|
|
STÉPHANE DAFFLON
15 septembre - 28 octobre 2001
Centre Fri-art
31 août - 11 novembre 2001
Deux
expositions personnelles de Stéphane Dafflon
ont lieu actuellement
en Suisse romande. La géométrie simple et séduisante qui forme le répertoire de l'artiste fribourgeois fait appel a l'esprit du graphisme et du design contemporains. Cela lui permet
d'atteindre une sorte de «niveau zéro» de l'écriture (visuelle) de son temps, mais aussi de jouir d'une gamme inépuisable d'effets dont la gratuite assumée libère, dans l'ordre de la réception, un plaisir visuel dégage de tout enjeu referentiel et
critique. Si l'artiste se plaît à jouer avec l'espace, c'est a la manière d'un architecte d'intérieur usant de tous ses ressorts combinatoires. Radicalement non-métaphysique, cet espace
n'est pas non plus la transposition de celui, simulé par un programme informatique,
dont l'artiste se sert en amont de ses
installations : Dafflon place le spectateur
devant des objets à appréhender comme tels Dans les salies de Fri-art, une série de panneaux de bois,
aux bords arrondis et sur
lesquels s'inscrivent des formes
simples et colorées, reposent sur des tiges soclées. Le spectateur
peut les faire pivoter, et est ainsi amené a créer ses propres configurations. L'installation du CAN (High-way!, moins interactive, est dotée, comme le souligne l'artiste, de la facture un peu «découpée» d'un effet 3D à mauvaise résolution. Cette œuvre résulte de l'assemblage d'éléments en bois recouverts de peinture
blanche, et sa pureté de ligne l'inscrit
dans le «classicisme» visuel d'un minimalisme qui aurait été revu et corrigé par l'esthétique environnementale du skate. L'élément principal du décor forme un arc de cercle à inclinaison progressive, qui part du
sol a l'horizontale pour se fondre a l'angle supérieur gauche du mur opposé dont elle épouse le plan. Il est constitué de planches, dont on saisit les jointures, tant avec les mains qu'avec le regard, tout comme l'on aperçoit l'ensemble de la structure porteuse, comme en une coupe transversale, depuis la deuxième salle de l'exposition. Sur le sol de celle-ci,
Stéphane Dafflon a peint des motifs géométriques analogues a ceux de ses
wall-paintings, dont on attribuerait l'étirement perspectif, si on n'en connaissait pas la matrice virtuelle, à la vitesse de friction d'un vent puissant. Ce sentiment de vitesse est cependant mis a distance par des modules en demi-lune, sortes de transats qui transforment cette «autoroute» en une aire de repos.
Gauthier Huber