Stéphane
DAFFLON
Lignes,
formes, couleurs en a-plat : l'œuvre en apparence
facile de Stéphane Dafflon puise aux sources de
l'art concret.
Volumes, tableaux, peintures au sol
ou peintures murales, ses réalisations évoluent pourtant d'une manière
qui leur est propre. Elles entretiennent un rapport particulier à l'espace
qu'elles habitent et auquel elles impriment leur mouvement.
L'ensemble compose un agencement qui
vise en dernier ressort le spectateur : celui-ci est invité à
participer d'une expérience sensible et visuelle.
En cela,
l'actualité de Dafflon s'impose.
Par sa technicité d'abord : tous les travaux sont
préparés et dessinés sur ordinateur.
Formes et couleurs, issues de
logiciels graphiques comme Xpress, Illustrator ...
sont mixées, conjuguées entr'elles pour aboutir à une composition originale.
Celle-ci sera ensuite mise en œuvre avec des
procédés et matériaux souvent industriels.
La peinture de Stéphane Dafflon manifeste ainsi une activité créatrice qui touche
aux fondements de l'art graphique.
Il y a déplacement du champ de
l'art vers celui de la communication. Et s'il réserve une place à l'objet,
celui-ci, à la frontière entre design et beaux-arts, échappe à toute
classification.
Du graphisme à la peinture, de la
sculpture à l'installation ... et jusqu'aux références musicales, l'artiste-designer
repousse les limites et brouille les pistes.
Géométriques et simples, ses formes
revêtent un contour exact qui témoigne de la qualité d'exécution et de fini exigée.
Parmi elles l'ovale ... ou plutôt le
rectangle aux angles arrondis, occupe une place de choix. La tension naît précisément de cette forme
hybride, ni cercle, ni carré. Mais si la forme reste identique, son utilisation
est changeante et les effets toujours différents.
Dérivée de sources multiples,
l'œuvre s'organise en une composition équilibrée qui semble se jouer des supports comme des formats. Celle-ci
vise aussi bien l'effet visuel que le mouvement,
pour aboutir à l'interactivité avec le spectateur. Il suffit d'entrer dans le
jeu pour voir que tout y est remarquablement construit. L'ensemble
propose au spectateur un environnement
inhabituel, un autre champ de la perception.
Associées aux éléments sculpturaux
posés au sol ou accrochés au mur, ses peintures murales - les wall-paintings - viennent investir l'espace
architectural pour mieux le transformer.
Rythme, mouvement et champ de force s'y conjuguent dans une expérience proprement rétinienne. Il y a appropriation de
l'espace qui devient évolutif et dynamique.
En exploitant
ainsi diverses techniques, le travail de Stéphane Dafflon
implique recherche formelle et volonté d'expérimentation. Il tend
à prouver que l'informatique favorise autant la création que
l'industrialisation. Ainsi, pour l'artiste contemporain dont l'œuvre reste
essentiellement picturale, les nouvelles technologies ne sont plus en
opposition au dessin où à la peinture mais permettent l'émergence d'autres modes de
représentation et de relation.

