Menu Article paru dans le journal l'Alsace du 25/09/2004

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Une première en Europe: la prévention du blanchiment

Pour la première fois en Europe, des étudiants pourront se former à Strasbourg aux techniques de détection des flux financiers suspects, notamment du blanchiment d'argent sale, dans une université qui leur délivrera un diplôme. «Nous sommes partis du constat d'un besoin, à savoir qu'au-delà de la répression, il fallait organiser la prévention et, pour ce faire, former des spécialistes capables de démonter les montages financiers», explique Chantal Cutajar, maître de conférences, initiatrice de cette nouvelle formation de troisième cycle qui sera dispensée dès le mois d'octobre à la faculté de droit de l'université Robert Schuman de Strasbourg. Baptisée Jean-Louis Fort, du nom du président du GAFI, le groupe d'action financière intergouvernemental sur le blanchiment de capitaux, la première promotion du diplôme universitaire «prévention des fraudes et du blanchiment» accueillera une quinzaine d'élèves au total. Recrutés après une maîtrise (Master 1) ou un diplôme d'école de commerce, ces derniers suivront, d'ici à juin, 360 heures d'enseignement au total.


Des commissaires anti-blanchiment

Au-delà du droit fiscal ou du droit des affaires, les cours portent sur des sujets très pointus comme la fraude informatique, l'éthique des affaires ou l'analyse financière criminelle, un module dirigé par un capitaine de gendarmerie. Le cours de gestion-finances est placé sous la double responsabilité d'un maître de conférences et d'un commissaire aux comptes, tandis que la lutte contre la criminalité organisée est assurée par un procureur général qui devrait faire appel à des intervenants d'Europol, d'Eurojust ou des douanes. «L'idéal serait de mettre en place des commissaires anti-blanchiment» dans toutes les institutions confrontées au problème, explique Mme Cutajar, qui reconnaît toutefois que la tâche risque d'être longue et difficile, en dépit des encouragements venus de l'Union européenne. Depuis 2001, une directive impose aux Etats membres de prendre des mesures pour sensibiliser leurs employés avec des formations spéciales et des instructions sur la manière de procéder face à des indices de blanchiment d'argent provenant du trafic de stupéfiants et de l'activité d'organisations criminelles. Depuis une dizaine d'années déjà, les institutions financières françaises ont la possibilité de faire des «déclarations de soupçons» à Tracfin, l'institution anti-blanchiment dépendant du ministère de l'Economie et des Finances. Les attentats du 11 septembre 2001 ont également, selon elle, contribué à accélérer la prise de conscience de la gravité du phénomène, en montrant comment les organisations terroristes avaient pu utiliser les marchés financiers pour se financer.

 

© L'alsace, Samedi le 25 Septembre 2004. Tous droits de reproduction réservés

 


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