Vous êtes ici : Accueil - Accueil Légendes  -  La légende  de  La chèvre du Gloeckelsberg

O toi, qui célébras par tes accents épiques de fabuleux héros les exploits poétiques, d’Achille aux pieds légers, les actes glorieux d’Ulysse le rusé, les voyages nombreux et les évènements que dans sa traversée eut à subir, hélas ! le trois fois pieux Enée. O Muse, inspire moi ! Mais de tes beaux accents rabaisse un peu le ton, car je vais dans mes chants célébrer une chèvre. Un animal timide Par ruse faisant prendre un loup, un monstre avide Qui depuis trop longtemps désolait le canton, prouva que le plus fort n'a pas toujours raison. Au haut du Gloeckelsberg s’élève une chapelle. On y voit notre chèvre. Une longue ficelle, A la porte attachant cet animal joyeux, Lui permet de paître, et de sauter au mieux. Mais que voit-elle au loin? Qui fait cesser si vite ses sauts capricieux? - La crainte qui l'agite s'explique, hélas! trop bien, car un énorme loup au loin dans la campagne a paru tout à coup faisant la promenade, et cherchant nourriture. Mais la maudite corde attache à la serrure la pauvre chèvre qui, ne peut se sauver, derrière le portail va vite se cacher. Cependant maître loup croyant tenir la chèvre et songeant au régal, se caresse la lèvre, Il entre en la chapelle, et courant vers le fond, au bout du bâtiment arrive d'un seul bond, et, penaud de ne pas y retrouver sa proie, il revient sur ses pas. Mais que voit il alors? la chèvre qui s'élance, et se trouvant dehors, qui tire sur la corde, et qui hèle de joie. Le loup devint furieux de se voir prisonnier,Et plus penaud encore, il se mit à hurler. Mais par ses affreux cris il attira du monde. On délivra la chèvre, assénant à la ronde des coups bien mérités au loup qui, prétend-on, se voyant le moins fort, fut doux comme un mouton. Il y laissa sa peau. Du loup la fin fatale démontre clairement que la force brutale, l’insolente vigueur ne fait pas toujours loi, Et que le fort souvent trouve plus fort que soi.