Vous êtes ici : Accueil - Accueil Légendes  -  La légende du Katzenstein

Il était une fois dans la vallée de Munster un jeune homme nommé Hans. Hans vivait avec ses parents dans une ferme de Soultzeren . Hans était un garçon bien gentil mais pas très courageux pour travailler et il gardait que les vaches car il n'aimait guère faire autre chose.
Tous les matins, dès l'aurore, il partait en direction des pâturages au-dessus du village avec le troupeau. Arrivé au sommet, il avait pour habitude de se reposer à l'ombre d'un pin sylvestre. Et comme il faisait bon et chaud en ce mois de juillet il était bercé par le chant des rossignols. Hans s'endormi et ne se rendit pas compte que le temps s'écoulaient et qu'il était temps de redescendre à la ferme avec les vaches. Il dormait comme un bébé et les vaches décidèrent de retourner seules au village car l'heure de la traite avait sonné. Au village personne ne s'inquiéta de voir les vaches de Hans revenir seules. On connaissait bien le jeune gardien de vaches.
Tout le monde avait oublié que cette nuit là était une nuit de pleine lune et Hans qui dormait paisiblement l'avait également oublié. Tous le monde sait que les nuits de pleine lune les trois sorcières de la vallée se réunissent autour d'un feu pour se raconter tous les mauvais tours qu'elles avaient faits à la populace. Vers minuit, deux sorcières débouchèrent dans la clairière, la dernière, celle qui venait de loin, arriva par la voie des airs, à cheval sur son balai. Tous le monde sait aussi que les sorcières sont extrêmement vilaines et vieilles. Visage buriné, front ridé, moustachues, édentées, voix perçante. La dernière arrivée, celle de Soultzeren était très en colère ce soir là. Les deux autres étaient impatientes de savoir ce qu'elle ce qui la tourmentait. La sorcière raconta à ces deux comparses ce qu'elle avait sur le coeur:
- «Dans une semaine aura lieu le bal annuel de Soultzeren. Déjà l'année dernière je n'ai pu gambader faute de cavalier. Mes cheveux se hérisse à l'idée d'y retrouver la belle Anne-Marie, cette fille si gentille, aimable, que tous les jeunes hommes du village veulent l'inviter».
- «Tu as bien raison d'être en colère " lui dirent les deux autres sorcières. " Eh bien, jetons lui un sort à cette Anne-Marie».
Gigotant et psalmodiant autour du feu les trois sorcières lancèrent un sort en direction de la maison d'Anne-Marie de Soultzeren.
- «Bave de crapaud, cervelle de chauve-souris, nous les sorcières de la vallée de Munster jetons un sort à Anne-Marie. Qu'elle soit aveugle sur le champ et que ce malheur l'empêche à tout jamais de quitter sa chaumière et de prendre comme époux un jeune homme du village. HOCUS POCUS et corne de bique, que la malédictions s'abatte de suite».
A ces mots, les trois horribles femmes rirent aux éclats. Elles étaient ravies d'avoir jeté cette malédiction sur cette pauvre Anne-Marie. Les trois sorcières étaient tellement occupées à rire et à faire du bruit qu'elles ne remarquèrent pas la présence de Hans, réveillé dès leur arrivée, et par le tapage des trois folles. Il se tenait sagement caché derrière un gros rocher, apeuré, pendant toute la cérémonie, et attendait leur départ pour détaler vers le village. Il avait tout vu et tout entendu. Un autre visiteur ce soir là assistait au rendez-vous des sorcières. C'était un lynx qui avait pour habitude de passer la nuit à l'affût, pour chasser, perché sur un arbre. Les sorcières avaient admis sa présence car il ne gênait en rien leurs réunions lunaires. La sorcière de Soultzeren, celle qui en voulait temps à Anne-Marie, était maintenant de très bonne humeur et finit par confier à ses deux compères sorcières de quelle façon on pouvait guérir la belle et lui rendre ainsi la vue.
- «Il suffira de lui mettre une goutte de lait dans chaque oeil pour lui redonner la vue» dit-elle.
Les sorcières sont non seulement vilaines, méchantes mais elles sont également très bêtes. La sorcière de Soultzeren venait de donner la solution au sort jeté à Anne-Marie.
- «Ah ! Ah ! Ah !" dirent-elles en coeur, nous seules connaissons le secret et aucune d'entre nous ne le trahira. Parole de sorcières. Ah ! Ah ! Ah!»
Hans qui avait de grandes oreilles, avait tout entendu, mais figé par la peur ne bougea point. Il n'osait songer à ce qu'il lui arriverait à l'idée d'être vue par l'une des sorcières. Enfin toutes les trois décidèrent de retourner dans leur village respectif et se donnèrent rendez-vous pour la prochaine lunaison. Chacune enfourcha son balai, et disparu dans la nuit pâle en un grand éclat de rire.
Hans attendit le levé du jour avant de sortir de sa cachette. Il prit ses jambes à son cou et fila comme l'éclair vers le hameau. Là-bas les villageois étaient déjà attroupé devant la demeure d'Anne-Marie alerté par ces pleurs et frappé par le mauvais sort. Tous se lamentèrent et ces parents pleurèrent pour leur fille. Anne-Marie, s'était enfermée dans sa chambre et ne pensait plus jamais en sortir. Adieu les fêtes et les joies. Aucun jeune homme ne voudra plus d'elle comme épouse.
Hans arriva devant la maison des parents d'Anne-Marie et demanda à la voir. Il leur expliqua rapidement ce qu'il avait vu et entendu ce soir là, lorsqu'il se trouvait encore dans la forêt au lieu de rendez-vous des sorcières, Les parents d'Anne-Marie connaissaient bien le jeune homme et le considéraient comme bon à rien. Malgré tout, dans leur malheur, ils écoutèrent le récit de Hans et allèrent chercher ce qu'il avait réclamé. Hans mit alors une goutte de lait dans chaque oeil de la malheureuse Anne-Marie. Et comme l'avait prédit la sorcière de Soultzeren Anne-Marie retrouva la vue. Quel ne fut pas son bonheur de revoir et d'embrasser son ami d'enfance qu'était Hans.
Les jours suivants s'écoulèrent paisiblement et on racontait volontiers entre villageois les exploits d' Hans. Il était devenu en une veillée le héro du bourg.
Un mois plus tard, voilà revenu le soir de la pleine lune. Les deux sorcières de Munster étaient arrivées depuis quelques minutes lorsque celle de Soultzeren arriva très en colère, faisant un vacarme d'enfer, dans un bruit de tonnerre et d'éclair. Elle hurlait contre ses comparses.
- «Vous m'avez trahis, vous avez donné aux gens de Soultzeren, l'antidote de la malédiction, je ne vous ferais plus jamais confiance ».
Les deux autres ne comprenaient pas où elle voulait en venir. Il y eut un quart d'heure d'explications houleuses entre sorcières. Elles arrivèrent à la conclusion suivante :
- "Puisque aucune de nous n'a rien dit, a conservé le secret du sort, il y avait quelqu'un qui cette nuit là nous a espionné et est allé tout raconter aux parents d'Anne-Marie ".
Ces paroles dites le lynx passa par là. Les sorcières en furie l'aperçurent et dirent:
- « Le voilà notre espion ! Il était ici le mois dernier, nous aurions du nous en méfier car il a tout entendu». Les trois sorcières se retournèrent en direction du lynx effrayé et qui ne comprenait rien à ce qu'on lui reprochait. En deux temps, trois mouvements le lynx fut transformé en pierre, « HOCUS POCUS et corne de bique, que la malédictions s'abatte de suite » crièrent les trois sorcières. Les années passèrent... Depuis, le lynx de pierre a subi les intempéries et s'est détérioré progressivement mais nous pouvons toujours observer ses pattes et les cinq coussinets qui la formait.
Bien entendu comme dans toutes les belles histoires notre héros qu'est Hans a épousé Anne-Marie quelques années plus tard et ils vécurent heureux longtemps, et eurent, l'histoire ne le dit pas , probablement beaucoup d'enfants...