Chaque année, à la première pleine lune de
printemps, une brillance dorée semble remonter du fond du lac de la Lauch, au
bout de la vallée de Guebwiller.
C'est
paraît-il le scintillement du char d'Attila, abandonné là lors de la retraite du «fléau de Dieu» après sa défaite aux Champs Catalauniques en 451. C'était un grand char en or, tapissé de têtes de morts et tiré par des boeufs hongrois.
Pressés par leurs poursuivants dans leur retraite vers la Hongrie, les Huns ont plongé le char dans les eaux noires du lac, pensant pouvoir venir le récupérer plus tard.
Il n'en fut rien bien sûr, et nombreux ont été ceux qui par la suite ont essayé de repêcher la pesante fortune de l'étendue marécageuse qu'était devenu le lac. La légende disait que seuls sept frères
pouvaient y parvenir, à condition de le faire sans prononcer ne serait-ce qu'un seul mot. On raconte qu'au XVIII° siècle, sept jeunes gens d'une même famille de Linthal
ont presque réussi.
Mais
le char d'Attila était tellement lourd que le plus jeune des frères s'est
écroulé en plein effort en soufflant "je n'en peux plus". Les sept frères ont
été engloutis dans le sillage du char qui, si l'on en croit la légende, se cache
toujours au fond du lac.
Dernières Nouvelle d'Alsace
12 juillet 2002