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2 juin 2003


C'est le moment ou jamais de découvrir ou redécouvrir Tricky à travers son meilleur album à ce jour, mais c'est aussi le bon moment pour se réjouir de l'existence de groupes comme les Wampas.




Tricky : Vulnerable

Titres

Stay
Antimatter
Ice Pick
Car Crash
Dear God
How High
What Is Wrong
Hollow
Moody
Wait For God
Where I'm From
The Love Cats
Search, Search, Survive



Tricky n’est sans doute pas l’artiste le plus facile à cerner, ni le plus facile à suivre. Sa discographie ressemble à un labyrinthe musical, qui au grès des albums et suivant l’humeur, sait tantôt vous flatter, tantôt vous laisser en chemin, largué au milieu d’expérimentations auditives trop personnelles. Je dois avouer que je n’ai pas toujours réussi, ou eu envie, de le suivre. Mais aujourd’hui, le cas est très différent : autant le dire tout de suite, le dernier Tricky est énorme. Vulnerable est de loin son album le plus facile d’accès, mais c’est aussi, et surtout, un des meilleurs albums de cette première moitié d’année 2003.
Pour ceux qui ne connaîtraient pas encore Tricky, sachez qu’il a commencé à expérimenter la musique au sein de Massive Attack à leurs débuts et a contribué à créer le son de leur premier et légendaire album Blue Lines. Cet enfant de Bristol s’est très vite senti enfermé dans un schéma musical prédéfini et a préféré voler de ses propres ailes. Sa discographie prouve définitivement qu’il aurait de toute façon eu bien du mal à coexister avec d’autres dans le cadre restrictif d’un groupe. Son imagination débordante, tout comme son talent hors norme, ne supportent pas la cohabitation. Cet homme là est un artiste au sens noble du terme, il expérimente, tente, jette, essaye à nouveau, sans jamais s’imposer de barrière ni se préoccuper des conséquences. En un mot, lorsqu’il crée, il se contrefout de savoir si sa musique va se vendre, l’essentiel étant l’œuvre elle même. Cette race de créateur se fait de plus en plus rare. J’ai même parfois l’impression qu’elle est en voie de disparition. Son perfectionnisme poussé à l’extrême, tout comme ce don incomparable de créer des textures sonores hors norme, ainsi que ses talents de producteur, lui ont attiré les grâces de la majorité de ses contemporains musiciens dont beaucoup ont voulu travailler avec lui. Il a notamment coécrit et produit l’album Post de Björk, travaillé sur divers albums de Neneh Cherry, entre autres.
Mais aujourd’hui, je ne sais pour quelle raison, il a décidé de simplifier sa musique et de la rendre accessible à tous. On avait déjà senti cette nouvelle orientation à travers Blowback, son précédent album, Vulnerable ne fait qu’enfoncer le clou. Et de quelle manière ! Cet album contient pourtant les mêmes ingrédients que d’habitude : une musique complexe, des sons taillées avec le soin habituellement accordé aux diamants, le chant chuchoté de Tricky, toujours étrangement inquiétant. La nouveauté est l’apport au chant de la chanteuse italienne Costanza Francavilla. Finis les divers invités qui apparaissaient sur certains morceaux. Vulnerable est un album à deux voix, et c’est sûrement ce qui explique que ce disque soit plus facile d’accès que les précédents. Les morceaux sont beaucoup moins tordus qu’auparavant et surtout, ce sont devenus de vrais chansons. Antimatter est un single parfait pour entrer dans l’univers de Tricky, une chanson simple d’apparence, mais avec un fond sonore beaucoup plus complexe qu’il n’y paraît avec ses entrelacs de sons mêlés. Du travail d’orfèvre. Car Crash, tout en douceur, pourrait presque figurer dans un album de Morcheeba, Dear God est une ballade sur fond de guitare acoustique, mais avec toujours ces chuchotements de Tricky qui rendent l’ensemble un peu moins lisse. Avec How High, on passe dans un monde à l’opposé, avec se génial mélange de guitares métal et de machines. Mais dans cet album, il y a surtout Hollow, morceau qui prouve l’immense talent de Tricky pour créer une ambiance musicale monumentale avec presque rien, un soupçon d’ultra basse, une nappe de clavier éthéré, un rythme précis comme un métronome. Ajoutez par dessus la voix de Costanza Francavilla et vous touchez à ce que la musique électronique peut offrir de plus beau.
Mais quel que soit le morceau, c’est toujours du pur Tricky. Ca ne ressemble à rien d’autre. Tricky a su créer une musique qui lui est totalement personnelle. Pas une fois on ne se dit : ce morceau me rappelle quelque chose. C’est de la création pure. Sa musique est tellement unique que même la reprise du Lovecats des Cure ressemble à du Tricky. On reconnaît les paroles, la mélodie, mais étrangement décalés dans le temps et l’espace. C’est difficile à définir, le mieux étant de l’écouter par vous même.
C’est en tous cas le moment de découvrir ou de redécouvrir Tricky. Il dit qu’il a intitulé cet album Vulnerable, car jamais il n’avait autant dévoilé de lui même dans un disque. Tricky avait l’image d’un type tordu, bizarre et malsain, mais ce qu’il dévoile là est bien différent de tout ça. Il en deviendrait presque fréquentable. Raison de plus pour se précipiter sur l’un des meilleurs albums du moment.


Pour plus d'informations, le site officiel :
www.trickyonline.com




Les Wampas : Never Trust A Man Who After Having Been A Punk, Is Now Playing Electro

Titres

Le Télégramme De Brest
Manu Chao
Comme Un Kenyan
Je T'ai Donné Ma Vie
Little Daewoo
Toulouse
C.R.S.
Vol à Voile
Le Vélo Violet
Chocorêve
Giscard Complice
Les Apprentis Charcutiers
Country En Croatie
L'aquarium Tactile
Liste De Droite



Les Wampas (prononcez Vampasse), font partie de ce genre de groupes propre au Rock français. Ils font partie de ce Rock typiquement gaulois, qui a vu défiler des gens comme Les Béruriers Noirs ou plus récemment Elmer Food Beat, Billy Ze Kick ou Marcel Et Son Orchestre. J’en passe, et des pires… Si vous les cherchez chez un disquaire, ils sont souvent regroupés sous le dénominatif poli de Rock Festif, voire même là bas, tout au bout, dans le casier Punk. La musique de tous ces groupes à comme dénominateur commun la connaissance d’au moins trois accords majeurs sur une guitare électrique, plus une franche envie de faire de la musique pour rigoler. En général, ça marche un temps, mais le soufflé retombe vite (voyez Elmer Food Beat et Billy Ze Kick par exemple). Le cas des Wampas est franchement différent, puisqu’ils existent depuis 20 ans. Mais franchement, avez vous déjà entendu parler d’eux ? Si la réponse est non, ça va peut être changer. En effet, j’ai eu l’énorme surprise d’entendre leur single Manu Chao sur une radio FM pourtant pas habituée du genre. Tout est donc possible, la vie est belle.
Alors quelle est donc la particularité des Wampas ? Qu’est ce qui les fait durer depuis si longtemps ? Une chose essentielle me paraît être la fausse naïveté de Didier Wampas et de ses copains. C’est sûr, les textes doivent être impérativement pris au 2ème degré, minimum. Mais surtout, ils ont toujours, même 20 ans après, cette même naïveté apparente et cette fougue (pré) adolescente. Même la quarantaine passé, Didier Wampas a toujours la même pêche et le même enthousiasme. Ils y croient toujours. Du coup, nous, on suit toujours. La musique n’a pas chanté d’un iota, c’est toujours le même Rock’N’Roll basique mâtiné de Punk avec toujours le même chant à la justesse approximative de Didier Wampas. Les paroles sont toujours aussi emballantes. A l’écoute de ce disque, on a en permanence le sourire aux lèvres. Ce n’est pas que de la musique, c’est un concentré de joie de vivre et de bonne humeur. Les paroles sont toujours aussi marrantes et on aurait presque envie de les prendre au sérieux lorsque Didier Wampas pleure sur le pauvre sort des Apprentis Charcutiers : « Peut être même parmi eux, y a t il un grand poète ? Il y eu bien un gendarme qui fût un grand poète. En tous cas, j’espère qu’il survivra, au milieu des saucisses. ».
Chaque chanson de ce disque est un vrai bijou d’humour. Parfois l’humour tourne à l’étrange expérience décalée, comme dans Le Vélo Violet, ballade ultra neuneu qui aurait pu figurer dans la bande son de la série « Hélène et les Garçons ». Il y a bien sûr Manu Chao, morceau qui a tout pour réussir, impeccable single au refrain qu’on a envie de brailler avec eux (« Si j’avais le portefeuille de Manu Chao, j’partirais en vacances dans une superbe auto. Si j’avais le compte en banque de Louise Attaque, j’partirais en vacances au moins jusqu’à Pâques »). Comme Un Kenyan pourrait bien être le morceau qui lui emboîtera le pas, Little Daewoo a tout d’une chanson des Beach Boys sous poil à gratter, Country En Croatie est un hymne anti Genesis (« je sais j’ai beaucoup changé, j’écoute du country en Littuanie. mais il y a une chose qui ne changera jamais, for ever and ever je déteste Genesis »). Et au final, il y a Liste De Droite, chanson pleine de désillusion, beaucoup plus profonde qu’il n’y paraît.
C’est sûr, avec une pochette pareille et un titre pareil, cet album ne passe pas inaperçu sur un présentoir. Alors puisqu’il se voit de loin, il est facile à acheter, vous n’aurez donc pas l’excuse d’être passé à côté.


Pour plus d'nformations, le site officiel :
www.wampas.com




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