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6 septembre 2004


Une rentrée 100 % française, avec deux premiers albums pour deux nouveaux groupes aussi prometteurs l'un que l'autre, Exsonvaldes pour le côté Pop et Déportivo pour le versant Rock.




Exsonvaldes : Time We Spent Together



Titres

I Don't Want To Drive
Going Away
Time Goes By
Latest
Do You Know What It's Like?
All along
Time We Spent Together
All I Have
Your Pictures
Sometime You Don't Understand
Some Stay
Ever Again


Ce nom là vous rappelle forcément quelque chose. Pas forcément quelque chose d’agréable et sûrement rien en rapport avec la musique. Et pourtant, Exsonvaldes est aussi un groupe. Et qui n’a rien à voir ni avec la marine, ni avec le pétrole, ni avec le bateau de sinistre mémoire. Et encore moins avec les marées noires.
Si marée il y a, elle n’a rien de noir, ni rien de sinistre. Au contraire, la musique des français d’Exsonvaldes fleure bon le printemps et les premiers rayons du soleil, encore pales mais tellement attendus. Ce groupe là dégage cette sorte d’optimisme et cette même belle lumière que les belges de Girls In Hawaii il y a quelques mois. Les deux groupes sont apparemment copains, ce qui parait plus qu’évident à l’écoute de leurs albums respectifs. Pour résumer, je crois pouvoir dire que ceux qui ont aimé le disque de nos excellents belge aimeront forcément Exsonvaldes. La filiation est évidente, leurs influences communes aussi. De Radiohead en passant par tout un pan de la Pop mélodique anglaise façon Coldplay, on est ici en terrain connu. Mais comme leurs cousins Girls In Hawaii, ils ont déjà une personnalité suffisamment affirmée et les reins assez solides pour se démarquer suffisamment de leurs aînés et pour pouvoir exister en tant que tel. Ils ont en plus ce petit je ne sais quoi de continental qui fait la différence. Un truc indéfinissable que les groupes anglais n’auront jamais. Est ce un peu plus de simplicité, moins de morgue et de suffisance ? Est-ce plus de délicatesse et de spontanéité et moins de grosse ficelles et de recettes éprouvées ? Sûrement un mélange d’un peu tout ça.
En tout cas, Time We Spent Together laisse une belle impression. Jamais on n’a l’impression d’écouter un groupe qui en est à son premier essai. On n’a jamais non plus l’impression d’écouter un groupe français. Ca peut être un avantage ou un inconvénient. Ceux qui ne supportent pas les français qui chantent en anglais peuvent dès maintenant passer leur chemin, pour tous les autres Exsonvaldes est une belle perle à découvrir d’urgence.
L’une des qualités marquantes d’Exsonvaldes tient dans sa faculté à écrire de bonnes chansons d’abord, mais surtout à les inclure dans un univers déjà très personnel. Leur son, comme l’ensemble de leurs morceaux forment un tout dans lequel on navigue au grès des humeurs de leurs compositeurs. On passe tantôt sous la force d’une vague, tantôt on se laisse soulever et emporter par une autre, mais quelle que soit la hauteur ou la puissance, l’eau a toujours cette même belle couleur bleu rassurante et on s’y sent bien. Alors forcément, on ferme les yeux et on se laisse aller. Et jamais on ne le regrette tellement le plaisir est grand. Passez par les cases Going Away, All Along et All I Have, magnifiques popsongs kaléidoscopiques, passez ensuite par l’aérien Time Goes By, essayez ensuite d’entrer dans le faux calme (comme on dit un faux plat) du magnifique Do You Know What It’s Like, tentez ensuite les eaux plus calmes et un peu moins claires de Time we spent together et Some stay, pas très éloignées d’un Post Rock à la Godspeed.
Je peux vous assurer que le jeu en vaut la chandelle et que le voyage mérite largement le détour. C’est bien simple, dans Time We Spent Together, on ne ressent aucun temps mort, on ne s’ennuie pas une seconde et jamais on ne sent cette désagréable impression de remplissage qui gâche parfois le plaisir. Exsonvaldes est déjà une des belles révélations françaises de l’année. Leur Pop mélancolique et élégante n’a pas finie de nous éblouir. Et sa belle lumière risque fort de nous éclairer  un bon moment encore.


Pour plus d'nformations, le site officiel :
www.exsonvaldes.net




Déportivo : Parmi Eux

Titres

1000 Moi-Même
Parmi Eux
Queen Of Universe
Sur Le Moment
Mémoire
L’Immobilité
Alambiqué
La Salade
Wait A Little While
A L'avance
Roma
Paratonnerre



Avec certains disques, on est dans l’évidence. Et si il y a un truc évident avec Déportivo, c’est l’urgence. L’urgence de jouer, de crier, de hurler, d’éjecter toute cette énergie au plus vite. Et sur une galette au format CD si possible. Parmi Eux ressemble à ça, à une décharge d’énergie brute qui ne pouvait pas attendre sous peine de trop plein, d’excès de pression accumulée. Fallait que ça sorte. C’est fait. Ca tient tout entier en 12 chansons et même pas 30 minutes. Aucune chanson ne dépasse les 3 minutes. Ca ne vous rappelle pas le format supersonique des premiers disques Punk ?
Mais l’énergie et l’urgence n’ont jamais suffit à faire un bon disque. Ca peut éventuellement servir à masquer certaines carences, mais c’est tout. Pour que ça marche, il faut plus que ça. La bonne surprise, c’est qu’avec Déportivo, on a tiré le gros lot. Derrière cette façade forcément attirante, parce que devenue rare chez les groupes de chez nous, se cachent aussi de belles fondations. Ce trio là sait accoucher de petites pépites urgentes et ciselées. Les groupes dans ce genre sont assez rares par ici. Depuis la fin de Noir Désir, on rêve d’un futur Rock français qui pourrait avoir suffisamment de race et de tripes pour continuer à être crédible. Avec Déportivo, on tient tout ça d’un seul coup. Dans le sillage des prometteurs albums de Luke, Eiffel Kaolin ou Elista, on commence à entrevoir un bel avenir à cette musique là. Dans le genre Rock qui n’a plus honte de dire son nom, Déportivo s’affiche d’emblée au rayon des plus agités. Parmi Eux regorge de petites comptines compressées et speedées à souhait. Et comme en plus leurs textes sont du genre pas bêtes, tendance rentre-dedans et plutôt bien tournés, on prend un plaisir instantané à goûter à cet album là. La descendance des glorieux aînés à l’air d’être assurée. Avec juste ce qu’il faut de flamboyance pour continuer à nous plaire.
On pense bien évidemment à Noir Désir pour la tension palpable de certaines chansons et les textes (1000 Moi-même, Parmi Eux, l’Immobilité notamment), à Nirvana dans les chansons en anglais ou même aux Pixies dans un exercice de style appelé A l’Avance. On les trouvera aussi musicalement et vocalement très proches de Luke (La Salade, Roma).
Finalement, ce qui me fait le plus plaisir avec ce groupe là, c’est peut être le fait de constater qu’on peut encore compter sur un Rock français qui a de la gueule, parfois même (mais plus rarement) une grande gueule. En un mot, un Rock à écouter fort et à brailler en concert, un Rock débraillé qui sent encore la sueur et qui tient pourtant bien la route. Finalement la retraite forcée de Noir Désir va peut être avoir du bon en permettant de voir enfin la forêt qui était cachée par un seul gros arbre. Aujourd’hui, certains groupes sont capables de sortir du bois. Si Noir Désir était l’arbre qui cachait la forêt, ce qui existait derrière a l’air franchement vert, plein de sève et en pleine forme. Et si Déportivo préfigure le futur du Rock en français, on ne  peut que se réjouir.


Pour plus d'informations, le site officiel :
deportivo-legroupe



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