Menu Allocution de M. Laurent Mignon, parrain du DU "Prévention des fraudes et du blanchiment"

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Mesdames, Messieurs, Chers étudiants,

 

Je suis heureux d’avoir l’opportunité de m’exprimer aujourd’hui, pour vous dire tout l’intérêt que je porte, ainsi que le groupe AGF, à l’initiative de l’Université de Strasbourg qui créé cette année le diplôme de prévention des fraudes et du blanchiment.

En déplacement aux Etats Unis aujourd’hui, j’ai néanmoins souhaité vous adresser ce message.

 

« Pourquoi créer un diplôme sur ce sujet ? » dirons certains. A ceux-là, je répondrais : « Pourquoi avoir attendu si longtemps ! ».

Les blanchisseurs de capitaux sont des professionnels aguerris et leurs discours ou leurs mines ne sont que rarement suspectables. La valise de billets a laissé place à des opérations plus complexes et rarement détectables de prime abord.

Un rapport du Ministère de l’Intérieur d’août 2000 estimait à 6 milliards d’euros les fonds blanchis chaque année en France. Sur le même rapport, on estime le stock de fonds blanchis en France à environ 122 milliards d’euros, soit 10 % du blanchiment mondial.

Face à ces chiffres, aucun professionnel des métiers financiers ne peut plus se dire qu’il n’est pas touché par le blanchiment de capitaux.

 

Depuis 15 ans, les bases de la lutte contre le blanchiment se sont progressivement mises en place. Les établissements financiers et maintenant d’autres professions (avocats, notaires…) sont aujourd’hui des acteurs incontournables de cet engagement contre l’argent sale. Mais nul n’est parfait, surtout à 15 ans, âge où l’on apprend encore, où l’on grandit encore. La législation évolue et nos pratiques professionnelles aussi. Mais cela ne suffit pas. Il faut maintenant développer, parmi nos collaborateurs, une compréhension fine des mécanismes de blanchiment, une connaissance approfondie des textes et une véritable intelligence de la matière.

Ce diplôme est un nouveau pas dans cette lutte et je souhaite qu’il vous apporte, chers étudiants, la connaissance, les clés qui viendront ensuite consolider nos pratiques.

 

Pour le groupe AGF, la lutte contre le blanchiment est une priorité.

Notre client est au centre de nos préoccupations et nous souhaitons non seulement lui offrir le meilleur service mais surtout instaurer une confiance mutuelle. Le blanchiment d’argent des crimes et délits, même involontaire, est une entrave à l’établissement de cette confiance.

Au delà même, le groupe AGF souhaite donner l’image d’un groupe financier dont l’éthique et les principes nous inscrivent durablement dans une perspective de développement et constituent indéniablement les meilleurs gages de pérennité que l’on puisse apporter à nos actionnaires.

 

C’est pourquoi AGF s’est organisé pour lutter contre cette menace.

Depuis le premier contact avec nos clients ou nos prospects, nous incitons nos conseillers, nos agents et nos courtiers à la vigilance. Nous nous imposons des règles pour contrecarrer les principales tentatives de blanchiment. Mais la simple vigilance exigée dans la relation commerciale n’est pas suffisante.

Nous avons dû mettre en place d’autres « remparts » au niveau de la gestion administrative pour affiner l’examen de nos opérations. Que ce soit en entrée de fonds ou en sortie, nos gestionnaires s’obligent à l’examen des affaires avec en tête cette question : « est-ce suspect ? cela peut-il être une opération de blanchiment ? ».

Notre implication dans la lutte anti-blanchiment nous a mené à refuser les espèces (dont l’origine est toujours difficile à identifier), à vérifier l’origine des fonds non plus uniquement par les propos du client mais par la fourniture de preuves.

 

Cette exigence peut sembler parfois trop forte.

On entend parfois : « nous ne sommes pas des officiers de police, ce n’est pas notre travail ». La lutte contre le blanchiment est pourtant notre affaire à tous. On oublie trop souvent ce que recouvre ce mot « blanchiment ». Il s’agit de masquer l’origine des profits réalisés par le trafic de drogues, le meurtre, le vol… ou encore la  traite humaine sans distinction d’âge ou de sexe. L’argent nous arrive sous une forme qui nous fait oublier trop souvent d’où il vient. Argent propre ou argent sale ne sont que des expressions éloignées de la réalité de ces faits divers qui nous révoltent dans la presse quotidienne.

Lutter contre le blanchiment est l’affaire de chacun que ce soit les pouvoirs publics, les grands établissements financiers ou simplement chacun de nous à titre individuel en tant que citoyen.

C’est avec cette philosophie qu’AGF s’inscrit et veut s’inscrire durablement dans la prévention du blanchiment des capitaux et du financement du terrorisme.

 

 

Aujourd’hui, je remercie Chantal Cutajar et L’université Robert Schuman pour la création de ce diplôme qui permettra, je l’espère, à la lutte anti-blanchiment de pouvoir s’appuyer bientôt sur l’expertise de ces futurs diplômés.

Et parce qu’AGF a souhaité soutenir cette initiative, nous nous sommes non seulement engagés dans le comité de parrainage et le conseil scientifique du diplôme mais nous souhaitons aussi pouvoir vous accueillir bientôt dans nos locaux parisiens pour un prochain séminaire organisé conjoitement avec Chantal Cutajar sur le thème de la lutte anti-blanchiment.

 

Mesdames, Messieurs, Chers étudiants, je vous remercie de votre attention.

 


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