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2 janvier 2006


En attendant la suite de l'histoire des Pixies, voilà un beau DVD pour patienter. Et un disque des Lotus Eaters qui semble tout droit tomber du ciel.




Pixies : Sell Out (DVD)



Titres

Live At Eurockéennes Festival 2004
Bonus Tracks


Les groupes des années ’80 qui se reforment en ce moment, on en connaît plein. Les groupes de légende qui se reforment, on en connaît. Et petit à petit, les Pixies sont devenus un groupe culte, d’abord sous estimés et sous cotés quand ils existaient, pour être finalement encensés et adorés après leur split. C’est assez marrant aujourd’hui de voir comment ce groupe, incompris et ignorés du grand public dans les années ’90 est devenue aujourd’hui une référence et la source d’inspiration revendiquée de beaucoup de groupes actuels, qui eux, vendent beaucoup de disques. En général, un groupe qui s’arrête sombre doucement dans l’oubli. Eux, c’est exactement l’inverse. Where Is My Mind est même devenue une musique de pub, consécration suprême de nos jours.

Alors bien sûr, la reformation des Pixies à plus à voir avec le porte monnaie qu’avec la création musicale. La preuve, ce come-back s’est fait sans aucun nouveau morceau et sans rien de neuf à l’horizon. Juste une grande tournée mondiale, qui a affiché complet absolument partout. C’est bien simple, les Pixies ont aujourd’hui un public bien plus nombreux qu’avant leur séparation. Ca aussi c’est assez unique. Alors pour fêter ça (et remplir encore un peu plus leur porte monnaie en vidant le nôtre), rien ne vaut un bon petit DVD pour marquer le coup. En attendant de nouvelles chansons. Ca, on l’espère. Parce que ce DVD, même s’il suit une logique purement mercantile, fait plaisir à voir et à entendre. Parce qu’il s’agit quand même des Pixies ! Et qu’en son temps, ce groupe là a réinventé le Rock et que sans lui, Nirvana ou Placebo, pour ne citer que les deux premiers qui me viennent à l’esprit, n’auraient pas été ce qu’ils sont. Mais ce DVD permet aussi de voir que le temps à fait son effet sur les membres des Pixies. En un mot, on n’est pas les seuls à avoir vieillis. Et en plus, nous, on a nettement moins grossis. C’est petit et bas, je sais, mais c’est pas grave.

Pour en revenir au DVD, le gros du contenu concerne le concert des Eurockéennes de Belfort en 2004. On y trouve aussi pas mal d’extraits d’autres concerts à travers le monde. Et le point commun entre tous ces concerts, c’est que les quatre nouveaux ex-copains ont l’air d’être réellement heureux d’être là. En tous cas, si on en juge par leur complicité musicale retrouvée. Parce que pour les démonstrations voyantes, on repassera. Frank Black (ou doit on à nouveau l’appeler Black Francis) est toujours aussi inexpressif, tout comme Joey Santiago. Il faut compter sur les deux autres acolytes, David Lovering et surtout sur Kim Deal (qui sourit tout le temps) pour se rendre compte que finalement, sur scène il y a de la joie. Il faut croire que les querelles d’ego ont été rangées au placard et que le vrai plaisir de rejouer ensemble a pris le dessus sur le reste. En tout cas, cette tournée marque le retour d’un groupe qui a gardé toutes ses qualités scéniques. Il faut dire qu’avec des chansons aussi fortes que les leurs, ça me parait difficile d’être insipide sur scène, mais quand même, Sell Out dégage quelque chose de positif. Et surtout, il nous permet de renouer le contact avec toutes ces chansons qui sont petit à petit devenues indispensables à beaucoup d’entre nous. En ce qui concerne le répertoire joué ici, comme on pouvait s’en douter, il tourne essentiellement autour de Come On Pilgrim, Surfer Rosa et Doolittle, leurs trois premiers albums, avec quelques miettes quand même pour leurs deux autres disques. Mais la principale surprise, c’est la foule et l’enthousiasme généralisé à tous ces concerts. Ce groupe disparu depuis 15 ans, habitué des concerts dans des salles moyennes et un public de mâles pogoteurs se retrouve aujourd’hui face à un public nettement plus large, rajeuni, diversifié et surtout largement féminisé. Un public qui a découvert les Pixies alors qu’ils n’existaient plus. Et comme le dit si bien un des membres de leur équipe de scène, tout le monde s’est précipité pour les voir en live, en se disant que ce serait peut être la seule et unique occasion dans leur vie. On sait jamais, des fois qu’ils se re-séparent…

Alors finalement ce Sell Out est une bonne et belle surprise. Parce qu’on prend un vrai plaisir à les retrouver et à les sentir heureux d’être là. Et si après un tel accueil ils n’ont pas envie que l’aventure Pixies continue, c’est que quelque chose m’échappe. Mais ce qui me fait encore le plus plaisir dans tout ça, c’est que la musique de ce groupe et son influence majeure soit finalement aujourd’hui reconnue (et surtout connue) par tout le monde. Maintenant, on n’attend plus qu’une chose : qu’ils inventent la suite de leur histoire.




Pour plus d'nformations, un site non officiel plutôt bien documenté : www.pixiesmusic.com




The Lotus Eaters : Silentspace


Titres

Bodywave
Feel It
Stay Free
Can Your Kisses Fly
Lost In Flow
Sara
Face Of The Century
Minimal Emotion
Stereovision
Come Together
State Of Mind



Cette chronique là, je ne l’avais franchement pas prévue. Parce que je n’imaginais pas que les Lotus Eaters sortirait un jour un deuxième album. Et parce qu’il a fallut quelques tonnes de hasards pour que je tombe dessus. Je suppose que ce groupe là n’évoque rien pour la plupart des gens, mais pour moi il ressemble presque à un mirage. Ou en tous cas à une obsession qui me colle à la peau depuis longtemps. Ca a démarré quand j’ai entendu une chanson nommée The First Picture Of You. Entendue une seule fois à la radio au milieu des années ’80. La chanson Pop idéale, parfaite. Inoubliable. Mais pas moyen de noter le nom du groupe. Par la suite, cette chanson m’a suivi partout, toujours en tête. Il fallait que je la trouve. Il m’a fallut un an pour enfin trouver l’album No Sense Of Sin dont je ne me suis jamais séparé. Je serais bien incapable de vous expliquer pourquoi ce disque compte tant pour moi. C’est dû en grande partie à cette chanson que je persiste à trouver sublime encore aujourd’hui. Ca tient aussi à la voix magnifique de Peter Coyle et à ces guitares entre cristal et diamant brut. Bref, bien qu’il soit presque totalement inconnu, No Sense Of Sin est pour moi un disque important.

Alors, tomber sur un autre enregistrement du groupe est un deuxième miracle. En fait, ce disque n’est pas neuf, puisqu’il date de 2002. Et j’ai même l’impression que depuis, le groupe a de nouveau disparu de la circulation. J’ai souvent envie de parler d’anciens albums qui ont comptés pour moi, ceux que je trouve importants. Mais l’actualité musicale va plus vite que moi et je ne me donne jamais le temps de le faire. Cette fois, je vais prendre le temps, parce que ce Silentspace sorti une quinzaine d’années après No Sense Of Sin contient la même magie. La douce lumière des Lotus Eaters est totalement intacte. A travers mes chroniques vous avez sûrement remarqué que j’aime tout particulièrement la Pop anglaise et les Lotus Eaters me semblent en être l’un des exemples les plus parfaits. Ils font cette sorte de Pop romantique basée toute entière sur des mélodies aussi simples que réussies. Et il y a en plus la voix de Peter Coyle, une des plus belles que j’ai eu l’occasion d’entendre dans le genre. Je ne sais pas à quoi les Lotus Eaters ont occupés toutes ces années d’absence, mais ils n’ont rien perdus de leurs qualités et Silentspace est beau. Comme dans No Sense Of Sin, tout n’est pourtant pas parfait. Quand on fait ce genre de musique, la frontière entre poésie Pop et mièvrerie sucrée est toujours un peu floue. Il faut peu de chose pour basculer du mauvais côté. Et dans Silentspace, certaines chansons sont dans la deuxième catégorie (Feel It, Stereovision), mais quand l’équilibre est parfait, ça donne de vrais bijoux de Pop délicate comme Bodywave, Sara ou surtout le single Stay Free, sans oublier Face Of The Century où l’Electro est génialement mariée aux guitares limpides.

Dans l’ensemble et malgré quelques chansons assez moyennes, Silentspace donne une impression de grâce et de sérénité étonnante. Comme No Sense Of Sin l’avait fait avant lui. On a du mal à imaginer qu’entre les deux il n’y a eu autant d’années de silence, tellement les deux disques donnent une impression de continuité. Silentspace a un son évidemment plus actuel, mais le style Lotus Eaters est toujours présent. Il a juste gagné en maturité sans rien perdre en qualités mélodiques. Et ce disque n’est pas la seule bonne surprise pour moi, puisque j’ai vu que No Sense Of Sin avait été réédité. C’est le moment de remplacer mon vieux vinyle.          



Pour plus d'nformations :
lotuseaters


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