Collège Paul-Emile Victor

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Des hommes et leur civilisation : les inuit

 

Eux et Nous

Travaux de groupes d'élèves à partir d'un corpus de textes tirés du Journal "Le Monde"

Groupe 1 : Etre civilisé ?

Nous qui considérons notre civilisation comme supérieure, sur quoi nous basons-nous ? Sur
le fait que nos traditions sont différentes ? Que notre façon de vivre n’est pas la même ? Que cela
change-t-il de manger la viande crue ou cuite ?
Alors que ce sont les blancs qui ont introduit le tabac, l’alcool et la drogue dans un pays où la
philosophie est basée sur le respect de l’environnement et où ces vices étaient inconnus, que
pouvons-nous en déduire ? Avons-nous des leçons à donner ou à recevoir ? C’est tout de même
notre peule qui a transformé ce peuple en esclave de mauvaises habitudes qui étaient les nôtres.
Etait-ce une marque de civilisation ? Mais eux nous trouvent « cyniques, égoïstes, individualistes et
mal partis » et disent de nous : « Ils s’étourdissent dans la ville pour oublier qu’ils ont perdu le sens
de la vie. » Ils critiquent nos façons de vivre, notre modernisme, mais accepteraient-ils d’abandonner
le confort et les avantages qu’offre justement ce modernisme, pour recommencer à vivre comme leurs
ancêtres ?
En conclusion, pouvons-nous donner une réelle définition du mot « civilisé » ? Chaque
époque et chaque pays en ont eu leur propre conception ; mais maintenant, à l’aube du troisième
millénaire, certains n’ont-ils pas les mêmes réactions qu’il y a une centaine d’années ?
C’est donc à nous qu’appartient l’avenir, c’est à nous de faire comprendre aux gens
l’importance de la tolérance envers les autres pour que le monde change, au moins un peu.

Chartres en France

Un petit village Inuit


Groupe 2 : Qui suis-je ? l’identité, le nom ...


Le nom qui leur est attribué détermine leur personnalité suivant celle de l’ancêtre du même
nom.
Exemple 1 : Une fille portant un nom masculin sera éduquée jusqu’à la puberté comme un
garçon. Elle pêchera et chassera donc comme eux et avec eux.
Exemple 2 : Une personne portant le nom d’un ancêtre mort noyé peut avoir la phobie de
l’eau.
Les villages étant très petits, tous les habitants se connaissent. Etant donné un
accroissement naturel très fort, ont-ils assez de noms pour baptiser les nouveau-nés ? Peuvent-ils
inventer de nouveaux prénoms ? Les Inuit donnent parfois les mêmes noms que les Canadiens, mais
déformés par leur langue : Ruth donnerait Vrootee, Olootee ou Aloutah.
Pour pallier le problème d’intégration, autrefois le gouvernement a imposé aux Inuit le port
d’une marque permettant de les reconnaître et de les répertorier. Aujourd’hui ce système a été aboli
et maintenant les Inuit commencent à porter des noms canadiens.


Le fait d’appeler un fils « papa » nous est étranger et nous interpelle. Je pense que cette
civilisation pourtant très étudiée nous est encore étrangère.
Nous pensons qu’une personne devrait forger soi-même sa personnalité, même si les parents
lui donnent un nom et l’éduquent selon ce nom. Nous trouvons le « recyclage » d’une personne
étrange, car c’est une personne à part entière qu’on ne devrait pas copier. A l’opposé, si nous aimons
une personne et qu’elle décède, nous aimerions la revoir, d’autant que ça pourrait être notre fils. Ce
serait comme sauver cette personne de la mort.


Groupe 3 : Alcool, tabac, suicide : qu’est-ce qui désespère les jeunes ?

Le nombre de suicides au Nunavut est très important (six fois supérieur à la moyenne du
Canada). Pourquoi le suicide ? Qu’est-ce qui les pousse à opter pour cette solution sans retour ?
Quelles autres solutions ont-ils ?
Dans notre pays, les raisons de suicides sont plutôt superficielles : ce sont essentiellement
des jeunes qui, peu écoutés, se referment sur eux-mêmes et optent pour le suicide. Mais pourquoi ?
Surtout à cause de problèmes familiaux, ruptures, décès ... Tandis qu’au Nunavut les raisons sont
plus profondes. Les causes des nombreux suicides sont essentiellement des problèmes familiaux qui
sont dus au passé difficile de leurs parents (abus sexuels, lavage de cerveau pour oublier leur culture
...) et qui font que leurs enfants oublient à quelle civilisation ils appartiennent, et échouent dans la vie
(angoisses, maladies de l’esprit). Alors souvent les jeunes Inuit se réfugient dans la drogue,
l’alcoolisme et le tabagisme.

Taux d'alcoolisme au Groenland Taux d'alcoolisme en France
   

 

Ils voient dans ces drogues une sortie de secours, mais
malheureusement ce n’est pas le cas. En général, ils s’enfoncent de plus en plus dans la misère et la
dépression.

 

La drogue au Groenland La drogue en France
   


Les raisons des suicides et autres dépressions sont souvent similaires aux nôtres, mais il
subsiste des différences.

Groupe 4 : Chasse, tradition, environnement
Ici, nous considérons la chasse comme un loisir, un sport, plus que la source de notre survie,
de notre nourriture. Pour les Inuit, la chasse fait partie de leurs traditions, de leur art de vivre. Ils sont
obligés de tuer quelques animaux . La chasse est effectuée dans le respect des animaux et des
traditions. Les Inuit ne tuent q’une petite quantité d’animaux (la dernière baleine avait été tuée il y a
53 ans) par rapport au reste du monde. Ils ne gaspillent presque rien des animaux tués. Ce n’est à
cause des Inuit que les espèces sont menacées.

La pêche traditionnelle au Groenland

La chasse à courre en Europe.


Groupe 5 : Education et rôle de l’école
Au Nunavut, certains enfants arrêtent l’école en 4ème alors que nous, en y réfléchissant bien,
nous aimons l’école. Qu’est-ce qui les différencie de nous ? Est-ce parce qu’ils n’ont pas de
possibilités dans le futur et qu’ils ne peuvent pas se rattacher au passé ? Pour nous la famille passe
d’abord, mais chez eux lorsque leurs parents boivent, fument, et ne s’occupent pas d’eux, qu’est-ce
qui leur reste ? Les personnes âgées ne sont pas allées à l’école mais sont bien éduquées. Quelle
opinion peuvent-ils avoir de l’utilité de l’école ? On dit que ce n’est pas bien que les jeunes gens se
droguent, boivent, fument ; nous aussi nous avons des personnes qui fument, se droguent, boivent,
alors qu’eux ont cent fois plus de raisons que nous.



Groupe 6 : Chaque peuple doit-il avoir son territoire ?
Certains d’entre nous pensent qu’en effet, chaque peuple doit avoir son propre territoire car
chaque population ayant sa religion, ses coutumes et sa culture propres, la cohabitation avec des
peuples aux modes de vie opposés pourrait s’avérer difficile voire impossible. Dans certains cas, si
on n’avait pas séparé, divisé et partagé les territoires entre les différentes ethnies qui le composaient,
des guerres auraient sûrement éclaté.
Dans un grand pays où règne la tension à cause de différences ethniques, il faudrait que ce
soit les peuples habitant ce pays qui définissent eux-mêmes les frontières des territoires propres à
population et que des aides extérieures n’interviennent qu’en cas de mésentente entre les peuples à
ce sujet, comme par exemple au Kosovo encore en guerre aujourd’hui.
A notre avis, les colonisateurs sont responsables des conflits territoriaux car chaque pays,
pendant la « course aux colonies » avait séparé des tribus et divisé des territoires, ce qui après la
décolonisation a été la cause de ces problèmes. C’est donc aux colonisateurs de réparer les dégâts,
comme par exemple au Rwanda, au Congo et au Burundi.
Nous pensons aussi que les Inuit devaient se voir attribuer un territoire propre car nous
estimons que chaque peuple a droit à sa liberté. Or le Canada essayait de faire disparaître les
moeurs des Inuit et à présent que le Nunavut a été créé, les Esquimaux vont avoir leur propre
gouvernement et vont pouvoir prendre seuls des décisions.
Cependant, d’autres pensent qu’il n’est pas nécessaire que chaque peuple ait son propre
territoire. Ce n’est pas indispensable si les populations d’un même pays arrivent à s’entendre. Cela
ne doit surtout pas avoir lieu si les peuples, après avoir « reçu » un territoire indépendant, n’arrivent
pas à diriger seuls leur pays, à se gouverner, à s’organiser, comme par exemple la Yougoslavie
après sa division.
Des divisions de territoires ont en outre été mal effectuées : on a pris des territoires à un
peuple pour les donner à un autre peuple au mode de vie totalement différent, de religions opposées,
ce qui a entraîné des guerres. Un exemple flagrant : la Palestine et Israël qui se battent pour une
petite parcelle de territoire.
Si nous nous posons la question : « Et nous, que sommes-nous ? Européens, Français,
Alsaciens ? », une grande majorité d’entre nous pensent qu’ils ont Alsaciens avant tout car ils sont
attachés aux traditions de cette région, à ses origines. Nous sommes Alsaciens et fiers de l’être.
Nous voulons également poser quelques questions à Annick Cojean :
- Est-ce nécessaire de créer un pays indépendant pour permettre aux habitants de retrouver leurs
valeurs et leurs traditions, alors que le Canada est une démocratie ?
- A votre avis, est-ce que chaque peuple doit avoir son territoire indépendant ?
- Que pensent les Inuit des problèmes territoriaux dans le reste du monde ? Ne pourraient-ils pas
aider à trouver des solutions, en connaissance de cause ?

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Collège Paul-Emile Victor : les élèves de 3e5 (en cours de français) pour la partie texte et les élèves de 3e1 pour la mise en pages.

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