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5 avril 2004


C'est une semaine de retrouvailles pour moi. Je redécouvre que Clan Of Xymox existe encore et continue à faire de bons disques, et que The Church continue imperturbablement sur la voie personnelle qu'ils se sont tracés.




Clan Of Xymox : Farewell

Titres

Farewell
Cold Damp Day
There's No Tomorrow
Dark Mood
One More Time
Into Extremes
It's Not Enough
Courageous
Losing My Head
Skindeep


Il y a quelques temps, je discutais musique avec un vieux copain et on se remémorait les groupes qu’ont avait aimés et qu’on avait fini par oublier ou qui avaient finis par disparaître dans la nature. L’un d’entre eux s’appelait Clan Of Xymox. Groupe hollandais que j’avais adoré le temps de deux albums et quelques EP’s aussi noirs qu’harmonieux, puis que j’avais doucement mais sûrement oublié suite à une production qui m’avait paru moins intéressante. Alors, comme d’habitude dans ces cas là, j’appelle mon pote Google et lui demande des nouvelles de ce bon vieux groupe. Et là, bonne surprise, le groupe existe toujours. Mieux, il n’a jamais arrêté d’enregistrer. Et en 2003 est même sorti Farewell, leur n-ième album. Le temps de le trouver (pas facile d’ailleurs) et le voilà dans le lecteur. Et là, dès les premières notes, c’est un flot de souvenir qui refait surface. Je n’ai pas vu ma tête à ce moment là, mais je devais avoir un sourire béat. Le son a changé, il est forcément plus up to date. L’électronique a largement pris le dessus sur les guitares, le son a pris pas mal de volume et la couleur dominante est devenue plus sombre, mais l’essentiel est bien là. L’âme du groupe existe encore. Cette sombre mélancolie qui me plaisait tant, ce style si magnifiquement gothique, sont toujours présents. Et dès la première écoute, la magie opère à nouveau, comme aux meilleurs jours de ce groupe si particulier.
Je ne peux que regretter d’avoir été infidèle et de les avoir mis de côté. Tant pis pour moi. Plus qu’à me rattraper aujourd’hui en essayant de trouver les albums qui me manquent. Et aussi en essayant de vous les faire découvrir et aimer. Leur histoire commence en 1985 (oui, je discutais avec un vieux copain…) avec ce que je considère comme un des chefs d’œuvre de cette sorte de Cold Wave matinée de Gothique qui a vue le jour à cette époque, le somptueux album simplement nommé Clan Of Xymox. Album sorti sur le petit label 4-AD, que je chérissais tout particulièrement pour héberger et aider à exister des gens comme les Cocteau Twins, Dead Can Dance et surtout les Pixies. Clan Of Xymox (aussi connu par période sous le nom raccourci de Xymox) a fait partie de cette écurie là. A cette époque, un peu comme aujourd’hui d’ailleurs, leur musique reposait sur la juxtaposition de rythmiques sèches et sombres et de guitares cristallines. Le chant lui aussi très grave et profond de Ronny Moorings finissait de donner au groupe ce côté sombre et mélancolique. Alors quand je vois le retour en grâce de Gary Numan à qui le style de Clan Of Xymox doit une part de ses origines, je me dis que leur tour pourrait peut être venir.
Aujourd’hui, leur musique est devenue presque exclusivement électronique. Ne restent que quelques échos de guitares par ci par là. Mais l’important n’était pas dans ce genre de détail, puisque le groupe est resté immédiatement identifiable. L’âme est bien restée la même. Alors, après deux morceaux très Electro tendance dure et sombre, avec There's No Tomorrow on retrouve une chanson qui ressemble fortement aux sonorités de leurs débuts, en plus dur tout de même. En fait, ce qui a le plus changé, c’est l’épaisseur qu’a pris leur son. Les sons sont plus secs, plus industriels que par le passé. Pas encore Hard Techno, mais pas loin par moment. A l’écoute de ce nouvel album, notamment un morceau comme Dark Moon, je me rends compte à quel point ils ont pu être influencés par Gary Numan. On trouve aussi dans leur musique pas mal de points communs avec VAST, chroniqué ici récemment, qui pourrait bien être le futur de ce style musical. En un mot, que du bon.
Après One More Time et Into Extremes aux réminiscences très Sisters Of Mercy, on retrouve avec It’s Not Enough l’archétype de la chanson type de Clan Of Xymox, mélange idéal entre Electro et Cold Wave. Idem pour One More Time qui a vraiment le pouvoir de nous faire voyager dans le temps. L’autre qualité de cet album est qu’il est très varié. Entre Courageous, puissamment Indus, Losing My Head, froid et mélancolique comme au bon vieux temps et l’insidieux Skindeep, aucun point commun, à part le style inimitable du groupe, intact et égal à lui même.
Retrouver Clan Of Xymox au mieux de sa forme après autant d’années est pour moi un immense plaisir. Mais à les écouter, je suis aussi persuadé que leur musique a gardé ce même vénéneux pouvoir de séduction qu’elle avait auparavant. Et je suis encore plus persuadé que ceux qui aiment aujourd’hui la musique de VAST ou Gary Numan ne peuvent que craquer pour ce groupe qui a participé à l’invention de ce genre musical.


Pour plus d'nformations, le site officiel :
www.clanofxymox.com




The Church : Forget Yourself

Titres

Sealine
Song In Space
The Theatre And Its Double
Telepath
See Your Lights
Lay Low
Maya
Appalatia
June
Don't You Fall
I Kept Everything
Nothing Seeker
Reversal
Summer




Eux aussi pourraient bien faire partie des groupes que j’ai parfois un peu laissé de côté ces dernières années. Mais je ne les ai jamais vraiment perdus de vue, ni jamais vraiment abandonnés. The Church a toujours fait partie de cette sorte de groupes qui n’est pas vraiment indispensable dans une discothèque, mais qui a pourtant tendance à l’anoblir. Voilà un groupe qui n’en a toujours fait qu’à sa tête, se foutant royalement des modes et de sa propre renommée. En gros, The Church fait la même musique depuis ses débuts qui remontent déjà à un bon moment et un bon paquet d’albums. Mais voilà, il y a chez eux un je ne sais quoi qui me plaît, qui les différencie des autres et me les rend plus sympathiques que la moyenne. Je ne saurais même pas dire quoi. En fait, leur musique est totalement intemporelle. Elle aurait pu naître à peu près n’importe quand ces 30 dernières années. Entre le somptueux Starfish, à mon sens leur meilleur à ce jour (sorti en 1988) et cet album, rien n’a fondamentalement changé. C’est toujours la même musique aérienne et contemplative. Steve Kilbey a toujours cette même voix amicale et détachée. Ce qui fait que j’apprécie ce groupe, c’est peut être justement parce qu’ils ne se sont jamais préoccupés des modes ou de ce que les médias pensaient d’eux. De toute façon, les médias ne les ont jamais aidés, The Church n’a jamais été à la mode, ce qui ne les a pas empêchés d’avoir une carrière longue et fructueuse. Comme pas mal d’autres, leur carrière s’est bâtie sur le bouche et oreille et la fidélité de leurs auditeurs. Il n’y a rien de plus solide que ça.
Pour ceux qui ne les connaîtraient pas encore, ces australiens produisent une musique belle et assez contemplative. On peut écouter n’importe lequel de leurs albums les yeux fermés et avoir toujours le même sourire de plaisir. Leur musique est aussi mélodique qu’apaisante. Il y a chez eux cette sorte d’atmosphère sereine, où tout a l’air de se passer calmement, comme au ralenti. Il y a aussi ces échos lointains qu’on ne rencontre que dans les églises, comme leur nom l’indique. Il n’y a rien de religieux chez eux, juste cette sérénité. En gros, c’est une sorte d’anti-stress et écouter leur musique quand on a pas la pêche est un vrai antidote. Forget Yourself n’échappe pas à la règle. Il y a dans leur Pop quasi planante une magie du style Grandaddy. Leurs styles musicaux respectifs n’ont pas grand chose à voir, mais l’effet produit est le même : une sorte d’agréable béatitude. En fait, la musique de The Church est d’un d’aspect assez monocorde au premier abord, composée de petites touches sonores qui mises bout à bout forment de beaux albums. Leur musique est apparemment très facile d’accès, mais nécessite un minimum d’effort pour vraiment entrer dans l’ambiance et en profiter pleinement.
Et Forget Yourself, comme ses prédécesseurs, demande ce petit plus d’attention pour être vraiment découvert et apprécié à sa juste valeur, malgré les apparences d’un premier morceau comme Sealine, facilement pop et immédiatement adopté. Dès Song In Space, on est dans l’ambiance du groupe, faite de chansons que je qualifierais « d’atmosphèriques », à quelques rares exceptions près (les plutôt remuants See Your Lights et Nothing Seeker). Une sorte de Pop feutrée ou chaque nuance, chaque variation a son importance. Et toujours ce volume sonore dédoublé d’échos et de réverbérations qui donne l’impression d’être dans un endroit immense. Pour preuve, l’excellent morceau Telepath, qui mêle une fois encore chanson Pop d’apparence facile sur une trame planante unique. C’est vraiment beau. Tout comme Maya, autre belle mélodie aussi simple que renversante.
Un album de The Church est toujours à prendre dans son ensemble. Ce groupe là ne sait pas faire de single. Il n’a même jamais essayé de jouer à ça. Il sait faire des albums, des recueils de chansons qui forment un tout. Bien sûr, il y a des chansons qui sortent du lot (June ou Don’t You Fall notamment), des morceaux qu’on préfère aux autres, mais c’est bien d’un album dont je parle ici. L’album d’un groupe quasi inconnu chez nous depuis deux décennies, mais qui mérite vraiment qu’on s’y attarde un peu.


Pour plus d'nformations, le site officiel :
www.thechurchband.com



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