Catalogue Peter Kogler, Stéphane Dafflon, Francis Baudevin, Villa Arson, Nice, 2002

 

ERIC TRONCY

 

 

Comment peut-on choisir la peinture abstraite aujourd'hui? Voila bien la première question qui vient à l'esprit, sans malice d'ailleurs, mais avec simplement un peu de bon sens. Comment choisir encore cet exercice mille fois rabâché quand s'offrent désormais mille technologies attrayantes - et qui, par parenthèse, emportent d'ailleurs l'adhésion du plus grand nombre dans la génération de Stéphane Dafflon? Comment s'intéresser encore à ce genre si historiquement chargé, comment encore souhaiter poser des questions quand tant de brillantes réponses ont déjà été apportées?

On multiplierait à l'envi les interrogations mâtinées de dissuasion à l'adresse des artistes débutants qui auraient à prendre une courageuse décision (Que faire?) et l'on aurait tôt fait de les voir choisir un autre chemin que celui de l'ab­straction. Abstraction picturale de surcroît, quand la peinture est un médium qui perdit, semble-t-il, ses lettres de noblesse dans la décennie précédente, et ne les regagna, peut-être, récemment, que dans la figuration. Autre facteur de l'équation: si la peinture connut ses heures de gloire deux décennies avant aujourd'hui, elle le dut aussi à son organisation en mouvements, d'ailleurs souvent nationaux: néo-expressionnisme "allemand" neo-geo d'obédience améri­caine, trans-avant garde "italienne" figuration libre ouvertement "française"- une stratégie qui aujourd'hui n'est plus cotée en bourse (il n'est pour s'en convaincre que de vérifier combien "l'esthétique relationnelle" semble tenir lieu de mouvement de substitution) et tandis que l'exotisme le plus hétéroclite tient souvent lieu d'argument esthétique. Cotée en bourse: c'est aussi de cela qu'il s'est agi-la pein­ture dans les années 80 s'est également distinguée pour son simple statut d'objet décoratif, allant de pair, d'une part. avec le développement de l'art de l'objet, et son rayon­nement international et, d'autre part, avec les extases boursières du marché de l'art.

Dans le brouhaha des œuvres bavardes qui ont les faveurs de notre époque, où la photographie intime et la vidéo rapide s'affirment comme moyens naturels des épanchements de l'ego, la peinture abstraite n'a que peu a offrir, sinon son pouvoir de résistance et, éventuellement, la proposition discrète d'autres aspirations artistiques. Faire le choix de la peinture abstraite c'est se couper volon­tairement de tout projet narratif simple - sauf, éventuellement, à circuler dans le couloir étroit qui "conduit"(le jeu de mot est involontaire) des célèbres "deux carrés" dont Lissitsky contait l'histoire, jusqu'aux sublimes "cellules" de Peter Halley ; sauf, encore, à emboîter le pas à la distorsion abstraite de la figure, qui trace cette fois-ci le chemin depuis Bart van der Leck jusqu'à Sarah Morris.

Celle de Stéphane Dafflon, pour couronner le tout, ne paie aucun tribu à l'ironie ni au cynisme: récusant le laisser-aller si populaire des coulures semi-accidentelles qui s'affichent comme autant de facteurs de mépris du savoir-faire ou fac-similé d'une attitude trash, elle ne se conçoit qu'éminemment propre, bien finie (alors que le non-finito sévit à nouveau dans la peinture figurative), et plutôt joyeu­sement colorée (quand il est de bon ton d'offrir des gammes pauvres et des pastels sales). Son exécution est minutieuse, pour ne pas dire laborieuse, les formes sont ourlées de scotch, chaque accident, aussi léger soit-il, est obstinément réparé, masqué, dissimulé.

C'est dans cet ensemble invraisemblable de contraintes et d'exigences que se situe le projet artistique de Stéphane Dafflon: autant dire près d'un camouflet à son époque. C'est qu'il n'entend pas, comme c'est aujourd'hui tristement la règle, utiliser l'art pour illustreras nouveautés du monde contemporain (nouveautés sociologiques, économiques, sociales, etc.), mais plutôt, à l'inverse, faire le pari d'une nouveauté dans l'histoire des formes, qui nous permettrait de mieux dévisager, sinon envisager, le monde contemporain. Et en cela, au moins, la peinture abstraite est-elle en rupture avec la tradition classique, qui fit de l'illustration les fondements de sa raison d'être.

I! y a pourtant quelque fatalité à dédier son oeuvre à la peinture abstraite lorsqu'on est Suisse tant est patent en ce pays cet exercice en forme de tradition -qui, au passage on le rappellera, prend ses sources dans l'art concret "Suisse" justement. Qui n'a jamais succombé aux charmes austères d'une peinture de Lhose et à ses surfaces carrées colorées juxtaposées en autant de gammes systématiques, qui n'a jamais été "habité" par les circulations infinies et infiniment simples des sculptures de Max Bill restera probablement insensible à cette tentation "suisse" de la peinture abstraite. Mais est-il possible de rester insensible au talent singulier de John Armleder et à la miraculeuse et évidente beauté de la partie picturale de son œuvre? Il importe ici de mentionner qu'Armleder fut le professeur de Dafflon, 3 l'école cantonale d'Art de Lausanne, et si l'on veut bien oublier un instant le dandysme de l'éminent helvète, on retrouvera chez l'élève bien des qualités partagées, au premier rang desquelles l'application à réussir une toile avec presque rien. L'art de Dafflon est en effet à plus d'un titre un art de la déflation (pour toutes les raisons qu'on a esquissées plus haut), y compris dans la simplicité désar­mante du vocabulaire formel qu'il déploie.

Curieusement, c'est par le biais du graphisme et de son incroyable développement que l'époque a rattrapé la pein­ture abstraite-qu'elle l'a pillée aussi. Et, pourquoi ne pas le dire, par celui de la club culture dans ses réincarnations techno: plus particulièrement les flyers et magazines afférents aux codes de cette tribu qui ont, comme d'autres cultures musicales avant elle qui se satisfaisaient d'ailleurs du qualificatif de "mode" (new wave, batcave, cold wave, etc.), imposé une iconographie abstraite singulière. Le langage de Dafflon n'y est pas hermétique, qui radicalise parfois, simpli­fie souvent, la lexicologie de ce vocabulaire, mettant en évidence, par exemple, la disparition de l'angle droit au profit de l'arrondi, cette dernière figure elle-même directe­ment engendrée par les propositions basiques des logiciels de composition graphique: Xpress, Illustrator, etc. Au passage, on ne résistera pas à signaler que la disparition de l'angle droit au profit de ce format aux angles arrondis transforme curieusement tout en diapositive- souvenirs de vacances à partager, peut-être, avec sa famille générationnelle, ou réalité d'une époque où tout fait image. Dafflon fut l'un des premiers à poser la question de la valid­ité de ce langage graphique dans le champ de l'art, l'éprouvant au regard d'une histoire constituée, modifiant les paramètres pour les faire coïncider avec une tradition que, du même coup, il a contribué à faire évoluer. Pour en finir avec cette inspiration musicale, ici bien "inspiration" et non pas source iconographique (à l'inverse du travail actuel de Gerwald Rockenshaub, dont Dafflon a sans doute médité les productions plus anciens, en particulier les tableaux de signes des années 80), on repérera éventuellement ici ou là sur les toiles des débuts quelques formes évoquant des potentiomètres, des diodes lumineuses, des sinuosités d'infra-bass. On a un peu glosé sur cet aspect de son travail : il serait absurde de l'y réduire. Pour autant on doit signaler que les esquisses préparatoires des peintures comme des wall paintings ont lieu sur l'écran de l'ordinateur-c'est d'ailleurs chose assez banale aujourd'hui.

 

Si la peinture de Stéphane Dafflon a cédé aux charmes (économiquement malpratiques) du wall painting, c'est pour mener à bien le projet d'une "expérience panoptique" autant que pour oblitérer la libération du statut décoratif de la peinture abstraite. Commençons par là : j'ai exploré ailleurs comment la décoration a longtemps constitué "la part maudite de l'art contemporain"1 et il ne semble plus vraiment nécessaire de constater qu'elle s'est affranchie de cette part maudite de l'histoire de l'art de la seconde moitié du XXe siècle regorge de vitupérations plus ou moins amères, plus ou moins amusées, d'artistes, depuis Polke peignant avec rage sur une toile "Une œuvre ne devrait jamais être plus large qu'un lit" à Warhol qui déclarait sereinement "Vous n'imaginez pas combien de gens sont désireux d'ac­crocher une chaise électrique dans leur salon, pour peu que les couleurs soient assorties à celles des rideaux" La pein­ture est décorative, et le reste aussi. Celle de Dafflon en a pris le parti, un peu à la manière de Lily van der Stokker affirmant que le problème, pour elle, n'est pas de réussir à faire une peinture qui soit laide, mais d'y prendre du plaisir: elle explique ainsi son application à faire de "belles" pein­tures. Et de la même manière que Richard Phillips exprime comme une qualité la désusbtantialisation des images par la reproduction (là où bien des artistes des années 80 avaient rebondi sur la perte d'aura de la reproduction), Dafflon envisage sereinement la "joliesse" de ses composi­tions - aussi bien que souvent leur banalité. L'expérience panoptique mentionnée plus haut renvoie bien entendu aux formats conventionnels réinvestis par la peinture de la seconde moitié du XXe siècle, inaugurés entre autres par les grands peintres abstraits américains des années 70 et les formats volontiers King Size de Morris Louis, Frank Stella ou Barnett Newman. Le développement sur le mur, en même temps qu'il s'inscrit dans une progression inflationniste des stratégies de la peinture, permet aussi, au-delà de "l'écran" instauré par les abstraits américains, d'englober parfaite­ment le spectateur, telle cette œuvre que Dafflon réalisa sur tous les murs du salon de l'appartement d'un collectionneur parisien, où ses formes aux angles arrondis se développent dans des gammes chromatiques de vert sapin et gris intense. Il s'agit d'un "envahissement" de la peinture, prolongement all around de l'historique all over2, qui à la fois l'affirme en tant que décor et l'impose en tant qu'expéri­ence. Il y a chez Stéphane Dafflon un souci minutieux porté aux formats y compris de ses œuvres sur châssis, ne rechig­nant d'ailleurs pas aux formats petits. Il est remarquable que ce soient ces formats petits qu'il ait choisi de présenter lors de sa première exposition personnelle d'envergure, à la galerie Air de Paris (Paris), ceux-ci installés dans un "disposi­tif d'exposition" intitulé Airless, vaste cabine blanche immaculée dont il avait "arrondi les angles" interdisant ainsi tout sentiment de perspective par l'effacement des lignes de fuite qui la matérialisent. Outre que cet environnement singulier se jouait de l'espace euclidien, il ne permettait plus au spectateur de comprendre immédiatement si les toiles étaient anormalement petites et au premier plan, ou bien normalement grandes et au loin -le forçant sur le mode de la prestidigitation à prendre conscience de la singularité des formats.

D'autres expériences optiques tellement simplistes qu'elles se présentent avant tout comme des théorèmes ont conduit Stéphane Dafflon à décliner au sol et en volume certains éléments figurant sur des toiles présentées derrière ces éléments-les deux situations (à plat et au mur, en volume et au sol) imposant leurs contraintes propres, les éléments figurés devant ainsi "tenir debout" pour composer un premier plan dont le tableau serait la perspective "en miroir" ou bien se résoudre à âtre présentés "allongés" (dans le cas des étoiles à quatre branches, au sol face à deux toiles accrochées en angle), formant ainsi un axe supplémen­taire. Cette "tentation de la troisième dimension" (que Frank Stella a résolu dans des tableaux prodigieusement profonds, donnant un peu de relief au langage du graffiti), n'a d'ailleurs été explorée que rapidement par Dafflon et constitue pour lui une perspective future potentielle - signe que son œuvre, loin d'être petitement contrainte par la désertion des images, dispose encore de bien des hypothèses. De la désertion des images inhérente à la peinture abstraite dans l'économie actuelle de l'imagerie (publicitaire, ciné­matographique), Dafflon offre une réjouissante contrepartie dans un wall painting réalisé pour l'appartement d'un collec­tionneur monégasque, sobre et superbe constellation d'étoiles à quatre branches jaune citron et vert acide sur fond blanc (dont la forme n'est pas sans évoquer celle des mêmes étoiles apparaissant au générique de Ma sorcière bien aimée), conçue pour servir de toile de fond à l'écran plat à cristaux liquides d'une télévision design: soit le vrai lieu de l'image contemporaine. Geste discret mais redoutable, qui dit aussi le pourquoi du choix de la peinture abstraite.

Puisqu'aujourd'hui Stéphane Dafflon expose à la Villa Arson, centre national d'Art contemporain, comment ne pas se souvenir que c'est ici, justement, que se tint l'une des grandes expositions internationale de peinture abstraite de la fin du siècle achevé? Tableaux abstraits, en l'occurrence, s'est tenue à la Villa Arson du 11 juillet au 28 septembre 1986, et faisait suite à Abstraits, sorte d'exposition prélimi­naire et de condensée (curieusement préalable) qui s'est tenue, elle, au Consortium du 25 avril au 31 mai de la même année. Aux sept artistes de l'exposition dijonnaise (Armleder, Federle, Frize, van der Heyden, Lavier, Merz, Rockenschaub) beaucoup d'autres ont été adjoints pour l'exposition niçoise et notamment Andy Warhol, dont la présence de ses Rorschach Paintings n'est pas, a posteriori, l'événement le moins réjouissant-ni le moins signifiant.

Confié à l'historien d'art Christian Besson, le texte du cata­logue conjoint édité par les deux institutions3 s'ouvre sur la description d'un tableau que Sigmar Polke réalisa en 1968 : "On y voir deux traces de brosses et d'autres de pinceau, une tache informe et une spirale déroulée: l'angle inférieur gauche est barré d'un bandeau en diagonale ; le bas laissé vierge porte l'inscription Moderne Kunst (art moderne) [...] Faire d'une peinture abstraite le représentant de l'art moderne, c'est du même coup identifier ce dernier à un genre pictural avant même d'y voir une période de l'his­toire de l'art. L'essence de l'art moderne résiderait ainsi dans la peinture abstraite. Mais le paradigme a une portée plus large. La question implicite est claire - Comment faire moderne?-En faisant abstrait." Péremptoire, l'assertion ne représentait pas une hypothèse isolée. Ainsi dans un texte de 1988, Olivier Mosset revenait-il sur le ?.. postulat selon lequel, à la fin de ce siècle, la peinture non-figurative sera reconnue comme l'art de notre époque"4. A peine quinze années plus tard, emporté dans le maelstrom triomphant de l'installation, de la photographie et de la vidéo, ayant observé la sophistication réjouissante de quelques proposi­tions artistiques et la désolante simplicité du tout-venant culturel, on peut probablement souscrire encore à cette proposition mais certainement pas sans la relativiser sévèrement. Certes, l'abstraction aura marqué le siècle considéré dans son entier, mais la fin du siècle, si elle devait être incarnée et, pourquoi pas, restituer une image quasi caricaturale, aurait bien d'autres formes à prendre en considération.

Ainsi peindre abstrait aujourd'hui (et diable ! il est vrai que nous avons, de surcroît, changé de siècle), c'est aussi savoir se colleter avec les illusions perdues de l'art abstrait. D'une certaine manière, la peinture low profile de Stéphane Dafflon (appliquée,jolie, sans affectation, sans démesure, etc.) apporte une réponse personnelle à cette question: en étant finalement peu exigeante, elle s'expose sans risque à la dévaluation. Consciente, après tout, défaire image autant qu'une peinture figurative, elle est à prendre dans l'inter­changeabilité des images, leur flot, leur manipulation, leur usage - de chacune de ses toiles, n'importe quelle banque pourrait bien faire son image, de même que n'importe quel talk show pourrait en faire sa toile de fond (puisque à la télévision française, c'est un pastiche assez convaincant de toile de Roy Lichtenstein qui fait office de décor à une émis­sion qui met en valeur les liens du couple.) De son probable statut, à un moment ou à un autre, de toile de fond, la pein­ture de Stéphane Dafflon sait s'accommoder par avance, en se déployant sur ce qui se présente finalement comme des écrans aisément manipulables (assis sur un unique pied central) ou des cimaises à échelle humaine dont l'aspect légèrement renflé signale discrètement combien l'idée même de la peinture qui les habite aura été distordue par l'époque.

Les exigences idéologiques de la modernité laissées un peu en retrait, j'imagine que pour un artiste ayant choisi la peinture abstraite, même à ces conditions, exposer sa pein­ture aujourd'hui, c'est aussi négocier avec la question de l'exposition qui, décidément, n'est pas innocemment présente au cœur de bien des débats actuels. On compren­dra que sur ce registre, les œuvres de Stéphane Dafflon peuvent s'accommoder d'à peu près toutes les situations. C'est de cela (aussi) dont il fait la démonstration à Nice, pour son exposition à la Villa Arson. Toiles de fond et toiles de formes savent y voisiner avec quelques propositions décora­tives et ludiques (on demande aussi cela à la peinture !) dans un wall painting serpentant tout autour d'une salle; un écran sur pied offre une surface à un autre artiste pour satisfaire aux exigences collaboratives d'une époque qui, faute de mieux, veut voir dans ce procédé au moins une de

ses singularités; une sorte de plongeoir en équilibre sur un escalier offre la possibilité de la peinture comme expérience physique et matérielle; ailleurs une composition abstraite sert de piédestal à quelques haut-parleurs pour inscrire tout cela, probablement, dans la culture d'une génération, etc. Bon.

Le plus remarquable, dans cette affaire, est bien la qual­ité discrète de chacune de ces propositions, leur évidence, leur justesse. On finit par penser que, au bout du compte, la peinture abstraite n'est plus un problème dans l'art de Stéphane Dafflon. Pour aussi instruit qu'il soit de son histoire et de ses déboires, ce n'est pas tant de tout ceci qu'il nous propose de faire l'expérience. Mais de quoi, alors7 Eh! bien il va de soi que lorsqu'on aura apporte une réponse a cette question, son travail aura cessé d'exercer ce pouvoir d'éveil et d'émerveillement qui fait au spectateur sentir l'importance et la délicatesse de sa présence au monde - l'art saurait-il être autre chose que ce qui nous tient éveillé?

1 Eric Troncy,"Décoration: la part maudite de l'art contemporain" in catalogue L'Envers
du décor, musée d'Art moderne de Lille Métropole, Villeneuve d'Ascq, octobre 1998

2 Eric Troncy, "Painting: from all over to all around" in Flash An n°74,janvier 1994.
Publié à nouveau dans Le Colonel Moutarde dons la bibliothèque avec le chandelier.
Les Presses du réel, Dijon, 1998

3 Tableaux abstraits, Villa Arson. Nice. 1986

4 Olivier Mosset, texte inédit de 1988 publié in cat. Compilation, une expérience de l'ex­position. Les Presses du réel. 1998