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Une première en Europe:
la prévention du blanchiment
Pour la première fois en Europe, des étudiants pourront se
former à Strasbourg aux techniques de détection des flux
financiers suspects, notamment du blanchiment d'argent sale, dans
une université qui leur délivrera un diplôme. «Nous sommes
partis du constat d'un besoin, à savoir qu'au-delà de la répression,
il fallait organiser la prévention et, pour ce faire, former des
spécialistes capables de démonter les montages financiers»,
explique Chantal Cutajar, maître de conférences, initiatrice de
cette nouvelle formation de troisième cycle qui sera dispensée dès
le mois d'octobre à la faculté de droit de l'université Robert
Schuman de Strasbourg. Baptisée Jean-Louis Fort, du nom du président
du GAFI, le groupe d'action financière intergouvernemental sur le
blanchiment de capitaux, la première promotion du diplôme
universitaire «prévention des fraudes et du blanchiment»
accueillera une quinzaine d'élèves au total. Recrutés après
une maîtrise (Master 1) ou un diplôme d'école de commerce, ces
derniers suivront, d'ici à juin, 360 heures d'enseignement au
total.
Des commissaires anti-blanchiment
Au-delà du droit fiscal ou du droit des affaires, les cours
portent sur des sujets très pointus comme la fraude informatique,
l'éthique des affaires ou l'analyse financière criminelle, un
module dirigé par un capitaine de gendarmerie. Le cours de
gestion-finances est placé sous la double responsabilité d'un maître
de conférences et d'un commissaire aux comptes, tandis que la
lutte contre la criminalité organisée est assurée par un
procureur général qui devrait faire appel à des intervenants d'Europol,
d'Eurojust ou des douanes. «L'idéal serait de mettre en place
des commissaires anti-blanchiment» dans toutes les institutions
confrontées au problème, explique Mme Cutajar, qui reconnaît
toutefois que la tâche risque d'être longue et difficile, en dépit
des encouragements venus de l'Union européenne. Depuis 2001, une
directive impose aux Etats membres de prendre des mesures pour
sensibiliser leurs employés avec des formations spéciales et des
instructions sur la manière de procéder face à des indices de
blanchiment d'argent provenant du trafic de stupéfiants et de
l'activité d'organisations criminelles. Depuis une dizaine d'années
déjà, les institutions financières françaises ont la
possibilité de faire des «déclarations de soupçons» à
Tracfin, l'institution anti-blanchiment dépendant du ministère
de l'Economie et des Finances. Les attentats du 11 septembre 2001
ont également, selon elle, contribué à accélérer la prise de
conscience de la gravité du phénomène, en montrant comment les
organisations terroristes avaient pu utiliser les marchés
financiers pour se financer.
© L'alsace, Samedi le 25 Septembre 2004. Tous
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