’univers décalé des Talking Heads.

L’impression qui domine chez Archie Bronson Outfit, en plus d'une originalité certaine, c’est l’urgence, un peu à la manière d’un Bloc Party un peu plus crispé. Comme si le groupe était pressé, comme si quelqu’un ou quelque chose était à ses trousses. Les titres défilent à toute vitesse, avec toujours cette impression de fuite en avant permanente. On ne sait pas où cette fuite mènera, mais la seule envie qui reste est de les suivre. D’urgence.


Pour plus d'nformations, le site officiel : www.archiebronsonoutfit.net


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