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Saint-Nabor tire son nom des reliques du saint qui y furent transportées aux VIIIe siècle par Chrodegand, évêque de Metz. Tous les historiens ne sont pas d'accord sur la légende de Saint-Nabor, aussi pensons nous être agréable à nos lecteurs en leur donnant la version la plus autorisée. Hugues, comte de Bourgogne, et un des descendants du duc Adalric, avait reçu du roi Charlemagne, comme une marque insigne de la faveur de ce prince, plusieurs reliques très remarquables, renfermées dans une cassette d'argent, et parmi lesquelles se trouvait un morceau de la vrai croix. Le pieux comte ne se jugeant pas digne de garder en sa possession ce dépôt sacré, crut devoir s'en dessaisir en faveur de quelque église. Mais indécis sur le choix d'un sanctuaire, il résolut de s'en remettre à la décision de la providence. Il fit donc enchâsser les reliques dans une grande croix en bois de chêne, enrichie de lames d'argent et de diverses figures en bas-relief, du même métal, représentant les scènes de la vie de la passion de Notre seigneur Jésus-Christ. Ayant ensuite fait attacher cette croix, soigneusement enveloppée, sur le dos d'un chameau, il choisit cinq chevaliers dont la piété lui était connue, et leur recommanda de suivre l'animal aussi loin qu'il voudrait aller, sans s'inquiéter du chemin dont ils eussent à ui laisser le choix. Partis de la Bourgogne avec cette mission aventureuse, ils arrivèrent, après une assez longue marche par monts et par vaux, au pied de la montagne de Saint-Odile. Le chameau s'arrêta, pendant quelques instants, à l'entrée du village de Saint-Nabor, où, dans le dernier siècle encore, on voyait une pierre portant l'empreinte du pied du quadrupède, et, à coté de cette pierre, un arc en plein cintre élevé en mémoire de cette merveilleuse apparition (c'était la première fois qu'un chameau parut dans ce pays). Cependant le précieux reliquaire n'était point encore au lieu de sa destination, comme on l'avait cru un moment. Le chameau se remit en marche en gravissant la montagne, et vint heurter contre la porte du monastère de Niedermünster où il se coucha par terre, comme pour dire que c'était là qu'il devait déposer sa charge...

D'après Evariste Thévenin 1866