| La photographie numérique en odontologie Introduction |
INTRODUCTION
La documentation photographique, historiquement représentée par la technologie argentique et limitée au champ de l’orthodontie et à l’enseignement, s’affirme de plus en plus avec l’informatisation et la modernisation du cabinet. Favorisée par les progrès des composants électroniques, de la programmation de logiciels et des supports de stockage aux capacités de plus en plus grandes, l’informatique permettait de numériser d’abord par le biais de scanners, de caméras vidéo intra-orales aux résolutions très limitées, et enfin d’appareils photographiques numériques. En 2000, 50 % des dentistes américains possédaient une caméra intra-orale contre seulement 15 % utilisant un photoscope. Cette tendance tend à s’inverser en raison de la démocratisation du système numérique, de la baisse de son coût et de sa versatilité. La photographie numérique est une discipline très
récente puisque son composant essentiel, le capteur CCD, n’a été inventé qu’en
1970 par les laboratoires Bell. Aux environs de 1985, les progrès furent tels
que les capteurs CCD ont pu être utilisés dans le domaine de la photographie.
Néanmoins la définition des premiers capteurs était limitée (675 pixels pour le
premier capteur de Kodak puis 1.4 Mp en 1986 comparé aux définitions maximales
de 6 à 10 Mp actuels) et la sensibilité au bleu était inférieure à celles du
rouge et bleu. En 1992 sont commercialisés le DCS (Digital Camera System),
construit sur la base d’un Nikon F3, par Kodak et, en 1997, le premier appareil
photographique numérique dédié à la clinique médicale et dentaire, le Fuji
DS-22 macro clinique permettant ainsi aux praticiens d’obtenir des résultats
instantanés. Il convient de rappeler qu’un autre système pour la photographie
clinique, le Polaroïd Macro 5, partage cette même qualité d’instantanéité du
cliché mais il est limité par l’impossibilité de dupliquer les clichés et par
le fait que le cliché doit être scanné pour être numérisé. La passion de la photographie argentique
traditionnelle (tant au niveau de la construction des appareils photographiques
depuis le début du vingtième siècle, que du développement noir et blanc et de
la prise de vue), de la physique générale et de la cristallographie ont inspiré
le choix du sujet de cette thèse. Par ailleurs je ne savais que peu de choses
à propos de la technique numérique sinon quelques idées par la presse. Après quelques notions de physique de la matière et
des semi-conducteurs, ce composant essentiel de la photographie numérique
qu’est le capteur photosensible sera décrit puisque c’est lui qui conditionne
essentiellement la définition des images numériques, définition, par
ailleurs, qui fut longtemps dénigrée
car insuffisante par rapport à celle des diapositives. Ensuite nous définirons
ce qu’est une image numérique ainsi que ses caractéristiques, puis les différents formats d’images sans
pour autant perdre de vue l’application de la photographie numérique à la
clinique dentaire. C’est ainsi que les
composants du photoscopes nous mènerons aux différents principes photographiques
pour en venir aux caractéristiques de la photographie dentaire (tant au niveau
de l’enregistrement des données dans le dossier du patient qu’au niveau des
prises de vues, de leur standardisation et des problèmes posés par la
photographie macroscopique orale), à son exploitation (en travaillant
éventuellement avec un logiciel de retouche puis un logiciel d’archivage) et à
son intérêt dans les domaines de la dentisterie (prothèses fixe et amovible,
dentisterie restauratrice, occlusodontie, endodontie, chirurgie,
parodontologie, implantologie et radiologie orale), de l’orthodontie et de
l’odontologie médico-légale. |