Carnets de guerre sur la campagne 1914-1918

Commandant Jean Maurice ADDE

142ème Régiment Territorial d’Infanterie

 

Photo : aimable don de JPLescorce

 

La villa Julienne au début du siècle. C’est dans cette villa d’été que Jean Maurice passe ses vacances en famille.

 

Photo : collection personnelle François Darriet

 

Vacances d’été dans la station balnéaire de Soulac sur mer en Médoc. Louise est assise à gauche vêtue de blanc, debout à sa droite son fils Louis, mon grand père maternel.

 

Photo : collection personnelle François Darriet

 

Paul RASCOL né à Pauillac le 2 décembre 1877, ami de la famille. Reçu Docteur en médecine le 26 juin 1903 puis Docteur et Pharmacien à Pauillac.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Photo : source A.Thers, Histoire & Collection

 

Arme de poing probablement utilisée par Jean Maurice. Revolver d’officier modèle 1874 calibre 11 mm. En principe remplacé par le revolver 1892 en 8 mm, il est encore utilisé en 1914 dans la Territoriale ou la Réserve.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Photo : collection personnelle François Darriet

 

Louise, Marguerite «Guiguite», René et Louis «Loulou».

 

 

 

Photo : collection personnelle François Darriet

 

Jean Maurice sur sa jument «Rainette».

 

 

Photo : collection personnelle François Darriet

 

René ADDE adolescent.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Photo : collection personnelle François Darriet

 

JM.ADDE surveillant la préparation des tranchées.

 

Source : Internet

 

 

 

 

 

Photo : collection personnelle François Darriet

 

Sergent secrétaire Gaillard.

 

Photo : collection personnelle François Darriet

 

 

Source : Internet

Officier et groupe de «Uhlands» à la coiffe si caractéristique.

 

Source : Internet

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Photo : collection personnelle François Darriet

 

« Le fidèle » Damestoy.

 

 

Photo : collection personnelle François Darriet

 

Vaguemestre Landouard.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Photo : collection personnelle François Darriet

 

Officier CELHAY.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Source : l’Illustration Keystone

 

Général de Division LERE.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Source : Internet

Modèle d’avion utilisé par les Allemands : «Aviatik».

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Photo : collection personnelle François Darriet

 

Sergent secrétaire GAILLARD.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Source : Histoire & Collection AThers.

 

Colonne de prisonniers allemands.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Diverses photos des régiments indous affectés au Corps Expéditionnaire Britannique lors de ce conflit.

 

 

 

 

Source : Internet

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Photo : collection personnelle François Darriet

 

Lieutenant GAVINI.

 

 

 

 

 

Source : l’Illustration Keystone

 

Gavini en réserviste alors au 49ème.

 

 

Photo : collection personnelle François Darriet

 

 

 

Source : Internet

 

Soldats anglais du British Expeditionary Forces dans les tranchés.

 

 

 

Photograph by courtesy of the Trustees of the Manchester Regiment Archive collection. Remerciements à Michael Keane Archiviste.

 

Harold FISHER Captain 1st Battalion Manchester Regiment.

 

 

Source : Internet

 

Généraux anglais commandants du Corps Expéditionnaire Britannique.

 

Source : Internet

 

Photo : collection personnelle François Darriet

 

Adjudant CAZALIS.

 

Photo : collection personnelle François Darriet

 

Lieutenant GAVINI.

 

Source : L’Illustration Keystone et

Photo : collection personnelle François Darriet

 

 

Photo : collection personnelle François Darriet

 

Cimetière improvisé dans un village du Nord.

 

Chapitre un

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1914

 

 

Le dimanche 26 Juillet, nous sommes à Soulac, villa Julienne ; mon père, ma mère, Simone et Georges sont venus passer la journée avec nous. Guiguite, René et Loulou sont ravis d'avoir leurs cousins. Je lis dans la Petite Gironde que l'Autriche après une tension politique a envoyé un ultimatum à la Serbie.

Craignant de graves complications je décide d'aller le lendemain par le train à Bordeaux pour compléter mon équipement de guerre.

La semaine s'avance avec de plus en plus de complications européennes, l'Autriche déclare la guerre la Serbie puis à la Russie enfin le samedi 1er Août, à 16 heures, la mobilisation générale en France est annoncée à Pauillac pour commencer le dimanche 2 août. Je pars par l'express du soir pour Soulac, embrasser une dernière fois avant mon départ ma chère Louise et mes enfants chéris. La soirée que nous avons passé sera pour nous tous inoubliable.

 

 2 AOUT 1914

Je quitte Soulac à 5h18 ; à Pauillac j'équipe mon cheval et le fais partir à 8h par la route monté par Lajaunie. A 10h30 je pars en auto avec Rascol et Agier ; Mesdames Rascol et Agier nous accompagnent à Bordeaux. Louis Agier part à 17h25 pour le 10ème Hussard à Tarbes. Paul (Note Du Rédacteur : Rascol médecin à Pauillac) doit rejoindre le service de santé le 30. Ces deux dames ont gravi un véritable calvaire dans cette après-midi : elles ont eu pour moi toutes les provenances possibles. Nous nous embrassons avant de partir ; je quitte Bordeaux à 19h40 pour Bayonne après avoir embarqué mon cheval. Arrivée à 23 heures sans mes bagages.

 

 3 AOUT

Je me rends au quartier, puis au cantonnement de ma Compagnie. Toutes mes pièces de mobilisation y sont déjà. Le cantonnement a été préparé la veille par le 49ème sous la direction de mon Lieutenant M.Dulau. Nous prenons toutes nos dispositions pour recevoir nos hommes le lendemain.

 

 4 AOUT

La mobilisation est admirablement préparée ; nos hommes arrivent plein d'entrain mais le coeur gros d'avoir quitté leurs familles. Des femmes ont accompagné leurs maris jusqu'au cantonnement. Un groupe de 3 hommes avec leurs femmes pleurent en silence ; ils m'entendent dire que je vais recevoir 346 hommes mais que ne devant partir qu'avec 250 dans ma Compagnie, j'en laisserai une centaine au dépôt.

Ils se regardent mutuellement et les hommes se détachent pour me demander de ne pas les laisser derrière ; afin de ne pas émotionner davantage leurs femmes, je réponds que nous verrons ultérieurement ce qu'il y aura lieu de faire et que peut être ils pourront rester à Bayonne. Ce sont alors les trois femmes qui viennent me trouver et l'une d'elles prenant la parole me dit textuellement ceci :

"Monsieur le Capitaine, nous sommes pauvres, mais nous sommes Basques. Il ne faut pas que vous laissiez nos maris derrière, ils seront braves".

"J'ai 3 enfants, elles n'en ont que 2 chacune, mais si au pays on disait qu'ils sont restés ici, on croirait qu'ils sont des lâches".

"Emmenez les M. le Capitaine, et nous prierons pour vous en même temps que pour eux".

Evidemment les larmes m'ont gagné comme à tout ceux qui nous entouraient. J'ai vécu là une minute bien émotionnante.

J'ai regretté ensuite de ne pas avoir pris le nom de ces 3 hommes, mais parmi les 200, tous rasés, que j'ai, je ne les ai plus reconnus ; à coup sûr ils sont dans ceux qui partent, sans quoi ils m'auraient sûrement rappelé ma promesse.

 

 5 AOUT

Les hommes continuent à arriver, tout se passe normalement. Nous nous préparons activement.

 

 6 AOUT

J'envoie au dépôt une cinquantaine de malingres, tout marche bien.

 

 7 AOUT

Rassemblement en armes ; encore une fournée au dépôt et demain nous formons définitivement notre Compagnie.

 

 8 AOUT

Composition de la compagnie.

 

 9 AOUT

Mon anniversaire. J'ai 41 ans, c'est dimanche ; je sors à 7 heures de l’hôtel et j'apprends que Mulhouse est pris aux Allemands. C'est la grande joie ; toutes les figures sont radieuses. A midi, mon camarade Bergeon me fait dire d'aller voir Labrouste, le Capitaine Major du régiment. Je le trouve à 2 heures couché ; il me fait part de la proposition du Colonel, qui veut me prendre comme Major ; je suis ravi. Après midi, promenade à Biarritz, beaucoup de monde, pendant que les autres se battent à la frontière.

 

 10 AOUT

Premier exercice avec ma Compagnie ; Rainette (ma jument) va admirablement ; je lui fais grimper un talus impossible, elle s'en sort à merveille. Le soir avant le dîner, Pontien me fait une sortie au sujet de ma nomination éventuelle de Capitaine Major.

 

 11 AOUT

Après déjeuner le Colonel m'annonce devant l'hôtel Capagorry, que bien que ma nomination ne soit pas encore officielle je devrais prendre mon service le lendemain matin. Je suis Capitaine Major, quoique le plus jeune du régiment ; je suis véritablement dans la joie et je m'empresse de télégraphier la bonne nouvelle à Louise et à Pauillac.

 

12 AOUT