Le journal d'Anne Frank

 

Extrait de son journal :

«Maman et Margot ont passé tout l'hiver avec deux tricots et les miens sont si petits qu'ils ne m'arrivent même pas au nombril. Pour tout arranger nos pommes de terre ont contracté des maladies si singulières qu'un seau de pommes de terre sur deux aboutit dans le poêle. Quand je regarde le ciel, je pense que tout finira par s'arranger, que cette brutalité aura une fin, que le calme et la paix reviendront régner sur le monde…».

 

Quelques précisions :

Le journal d'Anne se termine quelques pages plus loin.

La police allemande les arrête le 4 août 1944. Anne meurt du typhus dans le camp de Bergen - Belsen en Allemagne. Otto Frank le père d'Anne fut le seul survivant. Le journal d'Anne Frank fut édité grâce à son père.

Son vœu de devenir écrivain a ainsi été réalisé.

C'était une petite juive de treize ans, fille de commerçants allemands qui, au moment des premières persécutions nazies, avaient cru  trouver en Hollande un salut définitif. Mais le monstre a maints tours dans son sac : qui peut être sûr de lui échapper ?

L'invasion des Pays-Bas derechef les mit à sa merci. Quand en Juillet 1942, les Frank durent choisir entre deux décisions : se soumettre à l'appel de la Gestapo ou se cacher coûte que coûte, des deux termes de l'alternative ils préférèrent le second... Dans un pavillon d'arrière-cour, tel qu'en comportent tant de maisons d'Amsterdam, ils s'installèrent comme des rats dans un trou.

Mille précautions étaient à prendre : ne pas se montrer, ne point faire de bruit. On imagine quels problèmes de tous ordres se posaient à ces prisonniers volontaires : les moindres n'étaient sans doute pas ceux dont l'intolérable cohabitation de huit êtres, sans une seconde de solitude, renouvelait quotidiennement les termes...

Anne Frank avait donc treize ans. Elle était jolie, le savait, sans attacher au fait une excessive importance...

Ce mélange de maturité et de fraîcheur donne à ce livre son charme unique. A toute page, on est frappé par une remarque d'une pertinence, d'une justesse psychologique singulière ; et tout de suite après, un mot candide, une allusion suffit à rappeler que la petite fille qui écrit ne connaissait pas encore grand chose de la vie et, en tout cas n'en avait point été encore touchée au cœur par ses tristesses et ses laideurs.

Dans ce petit monde que constituait la communauté de huit reclus, que pouvait-elle faire ? Lire. Énormément, au hasard (les livres n'étaient pas abondants en cet abri), avec la voracité des êtres jeunes. Mais surtout observer. Et c'est à cette tâche, en définitive, qu'elle se consacra, oh! sans aucun propos délibéré, mais seulement parce que cela lui était proposé par les circonstances et qu'elle avait un sens aigu de l'observation.