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8 janvier 2007



Loreena McKennitt : An Ancient Muse


Titres

Incantation
The Gates Of Istanbul
Caravanserai
The English Ladye And The Knight
Kecharitomene
Penelope's Song
Sacred Shabbat
Beneath A Phrygian Sky
Never-Ending Road (Amhran Duit)


Neuf ans sont passés depuis le sublime The Book Of Secrets. Neufs années sans nouvelles discographiques de Loreena McKennitt, à se demander ce qu’elle pouvait bien devenir. Finalement, aujourd’hui on le sait. Elle a passé presque toutes ces années à se relever du décès de son mari et à essayer de retrouver le goût de la musique.

Aujourd’hui, Loreena McKennitt est enfin de retour et c’est une double bonne nouvelle. D’abord parce qu’elle a repris le dessus sur la vie et ensuite parce que ce disque est une belle réussite. Tous ceux qui ont aimés The Book Of Secrets aimeront forcément An Ancient Muse. On pourrait même leur trouver une trop grande ressemblance. Et pourtant, les thèmes et les sonorités sont assez différents. Autant le précédent album explorait la musique celte et médiévale, autant celui là est une porte ouverte vers l’orient. Il nous ramène à une période où l’orient et l’occident savaient encore apprendre l’un de l’autre et où chacun pouvait apporter sa pierre à l’édifice. Ce nouvel album est à la croisée de ces deux mondes et mêle les influences.

Dès les premières notes, on reconnaît la musique de la canadienne, mais une autre référence s’impose aussi rapidement. On a aussi un peu l’impression d’écouter Dead Can Dance. L’ajout d’instruments et de thèmes orientaux élargit la palette et donne de nouvelles couleurs aux chansons de Loreena McKennitt mais ça la rapproche aussi de l’univers de Lisa Gerrard. Pourtant, une chose différenciera toujours ces deux talents incontournables. Autant Lisa Gerrard a toujours cultivé un ton assez cérébral et technique dans sa musique, autant Loreena McKennitt a toujours privilégié le « beau ». L’une a choisi la pureté pour retrouver l’émotion brute, l’autre a toujours semblé rechercher le charme avant tout. Finalement, l’essentiel n’a pas changé en neuf ans de silence. Le monde musical de Loreena Mc Kennitt est toujours aussi chatoyant et immédiatement complice. Cette musique là a le pouvoir assez étonnant de rentrer dans notre intimité dès la première écoute. Ce voyage intérieur à travers les cultures et les siècles, c’est finalement toute une partie de notre culture et de notre histoire avec un grand H.

Comme vous le devinez, The Book Of Secrets est pour moi un album important (The Mummer’s Dance est sûrement une des chansons les plus envoûtantes que je connaisse) et ce The Ancient Muse est une suite qui mérite qu’on s’y attarde. La voix est plus mystique que par le passé (ce qui la rapproche encore de Lisa Gerrard), mais elle est toujours aussi prenante. Il n’y qu’à écouter Incantation qui ouvre l’album pour avoir de nouveau la chair de poule, rien qu’en écoutant cette voix. Ensuite, les portes de l’Orient s’ouvrent et la fusion musicale avec l’Occident peut commencer. Ce qui donne des pièces maîtresses comme The Gates Of Istanbul ou Caravanserai. Ou encore le sublime instrumental Kecharitomene, sorte de rêve musical éveillé.

Avec The Ancient Muse, le dépaysement temporel est toujours aussi intense. On est dans un siècle différent, quelque part aux environs du moyen age, quand la magie et les fées existaient encore. Comme dans ce The English Ladye And The Knight aux chœurs intemporels où ce Penelope'S Song à la pureté immaculée.

Il est vrai aussi que sur certaines chansons, Loreena McKennit n’évite pas toujours le piège de la redite et que certains thèmes ont un petit air de déjà entendu, mais globalement, The Ancient Muse est un nouvel album où les charmes de Loreena McKennitt nous reviennent intacts. Une bonne nouvelle pour commencer l’année.


Pour plus d'nformations, le site officiel (avec une version en français) : www.quinlanroad.com


Bonobo : Days To Come

Titres

Intro
Days to Come
Between the Lines
Fever
Ketto
Nightlite
Transmission 94 (Parts 1 & 2)
On Your Mark
If You Stayed Over
Walk in the Sky
Recurring


Il m’arrive de temps en temps d’arriver après la bataille ou de finir par découvrir des albums ou des groupes que tout le monde semble connaître depuis longtemps. A ma grande honte. Et c’est justement le cas avec ce Days To Come de Bonobo.

Evidemment j’avais déjà entendu quelques morceaux de Bonobo par ci par là, mais sans y prêter plus d’attention que ça. Pour moi, un bonobo était plus un singe qui passe la majorité de son temps à copuler (je sais ça en rend jaloux certains), mais pas vraiment un groupe. Et d’ailleurs, finalement, Bonobo n’est pas un groupe. C’est le nom/pseudo que s’est choisi un homme appelé Simon Green pour œuvrer tranquillement en solo. Et le moins qu’on puise dire, c’est que le bonhomme ne manque pas d’idées. J’ai forcément du mal à  comparer ce disque avec les précédents, mais celui là me convient plus que bien. J’ai lu que Days To Come était un peu différent des autres, grâce à l’apport d’une voix féminine sur la moitié des titres. Celle de Bajka, chanteuse que je découvre aussi par l’intermédiaire de ce disque.

Et cette voix là a suffisamment de personnalité pour retenir l’attention. Charnelle, suave, profonde, elle donne des couleurs puissamment féminine à une musique déjà  très expressive par elle même. Le timbre gorgé de soul de Bajka s’accorde d’ailleurs parfaitement avec les digressions musicales assez jazzy de Bonobo, comme sur le bien nommé Walk in the Sky.

Mais même si cette voix apporte beaucoup, la musique de Simon Green sait aussi se suffire à elle-même. Une musique pas vraiment évidente à cataloguer en quelques mots. On peut la situer quelque part du côté du Trip Hop pour les rythmiques et les sons caressants. Parfois même de l’Ambiant pour les passages les plus reposés. Elle côtoie aussi un Jazz assez contemplatif et zen et utilise des instruments (ou des samples) assez exotiques ou en tout cas pas vraiment habituels dans la musique d’aujourd’hui. Sur le génial Between The Lines, on a d’ailleurs bien du mal à reconnaître les instruments qui ont servis à créer cette rythmique et cette basse  (violoncelle trituré, saxo bidouillé ?). Le seul son reconnaissable est celui d’une flûte assez hallucinée. Et la voix de Bajka qui vient habiller tout ça d’une bonne dose de sensualité. Un peu à la manière de Portishead. Et si on a autant de mal à comparer Bonobo à quelqu’un d’autre, c’est peut être bien parce qu’il ne ressemble finalement qu’à lui-même et que cet art du collage étonnant n’appartient qu’à lui. Prenez Ketto, c’est clairement délicieux. On identifie des bribes de sons, des séquences, ça rappelle des choses qui disparaissent ensuite de notre esprit aussi vite que peuvent éclater des bulles de savon. Alors à quoi bon se prendre la tête à trouver des étiquettes, alors qu’il suffit de fermer les yeux et de profiter de la sérénité ambiante.

Finalement, Days To Come ressemble à un exercice de style bourré d'inventivité et qui s’imposerait à tous les publics tellement sa beauté et sa grâce sont évidents. Je crois que je n’ai pas fini d’écouter des titres comme le soyeux Nightlite ou ce Transmission 94 (Parts 1 & 2) qui commence par onduler pour se terminer dans une sorte de plénitude parfaite. Loin de l’Electro, loin du Rock, loin de la Pop, loin du Jazz, quelque part dans une sorte de paradis musical où tous les genres musicaux n’en formeraient plus qu’un. Indispensable.


Pour plus d'nformations, Jarvis Cocker sur Myspace :
www.bonobomusic.com


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