| La photographie numérique en odontologie Conclusion |
CONCLUSION Le praticien désireux de s’équiper en « tout numérique » doit être attentif à l’utilisation qu’il compte en faire : visualisation seule des clichés sur écran, enregistrement des données dans le dossier du patient, illustrations de conférences ou d’articles…Actuellement, le coût initial des appareils numériques a tellement baissé que les capteurs de haute résolution se sont démocratisés. De façon générale, il faut choisir parmi les plus de 3 Mp. De même, sont à rechercher : une technologie du constructeur maîtrisée et reconnue, la qualité de l’objectif et des lentilles additionnelles, la visée reflex combinée à un écran LCD, la possibilité d’insérer des cartes-mémoires de grande capacité plutôt que de le connecter à un écran (en sachant que la connexion à un ordinateur est gourmande en énergie et peut être limitée par la longueur du câble USB même si cela évite les manipulations d’insertion de la carte dans son adaptateur ou lecteur), une alimentation électrique économique et d’une autonomie durable, un sabot pour y fixer éventuellement un flash TTL externe (annulaire, dont le mode automatique fonctionne avec le boîtier), l’éventuelle possibilité d’accessoiriser (tout en restant simple contrairement à l’accessoirisation compliquée des Nikon Coolpix 9xx). L’application de la photographie numérique en clinique pose quelques problèmes que le praticien doit résoudre par certains accessoires ou par différentes manipulations. Tout d’abord, un complément optique est à additionner à l’objectif du photoscope SLR ou non pour pouvoir photographier de manière macroscopique : elle permet de « tromper » l’autofocus qui fait sa mise au point à l’infini lorsque le sujet est au point focal et de photographier avec une distance de travail reproductible égale à la longueur de la focale. De plus, la mesure de l’autofocus des photoscopes non SLR n’est pas toujours correcte avec ou sans lentille ajoutée à l’objectif et déterminant une longueur de mise au point. Il n’est pas aisé de juger d’une netteté pour des systèmes de mise au point simples sans cadres se dédoublant et à superposer. Aussi cette mesure par l’autofocus combinée à la mesure de la lumière prend du temps et nécessite un délai d’une seconde, d’où un retard au déclenchement. Enfin des accessoires destinés à la clinique dentaire et médicale sont apparus sur le marché pour faire face aux résultats ombrés du flash ponctuel et à l’absence de relief consécutive à l’utilisation d’un flash annulaire : il semble qu’un diffuseur de plexiglas blanc n’obstruant pas la cellule d’analyse du flash, optimise la prise de vue extra- ou intra- orale. Un dispositif, ajouré ou non, peut aussi être adjoint à un flash ponctuel ou annulaire. En cas d’utilisation d’un photoscope SLR construit sur la base d’un boîtier argentique, un objectif 60 mm est plus judicieux, en raison de la taille inférieure du capteur par rapport à un négatif 24 x36 et donc du coefficient de conversion de focale, comparé au traditionnel 105 mm fourni dans les kits dentaires qui équivaut à un 150 mm en utilisation numérique, avec les inconvénients d’une focale trop élevée pour notre pratique. Nos praticiens devraient être plus vigilants quant à l’objectif vendu et ne pas trop rêver à posséder un objectif réputé en photographie argentique mais inadapté en photographie numérique ! La manipulation des images et leur archivage et stockage sont facilités par des logiciels très complets et faciles d’utilisation et les supports fiables de mémoires de capacités importantes. Par ailleurs, former son assistante à la manipulation du photoscope et au traitement informatique des fichiers-images (la lecture de la carte-mémoire, l’identification du cliché, éventuellement la retouche, le stockage et l’archivage) optimise l’ergonomie au cabinet dentaire ou orthodontiste. D’une part l’assistante se sent valorisée et concernée par l’évolution informatique de notre travail, et d’autre part, le praticien, gagnant du temps, peut se consacrer à la communication avec son patient ou à son soin. La pratique clinique intra-orale de la photographie numérique et son exploitation ne sont pas laissées au hasard. Afin d’être reproductible, celle-ci s’organise selon une standardisation de l’éclairage environnant, du nombre et des incidences des prises de vues. De même, pour faciliter la communication et le stockage des données, sont proposés des standards de formats graphiques des fichiers images (médical comme le format DICOM ou universel de type JPEG) et des prénormes européennes sur les dossiers de santé informatisés communicant, sur la sécurité des communication et sur le système de concepts en appui de la continuité des soins. Cette technologie nous apporte tant une appréciable instantanéité des clichés et un contrôle depuis la prise de vue jusqu’à l’impression (garantissant une confidentialité des données) qu’une ouverture d’exploitation des images bien plus grande que le système argentique. Elle contribue à l’amélioration de la qualité des soins par la tenue d’une documentation rigoureuse du dossier du patient et avec l’aide de logiciels d’aide au diagnostic ou de bases de données ou du télédiagnostic. La communication avec le patient par la visualisation directe de son état bucco-dentaire, par la simulation d’un éventuel résultat d’une thérapeutique proposée avec des logiciels de simulations et au dépistage du patient aux exigences irréalistes (présentant le syndrome du « patient mécontent ») est optimisée. La communication avec le prothésiste et dans une certaine mesure à une optimisation du travail de laboratoire au niveau esthétique et de l’intégration harmonieuse dans la cavité buccale et la communication avec un confrère ou tout autre professionnel de la santé quelque soit le vecteur utilisé (par Internet, par Email, lors d’une vidéo-projection ou d’un diaporama, par tirage, ou simplement par la lecture du fichier image sur l’écran du cabinet) sont grandement facilitées. Au niveau des perspectives d’avenir, quelques points sont à considérer sur le marché mouvant de la photographie numérique. Tout d’abord les constructeurs commercialisent des capteurs de définition de plus en plus grande alors que la taille du capteur n’augmente pas toujours avec : ainsi les pixels de taille réduite sont moins sensibles à la lumière. Ensuite par soucis d’économie et de compétitivité, de nouveaux écrans éclairés par des diodes à lumière blanche, moins gourmands en énergie, remplacent les écrans LCD ; la qualité de la visée s’en trouve encore plus amoindrie. Aussi il existe plusieurs standards de cartes-mémoires dont certains comme la SmartMedia sont en fin de vie. Cette multiplicité des standards démontrent une certaine incertitude quant à l’avenir de ceux-ci. De plus, il faut aussi prendre en compte le moindre coût des piles de recharges par rapport aux accumulateurs propriétaires (utilisés par Canon, Fuji 6900) chers mais dont certains sont commercialisés à un prix plus abordable par Hama. Il est regrettable que certains constructeurs ne conçoivent pas d’équipements spécifiques à la photographie numérique. Alors que Canon a créé une gamme complète de flashs pour la photographie numérique, des flashs Nikon pour appareils argentiques sont vendus pour être montés sur des photoscopes, sachant que le mode automatique TTL ne fonctionne pas sur les boîtiers de sa propre marque mais sur ceux de Fuji FinePix S1 Pro et S2 Pro ! De même les qualités des objectifs montés sur appareils argentiques diminuent lorsqu’ils sont fixés sur un photoscope en raison de la divergence des rayons lumineux dans l’objectif et de l’épaisseur du capteur. Les objectifs spécifiques à la photographie numérique se caractérisent par le fait que les rayons lumineux sont parallèles à l’axe de l’objectif et donc perpendiculaire au capteur. Enfin, Olympus, en association avec Kodak, est en train de concevoir une baïonnette universelle afin de commercialiser un parc d’objectifs standards numériques, non spécifiques à un boîtier et au format 4/3. De façon générale, une marque réputée en photographie argentique ne l’est pas obligatoirement en photographie numérique et la progression de la photographie numérique ressemble à un compromis entre le coût et la qualité des images obtenues et de la finition qui en pâtissent. Dans la mesure où une qualité comparable à l’argentique n’est pas nécessaire pour un traitement informatique des images ou pour des impressions de taille standard (10x15 cm), la photographie numérique est un formidable outil de communication pour le praticien, tout en sachant que le fait de photographier n’est pas rémunérateur et que le praticien devra être attentif à la durée de vie des standards durant les 30 à 48 ans de conservations des clichés. |