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2 octobre 2006


The Rapture : Pieces Of The People We Love


Titres

Dongon Do It
Pieces Of The People We Love
Get Myself Into It
First Gear
The Devil
Whoo ! Alright Yeah...Uh Huh
Calling Me
Down For So Long
The Sound
Live In Sunshine


Il y a trois ans de ça, sortait Echoes, porté par la rumeur et attendu par tout le monde comme le gros truc de 2003. Finalement, comme souvent il aura bien fallut se rendre à l’évidence, l’album de The Rapture était fort recommandable, mais pas historique. Heureusement pour eux, la qualité de leurs chansons les a sauvés d’un brutal retour de manivelle affectif. Finalement, on les aimait bien quand même. On aimait bien leur inventivité et leur fraicheur apparemment sincère, sans pose excessive.

Et trois ans après, les voilà de retour avec ce Pieces Of The People We Love au titre très révélateur. The Rapture revendique haut et fort ses sources d’inspiration musicales et il y a bien dans cet album des petits bouts de tous les gens qu’ils aiment. En vrac, on trouvera les Talking Heads, les Cure (pour la voix parfois), les B 52’s, les Happy Mondays, PIL et pas mal d’inspirations House ou même disco du côté des rythmiques. Et sur ce nouvel album, ils réussissent toujours aussi bien à concilier tout ça pour en faire une tambouille au goût sympathique. Ils réussissent même encore mieux que sur Echoes à maitriser cette alchimie entre danse et chansons. L’exemple le plus marquant est évidemment Get Myself Into It, single exemplaire qui tient presque du miracle tellement il est bon. The Rapture a fini par trouver son style propre et la conséquence est que Pieces Of The People We Love s’éparpille moins que son prédécesseur. C’est bien simple, pas une seule fois on se dit : tiens, ça sonne comme machin ou tiens, on dirait du bidule. C’est devenu du Rapture. Et la musique de The Rapture est avant tout faite pour nous faire danser. Ca en devient presque une obsession. Partout, la rythmique est là pour vous empêcher de rester assis. Et c’est carrément irrésistible.

Mais si une rythmique suffisait à nous empêcher de dormir, ça se saurait. Heureusement, dans Pieces Of The People We Love, on trouve aussi des hymnes à n’en plus finir. Des chansons dont on n’imagine pas se lasser. Ca explose de partout, ça éblouit au moins autant. Un vrai spectacle pyrotechnique. Et pourtant, le plus étonnant, c’est que ce résultat là est obtenu avec une économie de moyens extrême. Pour résumer, tout se résume au triptyque guitare / basse / batterie, additionné d’une électronique qui se fond dans le moule, mais la production (signée DFA) est tout simplement monumentale. Je ne saurais pas trop expliquer comment ils sont arrivés à ça, mais le volume et la précision sont étonnants. Imaginez que vous alliez à un concert et que le son soit à la fois énorme et précis comme une lame. Le truc qui n’arrive jamais en somme, puisqu’en général on a l’un ou l’autre, mais jamais les deux à la fois. Et bien là, c’est exactement cette impression qui se dégage. C’est à la fois colossal et limpide.

On trouve des chansons redoutables un peu partout dans ce CD, à commencer par Dong On Do It, avec sa basse lascive et sa guitare déchirée. Puis on trouve Get Myself Into It le single ultra efficace déjà évoqué plus haut, suivi d’un First Gear aux accents détonants. Et puis comme le groupe est en forme, il s’éclate et nous éclate sur le très Funk The Devil, juste suivi d’un Whoo ! Alright Yeah...Uh Huh dont la basse tueuse finira de traîner sur la piste de danse les derniers récalcitrants. Et on en est qu’à la moitié. Beaucoup seraient déjà content d’avoir autant de bonnes chansons sur un seul disque. Alors, comme si ça ne suffisait pas, The Rapture nous assène le coup de grâce avec une fin d’album implacable : Calling Me et sa rythmique lourde nous emmène du côté sombre, Down So Long nous fait la fête comme à la belle époque des Happy Mondays, le puissamment Rock The Sound nous retourne les sens, juste avant que le narcotique Live In Sunshine finisse de nous convaincre qu’on vient d’écouter un grand disque. Parce que finalement, si on met bout à bout la qualité des chansons, ce style maîtrisé, plus cette production en or massif, tout ça fait de Pieces Of The People We Love un album carrément irrésistible.


Pour plus d'nformations, le site officiel : www.therapturemusic.com




The Sleepy Jackson : Personality

Titres

You Needed More
Devil Was in My Yard
God Lead Your Soul
Work Alone
God Knows
I Understand What You Want But I Just Don't Agree
Miles Away
Higher Than Hell
Play a Little Bit for Love
Don't Say
You Won't Bring People Down in My Town
Dream On
How Was I Supposed to Know?


Luke Steele nous était tombé dessus sans prévenir avec un premier album imprévu et imprévisible. Un Lovers qui alliait audace et invention, avec la mélodie comme obsession permanente, pour finalement nous rafraichir les esprits comme peu d’autres CD cette année là. Tellement au dessus du lot qu’on pouvait légitimement se demander si le bonhomme serait capable de nous refaire le coup sur son deuxième opus.

L’écoute de Personality me met finalement un peu dans l’embarras. Parce que Luke Steele a fait comme beaucoup d’autres avant lui, il s’est embourgeoisé. Il a maintenant des moyens financiers qu’il n’avait pas à l’époque de l’enregistrement de Lovers. Et il s’en sert pour nous servir un album de chansons telles qu’il les rêve. Avec toujours cette maniaquerie pour les mélodies, mais avec aujourd’hui une surenchère de production et d’effets de manches qui risque d’en décourager plus d’un. Les chansons si délicates et rafraichissantes d’hier semblent aujourd’hui noyées sous des couches de cordes et de chœurs angéliques plutôt difficiles à digérer pour les estomacs sensibles.

Sur Personnality, Luke Steele n’y est pas allé avec le dos de la cuillère. On connaissait déjà l’audace et l’invention musicale de l’homme, on ne connaissait pas vraiment ses penchants pour la chantilly. On a même parfois l’impression de se trouver en pleine période disco, en train d’écouter les Bee Gees (Play A Little Bit For Love surtout) ou en train d’écouter la BO de la série « la croisière s’amuse » avec chœurs dégoulinants à l’appui (You Won't Bring People Down in My Town). Pas trop ma tasse de thé, alors évidemment je fais partie de ceux qui saturent vite à l’écoute de chansons dans ce registre là.

Mais pourtant, dans ce disque tout n’est pas aussi insupportable que ça, heureusement. On trouve toujours des chansons où la relative discrétion de la production laisse encore passer les éclairs des mélodies toujours aussi subtiles, comme les délicieux You Needed More ou Devil Was in My Yard d’ouverture ou ce Don’t Say qui nous rappellent la période bénie de Lovers. A mi parcours du CD, avec Miles Away, on a droit à une ballade simple et belle, comme pour faire une pause, une sorte de trou normand pour la digestion avant d’attaquer la suite. Et puis on trouve aussi quelques chansons tellement bonnes à la base, que malgré les kilos superflus, elles réussissent quand même à sortir du lot, comme ce God Knows très complice.

Après un festin pareil, après cette pluie de calories musicales, on a plus qu’une envie : se mettre au régime sec. Juste écouter quelque chose de simple et basique, le genre avec une guitare acoustique ou un piano solitaire.


Pour plus d'nformations, le site officiel : thesleepyjackson.com



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