Stéphane Dafflon (1972)
fait partie de la nouvelle génération de peintres qui véhiculent
une nouvelle perception de la peinture.
La peinture est un médium beaucoup trop fort pour qu'il
puisse disparaître de la pratique artistique contemporaine. Un médium puissant,
car il est simple, composé d'une matière appliquée sur un support : graphite,
gouache, aquarelle, pigment, collage, etc. Le
résultat est pure illusion, figurative ou abstraite, avec toutes les nuances
que ces deux champs comportent. Mais illusion quand même, car matière sur un
support, mais quelle force 'évocatrice'.
Stéphane Dafflon utilise
l'ordinateur pour effectuer les esquisses et manipuler formes et contours. Ses
recherches formelles se font à partir de cet instrument sophistiqué, qui en
influence fortement le résultat. Il a permis la création de nouvelles formes ou
de compositions impossibles à réaliser avant l'apparition de cet 'outil'
informatique et des logiciels graphiques. Comme dans la musique actuelle,
l'ordinateur permet de 'mixer' des formes pour créer de nouvelles
configurations 'hybrides' et des compositions, simples ou complexes, avec un
'rythme' nouveau. La même démarche est utilisée pour la couleur. Ce procédé
n'est pas facile, car l'artiste se trouve très vite devant une multitude de
possibilités et le choix devient complexe. Les décisions doivent être prises à
plusieurs niveaux, de la recherche formelle à la réalisation et jusqu'au choix
de la forme de présentation.
Stéphane Dafflon travaille sur
plusieurs supports, le tableau (toile sur châssis), la peinture murale et sur
des éléments sculpturaux posés au sol ou accrochés au mur. C'est cette dernière
et plus récente forme de présentation qu'il a choisie pour cette exposition.
Elle comprend trois éléments ou groupes :
Un paravent, sorte de paroi de séparation, seule pièce qui
n'a pas été réalisée pour cette exposition mais créée l'an passé pour Fri-Art, hôte de la Liste 2000 - The
Young Art Fair, dans le cadre de la foire de Bâle. Il
est composé de deux peintures de chaque côté de la paroi en forme de demi-lune.
Un cadre est peint du côté convexe. Il peut définir l'endroit pour écrire un
texte ou appliquer une affiche ou simplement définir un espace ou une bordure.
A l'intérieur, la même forme est transposée de sa position convexe sur le
support concave avec les déformations que cela implique.
Une série de 3 panneaux, mobiles sur un axe. De même forme
mais de dimensions différentes, chacun des panneaux comprend une peinture sur
chaque côté. Ce travail fait allusion aux panneaux publicitaires, actionnés par
le vent, qui les fait pivoter sur leur axe en créant une vision optique
particulière. Ici ce n'est pas le cas, c'est la double vision d'une composition
avec une variation et qui se voient une à une.
La troisième réalisation, dans la petite salle du 1er
étage, est composée de quatre éléments fixés au mur qui pourraient être
comparés aux rampes des skateboardeurs. Ils sont
peints à l'avant de la couleur des murs et à l'arrière de formes de couleur
vives. Ce travail prend en compte tout l'espace physique. Il tend à lui
imprimer un mouvement dynamique circulaire ou plutôt inscrit dans un ovale
virtuel, qui peut être perçu grâce à ces quatre éléments. Ils en décrivent
chacun une portion en se détachant du mur. Les formes peintes à l'arrière de
ces éléments accentuent la sensation de vitesse et créent un jeu de lumière.
Stéphane Dafflon utilise des
éléments formels ou provenant de pratiques diverses et d'attitudes de la vie
quotidienne rejoignant les préoccupations actuelles de nombreux artistes. Qu'il
utilise l'essentiel, les prémisses ou uniquement l'idée fonctionnelle de
l'élément, cela lui permet de créer un monde formel très particulier et très
personnel dans lequel nous pouvons nous mouvoir. "J'essaie d'obtenir une
qualité de rendu qui fasse ressortir les qualités intrinsèques de la peinture,
tout en faisant référence à des images issues du champ du graphisme et, par
conséquent, à des méthodes de production industrielle".
