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5 février 2007



The Good The Bad And The Queen : The Good The Bad And The Queen


Titres

History Song
80'S Life
Northern Whale
Kingdom Of Doom
Herculean
Behind The Sun
The Bunting Song
Nature Springs
A Soldier'S Tale
Three Changes
Green Fields
The Good, The Bad & The Queen


Ce que j’aime chez Damon Albarn, c’est qu’il n’est jamais là où on l’attend. Qu’il ne fait jamais ce qu’on attend de lui. Déjà à l’époque de Blur, quand on opposait les gentils chantres de la Britpop aux affreux chancres Rock d’Oasis (toujours cette obsession bien anglaise de l’opposition Stones / Beatles), Damon Albarn avait commencé à casser son jouet, à aller voir ailleurs. Il a bourlingué un peu partout, joué avec des musiciens africains, orientaux. On l’attendait poseur un peu vide, il s’est révélé musicien curieux et attachant. Et puis, sans qu’on le sente venir, il y a eu l’épisode Gorillaz, association aussi improbable que magistrale entre des gens qu’on n’imaginait pas travailler ensemble. Bien caché derrière son personnage de cartoon, Damon Albarn a créé une des musiques les plus passionnantes et inventives des dix dernières années.

Aujourd’hui, on n’a pas le même effet de surprise. The Good The Bad And The Queen, le nouveau projet musical de Damon Albarn a été annoncé à grand renfort de pub. Annoncé comme le super groupe anglais de la décennie. Par expérience, on sait que ce genre de cohabitation de fortes personnalités musicales accouche souvent de pas grand-chose. Mais là, il faut avouer que le pédigrée des membres de The Good The Bad And The Queen attire l’attention : Damon Albarn au chant et claviers (ex Blur et Gorillaz), Paul Simonon à la basse (ex Clash), Simon Tong à la guitare (ex The Verve) et Tony Allen à la batterie (Fela Kuti). Ca a quand même de la gueule et ça promet forcément beaucoup.

Cette fois ci, Damon Albarn a en tête de nous faire un album entièrement londonien, tout entier centré sur sa ville chérie telle qu’il la voit aujourd’hui. Une sorte de disque témoin de son époque. Un peu dans l’esprit du London Calling des Clash en son temps (c’est lui qui le dit). But louable, mais sacré Everest quand même. Et quand on écoute, la première idée qui vient à l’esprit, c’est que les fans de Blur, et plus encore les admirateurs de Gorillaz risquent fort de tomber de haut. Parce qu’encore une fois Damon Albarn n’est pas là où on pouvait l’attendre et il ne fait pas non plus ce qu’on avait prévu. Ce The Good, The Bad And The Queen est tout sauf une expérience musicale nouvelle. Aucune expérimentation ici, aucune surprise musicale. Bien au contraire, on est bercé par des mélodies et des sons qui pourraient avoir été créés il y a 20 ou 30 ans. Le voyage que Damon Albarn nous propose aujourd’hui se fera lentement, au grés de chansons mid tempo, voire même carrément paresseuses (80’s Life, Northern Whale). Ce n’est pas du tout désagréable. Se laisser envahir par la douceurs de ces chansons là peut même être assez délicieux par instant (History Song, Kingdom Of Doom, la belle ballade Green Fields, l’excellent Herculean et ma préférée Nature Springs, sorte de Trip Hop langoureux), mais il reste comme un petit arrière goût d’inachevé. On a beau reconnaitre par instant le style si caractéristique de Paul Simonon, toujours à la limite du Dub, on a beau apprécier la voix caressante de Damon Albarn et rester assez admiratif devant le travail tout en finesse de Tony Allen derrière ses futs, on a surtout la vague impression que ça aurait pu être mieux, que cette ballade dans Londres est un peu paresseuse.

Une impression finale un peu mitigée donc, entre satisfaction d’écouter un disque fort acceptable en soit, mais un peu juste compte tenu de ce qu’on était en droit d’attendre de ces quatre musiciens là.


Pour plus d'nformations, le site officiel : www.thegoodthebadandthequeen.com


The Holloways : So This Is Great Britain ?

Titres

So This Is Great Britain
Generator
Dancefloor
Fit For A Fortnight
Two Left Feet
Reinvent Myself
Most Lonely Face
Malcontented One
Happiness And Penniless
What's The Difference
Diamonds And Pearls
Nothing For The Kids
Fuck Ups


Depuis la séparation des Libertines, l’Angleterre a bien du mal à se trouver un autre porte étendard de cette sorte de Rock à l’esprit Punk. Il y aurait bien les Babyshambles, mais le problème avec Pete Doherty, c’est qu’il passe plus de temps à se bousiller la vie en jouant au Punk qu’à faire de bonnes chansons. Nous, on rêverait juste de l’inverse. Il y aurait bien les Arctic Monkeys, mais là, vous savez déjà ce que j’en pense. Deux ou trois morceaux, c’est sympa. Un album entier, je trouve ça fatigant. Alors, quand je vois que certains sont capables de l’élire meilleur album de l’année….

Mais, dans le rôle de la relève de la garnison qui n’en peut plus d’attendre qu’on vienne la remplacer, il y a les Holloways. Attention, soyons clair tout de suite : ils ne remplacement jamais les Libertines dans les cœurs de tous les amateurs de Rock branleur, mais ils pourraient fort bien se faire leur petite place quand même. Ces gamins là n’ont peut être pas encore les épaules pour viser très haut, mais leurs chansons sont plutôt réjouissantes et suffisamment bien foutus pour vous faire remuer la tête et taper des pieds. Et ça avec le sourire qui va avec, sans aucun supplément de prix. Parce que l’autre grosse différence entre les Holloways et certains combos du même tonneau, c’est que ceux là ne semblent pas se prendre au sérieux et balancent leurs hymnes Punk à la face du monde avec l’air de ne pas y toucher. Et ça fait une grande différence quand on les écoute. Ici, on sent clairement la joie de jouer et le plaisir d’être ensemble pour faire du bruit avec des instruments.

En plus de faire du bruit sur des rythmes sautillants comme je les aime, ils n’ont pas oubliés d’écrire des chansons. Et ça aussi, ça a son importance, même quand on a choisi de faire ce genre de Rock où l’énergie prend souvent le dessus sur tout le reste (en tous cas chez les plus mauvais qui n’ont que ça à vendre. Non je ne citerai pas de nom). Ma préférée s’appelle Two Left Feet, irrésistible avec son petit violon qui vient vous titiller les mollets. Tout comme Reinvent Myself, dans un style plus classique (plus Libertines si vous préférez). Ca respire la joie, sans autre prétention. Les Holloways mélangent tout ce qui leur passe par la tête (à condition que ça pétarade suffisamment) et inventent des petites chansons aussi fédératrices que Dancefloor et ses cœurs presque sucrés, où Generator, sorte de marmite en fusion où mijoterait des morceaux de Clash, Talking Heads ou Red Guitars. Très réjouissant. Evidemment, on trouve aussi quelques maladresses et quelques titres un peu faiblards sur ce So This Is Great Britain, comme ce Most Lonely Face, tentative de ballade qu’on pourra aisément zapper. Mais finalement pas de quoi ternir un tableau qui donne un grand sourire et colore l’hiver avec de belles couleurs.


Pour plus d'nformations, le site officiel :
www.theholloways.tk


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