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10 mars 2003


Un grand retour, celui de Johnny Marr, mythique guitariste des Smiths, de belles promesses avec les français Daisybox et une confirmation avec le très réussi deuxième album des Turin Brakes.



Johnny Marr + The Healers : Boomslang

Titres

The Last Ride
Caught Up
Down On The Corner
Need It
You Are The Magic
In Betweens
Another Day
Headland
Long Gone
Something To Shout About
Bangin’ On



Pour certains, comme moi par exemple, la simple évocation du nom de Johnny Marr rappellera des souvenirs magiques, pour d'autres, la plupart j'imagine, ça ne remuera aucun souvenir. Par contre, si je vous dis The Smiths, peut être les souvenirs reviennent ils un peu plus. En effet, Johnny Marr a été le guitariste attitré et principal compositeur d'un des groupes les plus mythiques des années '80. Il a sûrement été dans le même temps l'un des guitaristes les plus inventifs, quelqu'un capable de composer certains grands classiques qui resteront dans l'histoire du Rock. Et surtout quelqu'un dont on pouvait reconnaître le style inimitable dès les premiers accords. En un mot, une légende du Rock.
Depuis les problèmes entre Johnny Marr et Morrissey qui menèrent à la séparation des Smiths, qui remonte tout de même à 1988, on avait un peu de mal à suivre Johnny Marr. Depuis cette date, il n'avait jamais fait ce dont tout le monde rêvait : créer son propre groupe. Pendant 15 ans, il a participé a une quantité invraisemblable de projets et a collaboré à un nombre impressionnant d'albums d'artistes divers mais jamais sous son propre nom. Ce qu'on retiendra le plus sont ses collaborations avec Mat Johnson au sein de The The ou avec Bernard Sumner, chanteur de New Order, dans le cadre du groupe Electronic. Mais il a aussi travaillé avec des gens aussi différents que Everything But The Girl, Bryan Ferry, Talking Heads, Pretenders, Pet Shop Boys ou Oasis. Pas mal comme carte de visite…
Mais dans toutes ces collaborations, Johnny Marr a toujours donné l'impression de se fondre dans l'univers des personnes avec qui il jouait, quitte a en devenir totalement transparent et méconnaissable. Par exemple, au sein de The The ou Electronic, les occasions de reconnaître son style et son talent sont très rares. Peut être est ce dû aux fortes personnalités des gens avec qui il a travaillé, mais toujours est il qu'on ne croyait plus jamais entendre le vrai Johnny Marr. On s'était presque fait à cette idée : Marr n'est plus qu'un musicien de studio, certes talentueux, mais anonyme. Puis est arrivé ce disque sorti de nulle part. Je n'étais même pas au courant de sa sortie. Mais dès que je l'ai vu sur un présentoir, je me précipité dessus, comme un gamin devant un kilo de bonbons. Et bien m'en a pris.
Enfin, Johnny Marr avait osé franchir le pas. Enfin, il avait osé produire quelque chose sous son propre nom. Et cette fois, débarrassé de toute influence extérieure, seul maître à bord (il est auteur, compositeur et même producteur), il a enfin composé l'album digne de son immense talent. La surprise supplémentaire est qu'il s'est mis au chant et que le résultat est finalement assez honnête.
Maintenant, parlons un peu du contenu de " Boomslang ". Aucune réminiscence " Smithienne " a chercher ici. Il y a en effet bien longtemps que Johnny Marr s'est affranchi des tics de cette époque. On a ici un album de Rock des plus classiques, plus proche de Oasis que de la New Wave. Mais attention, pas de panique, ce n'est pas un album d'Oasis, c'est uniquement pour trouver quelque chose d'approchant. Johnny Marr fait aussi du Rock, mais lui, on n'a pas envie de lui mettre des claques. Pour ouvrir le bal, " The Last Ride ", superbe morceau de tendance Glam Rock qui nous réconcilie d'emblée avec le bonhomme. " Caught Up ", le morceau suivant maintient parfaitement la tension, puis arrivent " Down On the Corner " et " Need It ", deux excellents morceaux qui ne sont pas sans nous rappeler (tout de même) un peu la belle époque des Smiths. Ensuite, on a droit au génial " You Are The Magic ". Et ça continue comme ça tout au long des 11 morceaux de ce disque, (presque) sans baisse d'intensité.
On lui pardonnera facilement un ou deux morceaux un peu faiblards vers la fin de l'album, d'autant plus que " Bangin' On ", le dernier morceau nous laisse sur une très bonne impression. De toute façon, le seul fait de le retrouver enfin décomplexé et en aussi bonne forme musicale est pour moi un plaisir déjà largement suffisant.


Pour plus d'nformations, son site officiel :
www.jmarr.com





Daisybox : Organic

Titres

Tous Les Jours
Mon Héroïne
Pause
La Lune
Ex-vitamine
Ultra Non
45 Minutes
Etanche
Comme Un Ange
Pile Ou Face
Hélicoptère
Immobile



"Organic " est un premier album. Le premier album de Daisybox, jeune groupe parisien supporté à ses début par Indochine qui les ont emmenés dans leurs bagages pour faire la première partie de leur tournée " Dancetaria Tour ". Encore une fois, Nicola Sirkis a de l'oreille et sait reconnaître le bon grain. Il l'a déjà amplement prouvé en sachant si bien s'entourer pour son dernier album. Il a en plus la générosité suffisante pour donner le petit coup de pouce indispensable pour décoller. En effet, faire la première partie de la tournée d'Indochine permet d'entrer en contact avec des milliers de personnes chaque soir. Et le moins qu'on puisse dire est que Daisybox a su saisir sa chance. En effet, sans avoir jamais enregistré de véritable album, ils comptaient déjà des légions de fans en puissance.
Voici donc ce premier album attendu comme une confirmation de l'excellente l'impression qu'ils avaient laissée sur scène. Celle d'un groupe maniant en expert les grosses guitares et les mélodies. Et le résultat est à la hauteur. Les Daisybox font un Rock efficace, dans le genre de K's Choice ou Kyo, pour les situer un peu. Gros son, belles mélodies et refrains qui restent bien en tête, une sorte de Power-Pop assez mélodique. En somme, une musique parfaitement dans l'air du temps et tout ce qu'il faut pour décoller vraiment et aller très haut. Certes, certains morceaux de ce disque trahissent encore un certain manque de maturité et nous font ressentir la jeunesse du groupe, mais l'ensemble est vraiment porteur d'espoir. Ils ont réellement un style bien à eux et dès les premières chansons, on est séduit par cette fraîcheur mélodique et cette spontanéité qui est l'atout majeur des groupes débutants. " Pause ", le premier single tiré de cet album, est un parfait petit missile Pop fait pour atteindre sa cible. Les morceaux dans ce genre sont légion sur " Organic ", du très réussi " Tous Les Jours ", en passant par " Mon Héroïne ", " La Lune ", " 45 Minutes " ou " Hélicoptère ". Vous aurez peut être remarqué que je viens de citer pratiquement la moitié des morceaux de l'album. Ca vous donne une petite idée du niveau de l'ensemble.
Il y a ces derniers temps une nouvelle vague de jeunes groupes français, ce qui tendrait à vouloir dire que les compagnies de disques d'ici ont peut être décidé d'arrêter de recycler l'ancien, aussi bon soit il parfois, pour enfin prendre un peu de risques et parier sur l'avenir. Au même titre que Kyo, Kaolin (dont je ne devrais pas tarder à vous parler) ou Sally Bat des Ailes, Daisybox fait partie de cette vague très prometteuse de nouveaux venus. Ils ont tous en commun un vrai potentiel et aussi, je pense, une belle marge de progression, ce qui me parait être une bonne nouvelle.
Comme je le disais précédemment, les quatre de Daisybox ont des talents de mélodiste évident. Autre détail qui n'en est pas un, l'album a été produit en Angleterre par Daniel Presley, aussi producteur des Breeders, de Dyonisos ou de Faith No More, entre autres. Résultat des courses : une production parfaite, un son puissant et clair qui soutient parfaitement les compositions du groupe. Au moins, Daisybox échappera au sort qu'ont déjà du subir certains premiers albums d'autres groupes français, muselés, voire même diminués par une production bas de gamme. Là, c'est tout le contraire, c'est sérieux, et du coup " Organic " peut prendre son envol. Je le répète, on prend un vrai plaisir à écouter ce disque et surtout, on se prend à rêver de ce que pourrait être le paysage musical en France dans quelques années, avec des groupes de ce calibre là, arrivés à maturité.


Pour plus d'nformations, leur site officiel :
www.daisybox.com





Turin Brakes : Ether Song

Titres

Blue Hour
Average Man
Long Distance
Self Help
Falling Down
Stone Thrown
Clear Blue Air
Pain Killer (Summer Rain)
Full Of Stars
Panic Attack
Little Brother
Rain City



On peut dire que j'attendais ce deuxième album des Turin Brakes avec autant de curiosité que d'impatience. En effet, j'étais totalement tombé sous le charme de " The Optimist Lp ", leur premier disque. Album portant d'ailleurs magnifiquement son nom, leurs chansons respirant l'optimisme et la joie simple d'être là, en train de réaliser un rêve d'enfant. J'avais succombé à la Pop matinée de Folk de ces deux gamins anglais. Mais comme toujours dans ces cas là, lorsqu'on a beaucoup aimé la première œuvre d'un artiste, on espère qu'une chose : qu'il soit capable de renouveler l'exploit, de nous éblouir encore une fois, sans pour autant nous resservir le même plat. En un mot, les Turin Brakes avaient ils encore en eux suffisamment de rêves inassouvis pour nous écrire un deuxième album digne du premier ? A ma grande joie, la réponse est oui.
Pour ceux qui auraient raté un épisode, le premier disque de ce duo est sorti en 2001. A l'origine, on trouve deux copains d'école qui ont pour noms Olly Knights et Gale Paridjanian, tous deux guitaristes et chanteurs. Leur groupe s'appellera Turin Brakes, nom assez étrange (Freins de Turin ?). Une des versions qui circule sur le nom du groupe serait que l'un des deux, roulant fréquemment en Fiat, collectionnerai les freins de ses voitures. Allez savoir… Mais le plus intéressant chez eux, et vous vous en doutiez, c'est bien évidemment leur musique. Une musique essentiellement acoustique, à base de guitares et d'harmonies vocales haut de gamme. En effet, ce qui séduit chez eux, dès la première écoute, ce sont les mélodies ciselées et surtout l'union de leurs deux voix. Un vrai régal. Ces deux gamins ont des voix magnifiques qui s'accordent parfaitement.
Tout comme pour le premier album, " Ether Song " (joli titre et jolie pochette aussi, d'ailleurs) est donc une suite de chansons acoustiques au style un peu Folk, au tempo calme et aux mélodies limpides. La (petite) nouveauté par rapport au premier disque est l'emploi très parcimonieux de quelques samples et claviers, mais tellement discrets et bien intégrés qu'on les distingue à peine. Pour le reste, on retrouve les Turin Brakes tels qu'on les a aimé. Pas d'évolution majeure, ni dans le son, ni dans le style musical. Je crois qu'ils ont trouvé leur propre style et leur voie musicale.
Le disque commence par un éclat de rire et des samples, puis arrive les guitares et les voix sur " Blue Hour " et on sait déjà que le charme opérera de nouveau. " Average Man " et " Long Distance ", les deux morceaux suivants enfoncent le clou, et c'est parti pour une nouvelle belle ballade acoustique au pays des Turin Brakes. C'est tout aussi beau et agréable que sur le premier album. " Pain Killer ", le morceau choisi comme premier single, est sûrement un de ceux qui rappellent le plus le style du premier album. Superbes harmonies vocales, mélodie évidente, et le tour est joué, on adhère immédiatement.
Les Turin Brakes nous livrent donc un deuxième album digne de son prédécesseur. Je suis également persuadé de l'écouter encore avec le même plaisir dans quelques années, comme c'est encore le cas pour " The Optimist Lp ".


Pour plus d'nformations, leur site officiel :
www.turinbrakes.com




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