2 juin 2008
Arman Méliès : Casino

Titres
Casino
En Nous La Vie
Amoureux Solitaires
Mille Fois Par Jour
Le Soupir Du Monde
Belem
Sur Ta Peau
Au Dehors
Papier Carbone
Diva
Pour être franc, je ne m'étais jamais
vraiment penché sur le cas Méliès avant de constater qu'il avait collaboré
au dernier et magnifique album d'Alain Bashung. J'avais entendu ici ou
là quelques chansons du bonhomme avec une première impression plutôt sympathique,
mais sans jamais prendre le temps de creuser plus. Et puis voilà que sort
Casino, le nouvel album d'Arman Méliès, alors que j'ai encore
en mémoire Tant De Nuits écrit pour Bashung. Finalement, je crois
que c'est le moment de voir un peu à quoi ressemble son univers.
Je crois que la première chose à
dire à propos de Casino, c'est qu'il possède un truc rare : le
charme immédiat. Dès les premières notes, on entre dans un monde à la
fois très personnel et très proche de nous. On sent dans la musique quelque
chose de nostalgique, quelque chose d'un peu triste, mais on sent surtout
cette recherche de beauté et d'harmonie. C'est particulièrement vrai sur
le premier titre, Casino, qui est une très belle ballade en apesanteur.
Tout l'album baigne dans cette ambiance là, qui donne l'impression de
vivre au ralenti et de baigner dans une douceur délicieuse. Vous vous
souvenez sûrement d'Amoureux Solitaires, la chanson de Pop synthétique
d'Elie et Jacno, popularisée par l'infâme Lio (argh, j'ai même du mal
à écrire son nom, mais ça c'est une autre histoire). Et bien, cette chanson
tellement connotée Pop 80's devient un délicat breuvage une fois passée
entre les mains d'Arman Méliès. Cette reprise là représente pour moi ce
que devrait toujours être une reprise : une base pour inventer autre chose
et surtout pas une copie scolaire et sans risque. A la première écoute
de cette version d'Amoureux Solitaires, on a même un doute. On
croit reconnaître les paroles, un peu la mélodie. Ca rappelle cette chanson,
mais c'est aussi tellement différent qu'on n'est pas sûr que ce soit ça.
Le résultat est franchement très beau.
Le monde dans lequel vit Arman Méliès
se situe juste quelque part entre ciel et terre. Entre le Grandaddy de
Sumday et les Cure de Disintegration. Un bien bel endroit
n'est ce pas. Un endroit où il vaut mieux fermer les yeux si on veut être
sûr d'en découvrir toutes les beautés. Parce qu'Arman Méliès sait comment
magnifier une mélodie, comment en tirer toute la quintessence. Le travail
de production est somptueux, les percussions sont fines et délicates,
les couches de synthés se superposent discrètement sans jamais envahir
tout l'espace, sans jamais se faire remarquer. Elles ne sont là que pour
aider les mélodies à prendre de l'altitude. Comme sur l'album de Bashung.
Quand on écoute Casino, on comprend mieux pourquoi Arman Méliès
a tapé dans l'oreille du maître. Ce travail tout en finesse mis au service
d'une voix caressante font de Casino un album délicieux. Un peu
comme pour un bon bouquin, on n'a pas envie de le voir se terminer, on
a envie que le charme continue à opérer. On n'a pas envie de retourner
dans le monde réel. Celui là est si beau. Je vous mets au défit de ne
pas fondre en écoutant Le Soupir Du Monde. Sa mélodie et ses effluves
de synthés vous transportent aussi loin que le meilleur Grandaddy. Il
y a aussi quelque chose de Dominique A. dans la musique d'Arman Méliès,
un je ne sais quoi dans les ambiances, dans la façon de traiter les chansons
(Sur Ta Peau). Quand à Papier Carbone, c'est une chanson
belle et profonde comme un amour désespéré. Quant à Diva, elle
permet à l'album de se clôturer sur un long instrumental de rêve, planant
et gracieux.
Armand Méliès possède une personnalité
aussi forte que rare et précieuse. Et au même titre que Bleu Pétrole,
Casino est un des grands albums français de l'année. Précipitez
vous, c'est un diamant.
Pour plus d'nformations, le site officiel :
www.armanmelies.com
Et la video de Casino :
ICI
Shout Out Louds : Our Ill Wills
Titres
Tonight I Have To Leave It
Your Parents' Living Room
You Are Dreaming
Suit Yourself
Blue Headlights
Impossible
Normandie
South America
Ill Wills
Time Left for Love
Meat Is Murder
Hard Rain
Voilà un groupe qui porte bien mal
son nom. Quand on l'entend, on aurait plutôt tendance à imaginer un Rock
chevelu plein de décibels partout ou au moins un chanteur hirsute et hurleur. Mais
finalement on ne trouve rien de tout ça chez Shout Out Louds. Comme quoi,
ça confirme qu'il ne faut jamais se fier à un nom ou encore moins à une
pochette de disque pour faire son choix. J'ai encore en mémoire quelques
grosses désillusions quand je me suis mis à écouter une musique dont l'emballage
m'avait emballé, justement… A défaut de bruit, ces suédois ont clairement
choisi le camp de la Pop légère et élégante.
En fait, cet album est assez ancien
(sorti mi 2007), mais n'a jamais été distribué en France et il vient à
peine de sortir aux Etats Unis. Comme d'habitude, on peut donc le trouver
en import chez les disquaires qui savent encore faire correctement leur
boulot. Ce qui se fait rare ces temps ci je trouve. Our Ill Wills
est l'exemple type du disque sur lequel je suis tombé par hasard, à force
de surfer d'un groupe à l'autre sur le net, via les liens amis et autres
relations. Si j'en parle aujourd'hui, vous vous doutez bien que j'ai accroché
à la musique de Shout Out Louds, mais pourtant j'ai hésité avant d'écrire
cette chronique. Parce que ce groupe là, comme tant d'autres, semble être
né d'un coup de foudre, d'une influence majeure. Le genre de bande de
copains qui se dit un jour, tiens si on faisait un groupe pour faire de
la musique comme Machin qu'on aime tant. En l'occurrence, Machin s'appelle
The Cure. Ecouter Tonight I Have To Leave It pour la première
fois, c'est un peu comme réécouter un remix du In Between Days
des Cure. Le coup de foudre de Shout Out Louds s'est apparemment produit
en écoutant l'album The Head On The Door de la bande à Robert
Smith. On peut trouver bien pire comme base de travail. En ce qui me concerne,
cet album est un de ceux qui compte le plus dans leur discographie, donc forcément
cette musique là a retenu mon attention.
Mais Shout Out Louds a aussi digéré
d'autres influences plus locales, puisqu'on y retrouve des points communs
avec d'autres groupes de Pop nordiques. Je pense notamment aux norvégiens
méconnus de Fra Lippo Lippi dont la Pop classieuse et épurée m'a longtemps
impressionné. Ils ont aussi cette faculté à inventer des mélodies pas
forcément toujours brillantes, mais toujours douces à l'oreille, toujours
immédiatement addictives. Et surtout ils savent d'instinct où se situe
la frontière entre Pop élégante et soupe vulgaire. Jamais ils ne tombent
du mauvais côté. Et puis il faut bien dire que cet album contient tout
un lot de jolies chansons Pop qui remuent en moi plein de bons souvenirs,
sans pour autant sonner comme un pillage de vieilles archives. Shout Out
Louds a suffisamment de talent pour dépasser ce stade là. Il n'y a qu'à
écouter les très efficaces You Are Dreaming et Time Left
For Love ou la jolie ballade Impossible pour en être convaincu.
Our Ill Wills
fait partie de la catégorie des albums qu'on se surprend à écouter bien
plus souvent qu'on le pensait au départ. Le genre de disque qui n'a rien
d'un coup de foudre, mais qui s'installe pour durer. C'est encore mieux.
Pour plus d'nformations, le site officiel :
www.shoutoutlouds.com
Et la video de Tonight I Have To Leave It :
ICI
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