Les hippos de l’Okavango

Ce matin, nous partons à la recherche des hippopotames qui broutent autour de nos tentes la nuit. Nous grimpons avec Johannes sur une sorte de radeau, aménagé d’un petit moteur, de quelques sièges en plastique, et d’une toile pour nous protéger du soleil. Il n’est pas vraiment rassurant, mais bon, soyons fous.

Nous remontons l’Okavango sur quelques centaines de mètres, la transparence de l’eau nous fait rapidement remarquer la faible profondeur du fleuve, on distingue nettement ce qu’il se passe au fond … pour le moment, rien … pas l’ombre d’un hippo ni même d’un crocodile.

Soudain, derrière un îlot, nous apercevons une vingtaine d’yeux et une dizaine de paires d’oreilles tournés en notre direction. Nous contournons doucement l’îlot tout en nous sentant observés. Ils sont trop rigolos ces hippos, ils ne bougeront pas d’un poil, si ce ne sont leurs yeux et leurs oreilles tournicotant. Notre présence ne trouble pas trop leur bain, même les pique-boeufs continuent tranquillement leur tâche.

Encerclés par les éléphants

Nous quittons le Ndhovu Lodge dans une ambiance très chaleureuse, le maître des lieux et sa femme nous embrassent en nous souhaitant bon voyage.

Après avoir traversé l’Okavango, nous entrons au coeur de la Bande de Caprivi, mais aussi dans le royaume des éléphants. Les petits villages capriviens se succèdent au bord de la route, mais la végétation devient aussi de plus en plus dense, elle doit abriter pas mal de bêtes.

Marc freine brusquement, un groupe d’éléphants entre dans l’épaisse forêt. Il n’y a visiblement aucun problème à être arrêté au milieu de la route, rares sont les véhicules qui passent. Ces éléphants sont magnifiques, majestueux, mais l’un d’entre eux manifeste son mécontentement par un mouvement de tête.
D’autres pachydermes traversent soudain la route devant nos yeux, sans nous prêter attention. Mais lorsque nous regardons de l’autre côté de la chaussée, nous constatons avec excitation qu’ils sont encore plus nombreux qu’on ne le pensait. Nous les observons quelques instants, mais partons rapidement de peur qu’ils s’en prennent à nous : être encerclé d’éléphants de 2 groupes différents n’est jamais très prudent.

Camp Kwando

Nous approchons enfin de Kongola, petite ville située sur la rivière Kwando, affluent de l’Okavango.

Nous arrivons à Camp Kwando, le lodge qui nous accueillera durant ces 2 prochains jours. C’est avec des yeux émerveillés que nous entrons dans le lodge, il est splen-dide !
Après avoir franchi un ponton coincé entre 2 petites cases au toit de chaume, nous entrons dans une superbe pièce tout en bois exotique, ouverte sur le fleuve et menant à une vaste terrasse. L’association d’objets d’art africain et de mobilier contemporain donne à ce lodge une ambiance particulière.

Plus loin, de magnifiques tentes sur pilotis se succèdent au bord de la rivière, avec de temps à autre un panneau "Watch out crocodiles".
De notre petite terrasse, nous pouvons admirer les nombreux nénuphars peuplant la rivière. L’aménagement des tentes est sommaire, mais nous n’avons besoin de rien de plus que d’un lit.
La salle de bain est quant à elle à ciel ouvert, de manière à profiter un peu plus de la nature qui nous entoure. Ca n’est pas déplaisant de prendre sa douche au clair de lune tout en étant bercé par le chant des grillons.

Promenade sur la rivière Kwando

L’un des gérants du lodge, un jeune blondinet bronzé en tenue de safari, nous emmène en balade sur la rivière Kwando, à bord d’un petit bateau déjà plus équipé et plus rassurant que celui du matin.

A défaut de voir la faune aquatique, nous admirons la végétation alentour : nénuphars, papyrus et autres plantes exotiques. Les couleurs sont magnifiques, tant en plein après-midi qu’au coucher du soleil. De temps à autre, nous apercevons un crocodile se cacher sous l’eau ou encore un petit oiseau se promener sur la berge.

Soudain, notre guide s’arrête, il a repéré au loin un groupe d’hippopotames traversant la rivière sous l’eau ! Nous sommes sciés ! Il faut vraiment avoir l’habitude pour repérer ce genre de choses.
Il nous demande alors de tenir nos affaires bien fort, et accélère brusquement sur plusieurs centaines de mètres, de sorte à traverser sans danger le territoire des hippos. Les cheveux au vent et le sourire aux lèvres, nous vivons ce moment avec plein d’excitation.

Nous nous arrêtons un peu plus loin pour déguster une petite bière namibienne à l’ombre des roseaux, mais nous dégageons rapidement en entendant d’autres hippopotames se révolter tout près de nous. Décidément, où que nous allions, nous nous retrouvons toujours au beau milieu de leur territoire.

Ne retournons doucement vers le lodge, en prenant le temps d’apprécier le coucher du soleil …

Une soirée mouvementée

Après un dîner raffiné dans ce décor de safari, nous passons un moment au bar du lodge, où quelques campeurs sirotent déjà leurs cocktails.
Il est bientôt 22h00, il fait nuit noire, et le groupe électrogène sera coupé dans 10 minutes. Il nous reste peu de temps pour virer les insectes de notre tente.

Nous nous dirigeons en direction de notre chambre à la lumière de la Lune, en espérant fortement ne pas faire la rencontre d’un crocodile.
Nous arrivons à bon port, supprimons les punaises, moustiques et autres insectes non identifiés et nous apprêtons déjà à nous coucher.

C’est avec horreur et stupéfaction que nous apercevons une énorme araignée phosphorescente à l’intérieur de notre moustiquaire.
Elle est gigantesque pour nous pauvres petits citadins européens : elle doit bien mesurer 15 cm sur 5, ses longues pattes charnues et sa texture luisante et plastique la rendent effrayante ; mais en plus, elle nous fait des yeux tous ronds et nous sourit d’un air ravi ! La fin de cette description est certainement exagérée, mais c’est l’impression que nous avons à ce moment là.

Nous attrapons alors une chaussure, lui donnons un bon coup pour l’assommer, mais elle se précipite rapidement dans nos draps !
Nous parvenons finalement à la faire tomber par terre, à nos pieds, mais notre imagination nous empêche de l’écraser … Elle se faufile sous le lit, et nous entendons au loin le groupe électrogène s’éteindre doucement, tout comme la lumière de notre chambre ! C’est un moment à la fois comique et paniquant.

Et si elle n’était pas seule dans la moustiquaire ? Peut-être étaient-elles plusieurs ? Une sous le lit et d’autres à l’intérieur … Impossible de dormir.
Nous attrapons nos téléphones portables pour faire un peu de lumière et tentons une dernière inspection sous le lit … en vain. L’un de nos téléphones s’éteint, sa batterie est vide. Nous conservons notre dernière source lumineuse pour faire une ultime vérification de la moustiquaire et du lit, nous emmitoufler de la tête aux pieds, et nous coucher sous les yeux rieurs de l’araignée … Nous nous sentons un peu ridicules … mais finalement c’est plutôt rigolo.





NAMIBIE BOTSWANA ZIMBABWE 2006
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