Collège Paul-Emile Victor

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Manchot, toute ta vie tu seras...

La classe de 3e1 du collège Paul-Emile Victor a assisté à la conférence sur les manchots présentée par

M. Yves Handrich chercheur au C.E.P.E. (Centre d'Ecologie et Physiologie Energétique) du CNRS de

Strasbourg.

 

Pour en savoir plus sur les recherches sur les manchots cliquez ici : http://www.infobiogen.fr/SDV/blasco.html

 

Une présentation interactive

 

 

 

 

 

 


Les instruments de mesure des scientifiques

Cet instrument permet de mesurer la vitesse à laquelle le

manchot nage ainsi que sa profondeur .

 

 

Cet appareil permet de mesurer la température

corporelle du manchot

 


Comment les réserves corporelles sont-elles utilisées durant le séjour à terre?

Il faut suivre les variations de la masse corporelle pendant plusieurs années.

La méthode habituelle d'identification, grâce à une bague numérotée, n'est pas suffisamment fiable

(elles sont souvent perdues dès la première année). La pesée d'un manchot implique sa capture, donc

des perturbations répétées. Après trois années d'observation, on a mis au point un dispositif de

surveillance individuel, fiable dans le temps et qui implique un minimum de perturbation. Il devait

permettre de déterminer la durée des sorties en mer de chaque manchot, les gains de masses

correspondants et les pertes de masses durant les séjours au sein de la colonie. Sur un terrain en forte

pente, on constate que les manchots royaux entrent et sortent de leur zone de reproduction par un

même passage, situé au plus bas. Les chercheurs ont délimité sur une pente, à l'aide d'une clôture

grillagée, un parc de la taille d'un terrain de basket présentant un point de passage obligatoire. Pour

éviter des perturbations au voisinage de la clôture, une zone interdite a été aménagée. Une balance,

installée à ce point de passage, permet de peser chaque animal. Pour améliorer la précision, la pesée se

fait par des plans inclinés qui ralentissent la traversée. Deux cellules photo-électriques indiquent le sens

du passage du manchot.

Ce nouveau système d' identification (système Tyris) consiste en une étiquette électronique qui émet un

signal spécifique. Un transpondeur est lisible à une distance de soixante centimètres du lecteur.

 

Un transpondeur permet d'identifier le manchot

qui passe sur la balance.

Enfin une caméra infrarouge permet d'observer les manchot de jour comme de nuit. A chaque passage,

toutes les informations (masse, heure de passage, etc...) sont transmises à la base. Les informations

importantes sont échangées avec le laboratoire de Strasbourg par satellite. Grâce à cet appareil on peut

voir combien de kilo ou de grammes il a gagné ou perdu lors d'une sortie en mer.

 

Croquis du système de surveillance des manchots

 

"Manchot tu t'appelleras!"

Manchots: n.m. Oiseaux palmipèdes, parfaitement adaptés à la vie aquatique, capables de se

reproduire au coeur de l'hostilité perpétuelle de l'hiver antarctique.

Manchot:adj.et n. Privé de bras, de main(s).

Appeller un manchot "manchot" c'est parler le français correctement mais c'est ......absurde!

Il n'y a que la langue usuelle française qui utilise le mot "manchot" pour désigner ces grands oiseaux

noirs et blancs vivant sur la glace de l'Antarctique. Jusqu'au XVIIIè siècle ces oiseaux étaient des

pingouins et le sont restés dans les autres langues (penguin en anglais et pinguin en allemand).

Les manchots ne sont pas manchots : ils ont des " bras" transformés en ailes-nageoires. L'eau est

leur véritable élément : ils "volent" sous la surface à plus de 30 km/h en battant des ailes comme les

autres oiseaux le font dans l'élément air, fluide. Leur observation permet de constater combien ils sont

prodigieux de vitesse et d'habileté dans l'eau. Leur nom de "manchot" ne trouve sa justification que

dans l'allusion à leur maladresse sur la terre ferme et fut adopté à la fin du XIXé siècle par une

commission scientifique française.


"Manchot, ta vie au frigo tu passeras ! "

La vie du manchot se déroule dans l'éternelle compagnie du grand froid (certains manchots atteignent

une longévité de 60 ans). La température descend jusqu'à -30° et même -60°. Les vents sont glacés

et les blizzards peuvent atteindre 200 km/h. Et pourtant le cycle reproducteur du manchot se poursuit

malgré tout avec une stratégie dans ce milieu particulièrement hostile.

Sans nid, sans marquer de territoire sur la glace, les manchots vivent dans une foule souvent

immense rassemblant mâles, femelle et poussins. La femelle pond et passe l'oeuf au mâle qui le

glisse sur ses pieds dans une sorte de poche incubatrice. Ce repli abdominal recouvrant l'oeuf

servira de couveuse au poussin en gestation : la température y est jusqu'à 60° supérieur à la

température ambiante externe.

Le mâle continue à couver, immobile, éclairé par la lumière de la lune, des étoiles et quelques aurores

polaires. Ils maintiennent leur température interne aux environs de 30° grâce à leur plumage très

isolant et à un système efficace de circulation du sang. Lorsque la température baisse fortement, les

mâles forment une "tortue" : pour se réchauffer, ils se tiennent en cercle en se collant très près les uns

aux autres. A tour de rôle, chacun passe de l'extérieur, où il est plus exposé, à l'intérieur, dans un

remarquable mouvement collectif de solidarité.


"Manchot, au jeûne tu t'adapteras! "

Après avoir vaillamment supporté plus d'une centaine de jours de jeûne, cet oiseau mâle mérite-t-il

encore et toujours son appellation? Son poids a diminué de 30 à 40 % ce qui représente la majeure

partie de ses réserves de lipides (graisses). Il est temps de retourner dans l'eau pour se

réalimenter... s'il n'y avait pas le poussin. Est-il possible de le laisser seul exposé au froid donc voué

à une mort certaine?

L'observation des manchots a permis de constater l'existence d'un "signal" de rupture du jeûne. Si la

femelle ne revient pas pour en assurer à son tour la charge, le mâle abandonnera le poussin. Lorsque

le niveau des protéines et principalement celui des lipides stockés dans le corps du manchot diminue

jusqu'à 50% la mort survient. Un signal interne (dont le mécannisme reste à ce jour encore inconnu)

alerte le manchot et provoque la rupture du jeûne. Abandonant le poussin, le mâle retournera-t-il dans

l'eau pour se réalimenter?

"Manchot, tes secrets à l'homme tu livreras!"

Cette "obligation" d'abandonner le poussin, ce bien infiniment précieux sur lequel le mâle veillait

jusqu'au moment où son "alerte interne " a résonné, est une caractèristique remarquable des manchots.

Le mécanisme lié à l'existence de ce signal et encore peu connu. Son intérêt est immense car le

corps humain ne possède pas un tel signal et la grève de la faim ou l' anorexie conduisent à la mort

sans qu'aucun signal prioritaire sur la volonté ne vienne obliger l'individu à se réalimenter. La

découverte du mécanisme en jeu chez les manchots pourrait permettre une nouvelle réflexion dans le

traitement du corps humain.

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