Carnets de Campagne 14-18 (suite)

Commandant Jean Maurice ADDE

 

Photo : collection personnelle François Darriet.

 

Etat-Major du 142ème RTI.

 

Photo : collection personnelle François Darriet.

 

A cheval sur « Rainette » JM.ADDE accompagne la colonne du 142ème RTI que l’on aperçoit en contrebas de la route.

 

Photo : collection personnelle François Darriet.

 

Louise LEBEGUE.

 

 

Photo : collection personnelle François Darriet.

 

François DAMESTOY. Le 28 mars 1917 alors que les Coloniaux du Général MARCHAND seront à proximité il se fera «barboter» son portefeuille avec photos, papiers et 120 francs.

 

Photo : collection personnelle François Darriet.

 

Ballon de type Zeppelin.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Source Internet

 

Né à Bar Le Duc en 1860, décédé en 1934 il fut avocat, député de la Meuse, homme politique puis Président de la République de 1913 à 1920. Président du Conseil et ministre des Affaires Etrangères de 1922 à 1924. Membre de l’Académie Française.

 

Photo : collection personnelle François Darriet.

 

 

Source : L’Illustration Keystone- ADenizot « Bataille de la Somme »

 

Général JOFFRE avec le Président Raymond POINCARE.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Source : l’Illustration Keystone.

 

Citation de GAVINI.

 

 

 

Photo : collection personnelle François Darriet.

 

Capitaine RAMOND.

 

 

 

 

 

 

 

 

Photo : collection personnelle François Darriet.

 

Lieutenant GESTAS.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Photo : collection personnelle François Darriet.

 

Louise LEBEGUE en mai 1902 dans la propriété du Colombier.

 

Photo : collection personnelle François Darriet.

 

Docteur BROUDIE du CHR au 142ème RTI.

 

Source : l’Illustration Keystone.

 

Citation du Général BALFOURIER Chef du XX ème Corps d’Armée dont le régiment de JM.ADDE dépend.

 

Photo : collection personnelle François Darriet.

 

Gare de Pauillac

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Photo : collection personnelle François Darriet.

 

Sergent Gaillard

 

 

 

 

 

 

Photo : collection personnelle François Darriet.

 

Témoignage du Caporal Emile SOURD à JM.ADDE le 26 juin 1915 suite à l’offensive de Bruay en Artois.

 

 

 

 

 

 

 

Photo : collection personnelle François Darriet.

 

Lieutenant OLIER portant la Médaille Militaire. Sera promu Capitaine en 1917.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Louis Camille Noël PAUL né en 1876

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Président Poincaré

 

 

 

 

 

 

 

Général Maurice Balfourier: chef de la 11 division (I), puis chef du 20 corps "corps de fer" (II), puis chef du 36 corps.

 

 

 

 

 

 

 

Colonel puis Général Maurice-César-Joseph Pellé: chef d'état-major du général Lyautey (I), puis deuxième aide major-général du théâtre des opérations du Nord et du Nord-Est (II), puis premier aide major-général du théâtre des opérations du Nord et du Nord-Est (II), puis major-général du théâtre des opérations du Nord et du Nord-Est (II), puis major-général pour le théâtre des opérations extérieures, puis major-général des armées françaises puis devient major-général des armées du Nord et du Nord-Est (I), puis chef de la 153 division (III), puis chef du 5 corps (V).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Photo : collection personnelle François Darriet.

 

Lieutenant PAGE promu Capitaine le 21 mai 1916, confirmé le 17 juillet.

 

 

 

 

 

 

 

 

Photo : collection personnelle François Darriet.

 

Capitaine RAMOND.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Photo : collection personnelle François Darriet.

 

Ballons d’observations surnommées « saucisses ».

 

 

 

 

 

 

Photo : collection personnelle François Darriet.

 

Gare de Pauillac.

 

Chapitre trois

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1916

 

 1er JANVIER

Visite au colo. Réception de mes officiers.

 

 2 JANVIER

Promenade à Mirecourt. J’écris à Louise (NDR : Louise LEBEGUE épouse de JM Adde) de venir.

 

 3 AU 30 JANVIER

Séjour à Diarville. Repos et bonheur. Louise vient pendant 17 jours. Excursion à Sion, Mirecourt. Déjeuners et dîners. Le 27 Louise repart ; je vais l’accompagner à Toul. En rentrant le soir j’apprends que nous déménageons le 30.

 

 30 JANVIER

Départ pour Saint Germain. Je commande la colonne ; le Colonel marche en auto sans s’occuper de son régiment. J’ai toutes les nuiseries possibles avec le PC. Installation rudimentaire à Saint Germain. Nos hôtes de la popote sont plutôt alcooliques.

 

 31 JANVIER

6 Heures du matin, départ de la colonne que je commande encore pour Domptail. Village ravagé par nos 75 lors de la reprise par les Français. Le soir, Neumeyer a une crise de folie. Expédition au poste.

 

 1er FEVRIER 1916

Je fais affecter Neumeyer à la 4ème Compagnie. Visite du patelin au Colonel et Général. Allemands ont été tués, bombes, maisons en dentelle.

 

 2 au 17 FEVRIER

Séjour à Domptail. Visite à Baccarat, Gerbevillers, ruines partout. Rambervillers pas abîmé ; vu les usines de grès flammés à Rambervillers et les cristalleries de Baccarat. Peu d’incidents pendant le séjour, la remise des Croix au colon à Lapeyre, Dulain, Dumont, grand déjeuner rasoir chez le colon. Départ demain pour Morivillers et Blainville.

 

 18 FEVRIER

Etape de Domptail à Morivilliers. Je commande la colonne, le colo est en voiture, très froid. Nous revoyons les champs parsemés de tombes et traversons les villages démolis. Arrivés à midi, cantonné face à la rue en bout de la côte. Joli point de vue.

 

 19 FEVRIER

Départ à 6 heures pour Blainville, vue sur Lunéville qui est à 10 kilomètres. Billet de logement, popote à côté : bien installé.

 

 20 FEVRIER

Dimanche, messes. Ordre d’aller reconnaître demain le camp de Saffais où je dois faire manoeuvrer le Bataillon mardi. A9 h1/2 du soir Maurel me porte le contr’ordre qui me laisse supposer un départ prochain.

 

 21 FEVRIER

Dès le matin Damestoy me demande si j’ai entendu les bombes dans la nuit. Je me rappelle avoir rêvé à un bombardement mais je n’ai pas dû me réveiller. A9 heures j’apprends que nous partons demain par la gare d’Einvaux. Le Corps d’Armée est alerté. La 153ème Division avec qui nous sommes est partie subitement  hier soir. A8 h1/2 pendant qu’on chante à la cuisine  une bombe éclate pas très loin. Nous sortons immédiatement et entendons 3 éclatements à une seconde d’intervalle. Zeppelin (NDR : cf photos). Plusieurs le voient, je n’y ai pas réussi ; on le canonne.

 

 

 

 22 FEVRIER

Au réveil neige formidable ; on se prépare pour l’embarquement. Départ à 2 heures, arrivée Einvaux à 5 heures. Mon train de combat n’a pas pu suivre, tout est gelé. J’envoie des attelages de renfort. A 7 heures en gare. Je commence l’embarquement par un froid terrible. Nous apprenons que le Zeppelin que nous avons vu la veille a été détruit. Pendant la nuit un froid terrible ; DR et moi en 1ère( ?) serons gelés, nos chaussures le matin cassent comme de la glace.

 

 23 FEVRIER

A 7 heures du matin en gare de Neufchâteau le thermomètre marque –11°. Arrivée en gare de Longeville à 11h 1/2 ; cantonnement à Tannois chez le curé, très gentil.

 

 24 FEVRIER

Excellente nuit, nous attendons des ordres ; les communiqués nous annoncent  qu’il y a eu une très grosse affaire sur Verdun ; c’est ce qui nous a fait alerter, certainement. Après midi promenade.

 

 25 FEVRIER

A 4 heures du matin je reçois l’ordre de tenir mon Bataillon prêt à partir à 10 heures. A 8 heures réunion au château où est le colo. Il nous donne l’itinéraire jusqu’à Lisle en Barrois 24 kilomètres. Etape très dure à cause du froid et du vent. A l’arrivée 3 lits dans le village ; je couche chez de bons propriétaires mais tous les autres officiers sont à la paille.

 

 26 FEVRIER

Nous partons à 11 heures pour Souhesmes la Grande 30 kilomètres. Encombrement des routes par les convois ; nous arrivons à la nuit. Mêmes conditions que la veille ; Lapeyre et moi avons une chambre à 2 lits ; les officiers subalternes tous à la paille.

 

 27 FEVRIER

Départ à midi pour Belleray à 1 kilomètre au Sud de Verdun. Encombrement des routes inimaginable. J’ai le cœur très gros de repartir aux marmites. Je pense à tous les miens que j’aime. Arrivée à 6 heures du soir ; mal installés mais j’ai un lit. Le bombardement fait rage autour et sur Verdun. Nous allons certainement attraper.

 

 28 FEVRIER

A 8 heures le colo nous fait appeler les 3 chefs de Bataillon ; il s’agit d’envoyer un Bataillon aux travaux , c’est le tour du 1er (NDR : 1er Bataillon) pour aller de l’avant mais le tour du 3ème (NDR : 3ème Bataillon) d’aller aux travaux d’arrière. Je pars à 10 heures pour Lemmes ; au moment du départ un taube ( ?) nous envoie deux bombes à 100 mètres ; nous filons rapidement. Je me sens tout autre depuis que je sais que je vais travailler aux doutes et en sécurité. Après une longue attente à Lemmes nous repartons en autos. 9ème à Lemmes, 10ème à Heippes, 11ème à Erize la Brulée. Je reste à Chaumont. (NDR : JMA doit donner là les lieux de cantonnements des trois compagnies du Bataillon)

 

 29 FEVRIER

Je m’occupe du ravitaillement du Bataillon puis vais à Lemmes en auto. C’est formidable ce qu’il passe d’auto sur la route Bar le Duc à Verdun.

 

 1er MARS 1916

Je vais à Erize voir la 12ème. Poincaré, Joffre etc viennent à Souilly ; après midi je vais à Heippes où je trouve Feur qui s’est fracturé le péroné la veille au soir.

 

 2 MARS

Je vais à Bar le Duc voir la DES (NDR : Direction des Etapes et Services) ; en rentrant un EM m’a délogé (NDR : un membre de l’Etat Major sûrement).

 

 3 MARS

Visite à Lemmes ; les Corps d’Armée s’accumulent dans la région. Je rencontre le Capitaine Bardet, ami de Berlier de Pauillac.

 

 4 MARS

Mal d’oreilles toutes la nuit ; à 6 heures l’abcès perce. Je reste dedans, le pus coule de mon oreille toute la journée. Le soir un médecin et un Lieutenant du 87 en panne viennent dîner avec nous (NDR : du 87ème Régiment).

 

 5 MARS au 12 MARS

Séjour à Chaumont ; navette par auto entre mes Compagnies. La bataille fait rage du côté de Verdun. J’apprends que d’Andurain est blessé mortellement par une bombe d’aéro. Tous les jours ce ne sont que va et vient de troupes et de munitions en auto.

 

 13 MARS

Nous sommes embarqués en auto pour Robert Espagne ; je vais avec le Capitaine chef de groupe voir à Lemmes et Heippes et nous arrivons à midi à Robert Espagne après avoir fait environ 100 kilomètres en auto.

 

 14 MARS

Installation à Robert Espagne. Le 1er Bataillon arrive à 16 heures ; il était en avant de Verdun où ils ont été très marmités mais n’ont eu que 4 morts et une vingtaine de blessés. Il paraît que les Boches sont tombés en masse compacte et que chez nous nos artilleurs ont eu des hécatombes de chevaux. Le 39ème en a perdu 400 et le 60ème 800 (NDR numéros de Régiments).

 

 1 5MARS

J’attends le Colonel aujourd’hui avec le 2ème Bataillon.

 

 16 au 27 MARS

Séjour à Robert Espagne . Promenade à Bar le Duc et à Saint Dizier. Rencontré Feur, Larabetie, Seignouret, etc. Assisté à une revue à Combles (en Barrois) passée par le Prince de Serbie, Poincaré, Joffre, etc. Visite à Jean d’Heurs avec Gaillard, vu Mme Fould, invitation à déjeuner à Jean d’Heurs. Propriété merveilleuse. Le 27 nous recevons ordre de partir le lendemain en auto.

 

 28 MARS

Départ de Robert Espagne à 6 heures en autobus. Arrivée à Dombasle en Argonne à 1 heure. Pluie battante ; à notre arrivée 4 marmites tombent à 200 mètres ; c’est le commencement. Départ pour la boue liquide à pied pour les bois de Bethelainville. Dès l’arrivée ordre de partir pour Montzéville. Les Compagnies viendront la nuit. Voyage plutôt rapide, marmites à droite et à gauche de la route. A 6 heures reconnaissance du secteur ; Capitaine Savatie du 70ème charmant ; PC en tôle. Canonnade terrible de part et d’autre ; nous sommes en face d’Esnes en Argonne. Compagnies arrivent vers 9 heures ; la relève finit à 10 heures. Toute la nuit canonnade épouvantable , nous sommes sur une ligne de batteries. Nuit blanche évidemment.

 

 29 MARS

A 5 heures canonnade redouble ; évidemment il y a attaque. Nous sommes bombardés par intermittence . Journée dans mon PC, réunion des Capitaines, je donne mes ordres et organise mon secteur. A 5 heures ½ le colo me fait appeler ; contr’ordre ; nous passons à la 11ème Division ; tout ce qui était réglé est démoli. Retour au PC pendant un bombardement terrible. Belly a été légèrement touché au menton. Maurel est évacué à cause de sa blessure à la figure par suite de sa chute de bécane.

 

 30 MARS

Nuit calme. Matinée relativement calme mais à partir de 11 heure marmitage effroyable sur toute notre ligne ; 3 morts et 2 blessés à la 10ème Compagnie. Mon PC est arrosé tout autour par de 130 ; un obus devant la porte à 2 mètres. Je vais reconnaître des boyaux avec le Génie pendant le marmitage ; miracle d’en sortir.

 

 31 MARS

Nuit bonne. A 6 heures je pars avec le Génie reconnaître la ligne à Esnes-Avocourt qui va être mon secteur.

Schrapnells, marmites et asphyxiants nous saluent. Rentré au PC du colo je me trouve mal et m’évanoui à moitié. A 15 heures j’envoi mes Capitaines de Compagnies reconnaître ce même secteur ; je ne puis les accompagner étant trop fatigué. Gavini et Olier ont pu faire leur reconnaissance mais ont manqué d’y laisser la peau ; Vesseron et Page ont arrêté en chemin et feront leur reconnaissance demain matin.

 

 1er AVRIL 1916

Bombardement intensif vers minuit sur nous sans casse. La 11ème Compagnie va prendre le secteur avoiné. Matinée de bombardement avec 210 sur la batterie qui est à 50 mètre à droite, 150 marmites finissent par en avoir raison après nouveau bombardement. Si cela continue nous finirons par y rester. Rencontre le Capitaine de Vesins qui commande les batteries autour de mon PC.

 

 2 AVRIL

Nuit bombardée sans interruption. Vers 9 heures je vais le colo en rentrant à mon PC ; une grosse marmite éclate à 20 mètres ; j’ai juste le temps de m’allonger, ensuite je saute dans le boyau et j’attends que la rafale finisse. Il en tombe une dizaine tout autour de moi. Après déjeuner bombardement sur toute la ligne, autour de mon PC ; un obus tombe sur la butte de mes plantons ; pas de couac.

 

 3 AVRIL

Nuit très mauvaise. Levé à 3 h 1/2 pour aller aux lignes en avant de Esnes en Argonne, mais le bombardement nous empêche de partir. Esnes est en flammes, un dépôt de munition saute. A 7 h 1/2 je pars avec Ramond ; nous suivons toutes les lignes avancées et rentrons vers midi morts de fatigue et un peu de l’émotion subie par les différents marmitages. Je reste couché l’après midi mais vers 4 heures commence le marmitage. Je décide de me faire faire une sape contigüe à mon PC qui est de trop grande dimensions, par suite trop vulnérable malgré son blindage.

 

 5 AVRIL

Nos batteries qui nous entourent n’ont pas cessé de tirer toute la nuit. La matinée les Boches ne tirent pas trop, je vais voir le Colonel. En rentrant j’arrive à temps pour m’abriter, la grêle commence mais ne dure pas. A 4 h 1/4 commence le plus violent marmitage avec obus de gros calibre qui se puisse voir, tout tombe dans un rayon de 150 mètres autour de mon PC. Je me réfugie dans ma sape en construction bien qu’elle ne soit pas encore fini d’étayer. Jamais je n’avais subi un bombardement pareil. Enfin à 6 h 1/2 cela se calme je suis rompu. Nous dînons avec des conserves, notre cuisine est en l’air, les obus en sont tombés à 5 mètres. A 8 heures je me couche et m’endors quant à 10 heures on me réveille, il y a alerte, je fais prendre les positions de combat à mon Bataillon et moi même me porte aux tranchées avancées de H à IK à l’Ouest de Esnes. Mon Bataillon est sur le plateau ; j’arrive à H à 1 h 1/2 du matin trempé comme une soupe ; nous avons marché dans l’eau jusqu’au genou pendant ½ heure.

 

 6 AVRIL

Nuit blanche. Nous sommes gelés. Matinée relativement calme. Vers 4 heures les bombardements réciproques redoublent de violence. Il paraît qu’hier soir les Boches ont refoulé les nôtres hors de Haucourt et que c’est pour cela qu’on nous a alertés.

 

 7 AVRIL

Les batteries n’ont pas arrêté toute la nuit, malgré cela j’ai dormi. Matinée relativement calme mais à partir de midi on prend quelque chose ; cela va crescendo jusqu’à 6 heures du soir , c’est terrifiant, schrapnells, marmites, asphyxiants, lacrymogènes : le grand jeu. A 7 heures c’est calme et ce n’est pas trop tôt, je suis abruti. A 9 heures du soir je vais m’endormir quand on me porte l’ordre d’alerte pour être prêt à toute éventualité. A partir de 3 heures du matin nos 1 ères lignes vont reprendre l’ouvrage Palavas à Haucourt.

 

 8 AVRIL

Depuis 3 h 1/2 la canonnade marche à répétition il est impossible que le coup de main n’ait pas réussi après un assaisonnage pareil. A partir de 9 heures calme presque toute la journée.

 

 9 AVRIL

A 5 h 1/2 je pars avec le Capitaine Beaumont visiter mes lignes, quelque peu de marmitage mais vers 9 heures cela commence à gronder et nous refilons vite à travers champs pour faire 1500 mètres au lieu de 4 heures de boyaux ; quelle trotte, j’ai cru que nous y restions dans ce sacré champ.

A partir de 9 heures les Boches commencent un marmitage sur toute la ligne mais quel marmitage ; c’est effroyable rien que de l’artillerie lourde. A 1 heure ils commencent leur attaque puis ce sont les nôtres et après les Boches ainsi 4 fois dans la journée sans arrêt. C’est horrible. Je n’ai eu qu’un tué, 12 blessés y compris le Lieutenant Gestas. Mes tranchées sont comblées en partie.</