La photographie numérique en odontologie
caractéristiques de la photographie nuémrique en odontologie

CARACTERISTIQUES DE LA PHOTOGRAPHIE NUMERIQUE EN ODONTOLOGIE

 

 

       I.      Constitution d’un dossier de photographies du patient

 

La photographie numérique trouve des champs d’application en  pratique de la dentisterie quotidienne, en orthodontie, en odontologie médico-légale…C’est autant un élément du dossier du patient qu’un outil d’aide à la communication.

 

1.      Domaines d’application

 

Historiquement l’utilisation de la photographie en dentisterie a été limitée au champ de l’enseignement et de l’orthodontie en vue d’enregistrer les états avant et après le traitement orthodontique (45). La photographie numérique, en orthodontie, permet d’évaluer la priorité du traitement en fonction des besoins esthétiques, d’estimer les changements faciaux après une chirurgie orthognathique (69)… Ensuite la photographie s’est généralisée aux différents domaines : dentisterie restauratrice (prothèse fixe, prothèse adjointe, implantologie, dentisterie du sourire, travail sous microscope), parodontologie (suivi du traitement, quantification de la plaque dentaire…), chirurgie et pathologie buccale (enregistrer les différents stades d’une intervention, créer une base de données de pathologie buccale), odontologie médico-légale (analyses non-métrique et métrique des preuves et données ante- et post-mortem).

 

2.      C’est un outil d’aide pour :

 

  • L’amélioration  de la qualité des soins et des résultats (135):

Les clichés numériques entrent dans la prise en charge globale du patient au titre d’examen clinique complémentaire. Toutefois, la photographie reste un acte non codifié par la Sécurité Sociale, gratuit ou compté HN dans le cadre d’une étude de cas. En association avec tous les autres éléments du dossier, les photographies numériques participent à l’analyse et à l’étude du cas dans le but d’établir un diagnostic et un plan de traitement appropriés. Aussi cette technique permet d’archiver les étapes d’une intervention multiple échelonnée sur plusieurs semaines et à « historiser » le cas (100). Ainsi la possibilité de collecter et d’évaluer l’information à partir d’historiques de prises en charge de patients peut procurer une base de travail permettant d’élaborer un support d’aide à la décision (4).  Bien qu’il n’existe aucune  règle imposant aux chirurgiens-dentistes de tenir un dossier et aucune règle décrivant le contenu de celui-ci (4), il est nécessaire de tenir des fiches bucco-dentaires bien renseignées et détaillées (30) en raison de l’état dynamique bucco-dentaire montrant les états avant et après traitement,  prouvant d’une information du patient (accompagné de son consentement éclairé).

 

  • La communication avec le patient par la visualisation directe de son état bucco-dentaire et dépistage du patient aux exigences irréalistes :

Une démonstration « live » instantanée sur l’écran avant de commencer un soin est plus claire que n’importe quelle explication (100). Certains patients, d’ailleurs, sont plus crédibles face à des photographies qu’au reflet de leur cavité buccale dans le miroir. Aussi, il est à noter que l’appréciation subjective de l’esthétique dentaire nécessite de la couleur et ne se contente pas du noir & blanc (45).  Le patient, motivé, ayant compris notre enseignement, s’ implique mieux dans le traitement en passant de l’état passif à celui d’actif.

Dunn et col (45) suggèrent d’imprimer toujours deux vues de sourire, une avant et une après traitement prothétiques. Lors d’une consultation,  ces copies peuvent servir de base à la discussion avec le patient et nous permettre d’évaluer les attentes esthétiques de celui-ci. Ainsi s’il n’est pas impressionné par les photographies des résultats de nos meilleurs soins esthétiques, ses espérances sont au dessus de nos capacités voire irréalistes. En fin de traitement, un jeu de copie avant et après traitement sont données au patient

 

  • La communication avec le laboratoire :

Le prothésiste peut ainsi visualiser les photographies numériques (en couleur et en taille réelle 1 :1 (45)) compressées (pour que notre correspondant puisse la voir en plein-écran) (98) et envoyées par e-mail sur un ordinateur. Cela permet de situer le contexte, d’apprécier le tissus péri-buccaux (lèvres charnues,  volumineuses ou minces) de distinguer la ligne du sourire, la position des dents ou des restaurations par rapport aux lèvres (45), des particularités morpho-anatomiques des organes dentaires, sans que le patient ne se déplace au laboratoire. En effet, alors que le modèle en plâtre n’apporte aucune information sur les propriétés de réflexion et  de réfraction optique sur la dentine, cet outil permet de communiquer la forme, les dimensions, la surface anatomique, les nuances d’ombres, les zones mates et brillantes, l’intensité chromatique de la dent (56). Il faut veiller à photographier l’organe dentaire avec les échantillons choisis du teintier. On peut compléter ces informations par un schéma, par le résultat du Shade Eye Ex de Minolta (98).

 

  • La communication avec un confrère :

Les informations contenues dans le dossier permettent d’aider un confrère ou un autre acteur de santé impliqué dans le traitement du patient ou sa reconnaissance (4) dans le cadre d’une identification post mortem. D’autre part, en cas de besoin d’un avis d’un autre confrère, il suffit d’envoyer la photographie via Internet et d’en discuter avec celui-ci, lui-même équipé informatiquement. Aussi, les clichés numériques peuvent être développés sur diapositives, imprimés sur papier ou incorporés à des présentations entièrement numériques.

 

3.      Obligations du chirurgien-dentiste :

 

Comme cela a été déjà écrit, il n’existe pas de règle imposant au praticien de tenir un dossier médical. Aucune règle ne décrit le contenu. Toute fois, la responsabilité médicale du praticien et de ses successeurs peut être engagée durant 48 ans au maximum, les dossiers doivent être ainsi conserver trente ans s’il s’agit d’un adulte et  ce délai augmenté du nombre d’années séparant les faits de la majorité du patient s’il est mineur (4).

 

La confidentialité des dossiers doit être assurée : « veiller à la protection contre toutes indiscrétions des fiches cliniques, des documents et des supports informatiques qu’il peut détenir ou utiliser concernant des patients» (8) et « préserver la sécurité des informations, et notamment d’empêcher qu’elles ne soient déformées, endommagées ou communiquées à des tiers non autorisés» (9). Ainsi la Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés recommande certains dispositifs de sécurité. Tout fichier informatique nominatif doit être déclaré préalablement à la CNIL (10).

Le patient, ou ses ayants droits, a un droit d’accès aux informations contenues dans son dossier (11) par l’intermédiaire d’un praticien mandaté (12) qui ne lui communique que les informations jugées pertinentes.

 

Comme tous éléments constitutifs du dossier, les clichés doivent être identifiés, datés et accompagnés d’une brève description (45).

 

4.      Statut de l’image numérique

 

Si une image numérique est présentée comme preuve dans un cas litigieux, il est difficile de déterminer si la photographie a été falsifiée ou retouchée (45), au même titre qu’une diapositive. Si elle n’est pas contestée, on peut penser qu’elle est reconnue. S’il s’agit  d’identifier pour ses besoins à un moment donné une photographie numérique, la solution serait de demander à un huissier de justice de l’imprimer sur papier, ce qui lui donnerait une date certaine !(14). Une loi de juin 2001 reconnaît la signature électronique de la photographie numérique.

D’après Dunn, l’avenir est à l’étiquetage chronologique enregistrée avec chaque prise de vue par des programme (45). De plus, des nouveaux systèmes de décryptages permettent de repérer la superposition des calques sur l’image originelle (69).

En corollaire, au niveau de la sauvegarde des images obtenues par système radiographiques numériques, des formats attestant de leurs authenticités existent : la société Kodak a développé un format Kodak DNA , l’image originale est enregistrée avec un suffixe *.dna et les modifications sont enregistrées différemment. Une autre méthode, Secure Tagged Block,  sauvegarde les fichiers originaux sous *.stb et interdit toutes modifications (101).

 

    II.      Standardisation des prises de vues

 

La standardisation est indispensable pour obtenir des résultats reproductibles et valides. De plus elle permet d’évaluer un état en minimisant certains paramètres : distance du sujet, position du patient, distorsion des lentilles, éclairage…

 

1.      Paramètres affectant la qualité d’une image numérique

 

Galdino (55) classe ces paramètres en fonction de leur effet, direct ou indirect. Ainsi la qualité de l’objectif et des lentilles additionnelles, la nature et la qualité du viseur, la définition du capteur, la résolution de l’image, le taux de compression et la qualité de celle-ci, la technologie du constructeur (conversion numérique des images et éventuels traitements) agissent directement sur la qualité de l’image finale alors que les conditions lumineuses (éclairage), la mise au point, la profondeur de champ, la température de couleur de la source lumineuse et la qualité d’impression ont un effet indirect.

 

2.      Recommandations en vue d’une standardisation

 

Galdino GM et al. ont émit quelques recommandations dont (55) :

  • Etre constant au niveau de la prise de clichés : toujours utiliser le même photoscope, avec les mêmes réglages (vitesse et ouverture) et des conditions d’éclairage identiques à chaque prise de vue (surtout pour évaluer les teintes). Placer le patient dans une position reproductible, en essayant de garder la distance photoscope-patient constante (patient assis en face d’un pied supportant le photoscope) .
  • Respecter les principes de la photographie : l’éclairage environnant doit être adéquat sachant que les performances des photoscopes sont amoindries en basses lumières. Pour des vitesses plus lentes que 1/45 s, une cellule externe est conseillée et pour des vitesses supérieures à 1/60 s, un trépied est nécessaire.
  • Utiliser une distance focale reproductible : régler en téléobjectif, afin d’éviter les distorsions dues au grand-angle, et adapter la distance photoscope-patient en fonction des prises de vues souhaitées, repérées par des marques au sol ou sur un mur.
  • Régler la température des couleurs en s’aidant d’un carton gris dans le cas de sources lumineuses multiples afin d’assurer une standardisation des couleurs obtenues, sachant que les conditions lumineuses doivent être identiques, que les logiciels peuvent gérer les corrections de couleurs et les ajuster automatiquement pour chaque condition de lumière.
  • Régler la balance des blancs sur le mode automatique dans le cas de sources lumineuses mixtes. Dans des conditions de lumière pure, la balance des blancs pourra correspondre à une source de lumière (par ex. : en mode lumière du jour pour un unique flash).
  • Les arrière-fonds doivent être neutres : bleu moyen, gris à 18 %. En effet, des murs blancs, gris très  clair, gris très foncé ou noir peuvent fausser la mesure matricielle de l’exposition, car la cellule interne analyse toutes les portions de la scène à photographier. Dans ces cas-là, un réglage en mesure spot s’avère nécessaire. De plus, il faut être attentif à la couleur de peau du patient.

 

Aussi Scholz (111) conseille de n’utiliser qu’une seule lentille 90 ou 105 mm macro afin de standardiser les taux de grossissement à 1 :1 pour les vues faciales (le photographe se situe à 5 pieds du patient) et à 1 :3 pour les clichés intra-oraux. Malheureusement seuls les photoscopes haut de gamme type reflex acceptent ce genre d’objectif. L’adjonction d’un complément optique (à longueur focale prédéterminée) sur les objectifs des appareils compacts permet  une certaine standardisation, puisque la mise au point sera nette au point focal, par exemple 13 cm (99).

 

Sandler et Murray (108) rappellent qu’il faudrait viser avec un verre comprenant une grille - la ligne du milieu se superpose au plan occlusal pour une vue intra-buccale et au plan de Francfort ou sur la ligne bipupillaire pour une vue extra-buccale.

 

 III.      La photographie numérique au cabinet dentaire

 

1.      Recommandations d’hygiène

 

Lors de prises de photographies numériques, les règles d’hygiène sont à respecter en raison d’un risque bas de contamination. Le photoscope peut être sensible aux vaporisateurs des désinfectants de surface dont les gaz peuvent altérer les circuits électroniques, au talc qui peut s’infiltrer dans le boîtier ou l’objectif et à certaines lingettes désinfectantes agressives vis à vis des traitements de surfaces de la lentille frontale de l’objectif (99).

 

2.      Recommandations au niveaux du nombre de prises de vues par patient

 

Alors que l’American Academy of Cosmetic Dentistry préconise de prendre 12 vues par patient (44), Levato (45) recommande de prendre au moins quatre vues par patient en vue de documenter son dossier : une vue de face, une vue de sourire (commissure à commissure) et deux vues occlusales  de chaque arcade.
Dans le cadre d’une communication avec le prothésiste, trois photographies sont nécessaires pour une reconstitution antérieure : une vue du sourire avant l’anesthésie en taille réelle (1 :1) pour mettre en évidence la position labiale naturelle,  une vue du sourire après la préparation de la dent en taille réelle (1 :1) pour apprécier l’espace entre la face occlusale du moignon et la face occlusale de la dent antagoniste, un gros plan (2 :1) de la préparation de la dent humidifiée avec la teinte choisie (45).

 

3.      Différentes prises de vues

 

·        Vues extra-orales

 

On distingue les vues de :

  1. Profil : seul un système d’illumination « esclave » en arrière du patient  limite les ombres portées, entre le nez et le menton, par l’éclair d’un flash de type cobra monté sur le photoscope (111).

 

  1. Face ;

 

  1. Sourire, fig  1;

 

  1. Morsures et tout autre preuve physique en deux ou trois dimensions (23) : la photographie doit respecter la présence d’une échelle, à deux bras, si possible graduée, orientée dans le même plan que la morsure et évitant ainsi les distorsions dues au parallaxe. L’orientation du dos du photoscope (et donc du capteur) doit être parallèle à l’échelle.

 

·        Vues intra-orales

 

On distingue les vues de :

  1. Parties antéro-latérales des deux arcades ensemble en vue directe (en OIM, en fonction, en vue d’une transmission de teintes pour le laboratoire…), fig 2-3.

 

  1. Parties latéro-postérieures des deux arcades en vue directe : d’après Sandler et Murray (108), le photographe doit aussi tenir l’écarteur qui se situe de son côté pour optimiser l’angle de vue (perpendiculaire au groupe prémolaires-molaires) et la rétraction des tissus afin de photographier de façon satisfaisante les relations sagittales des 6; ainsi le photoscope ne doit pas être trop lourd.

 

  1. Parties latéro-postérieures des deux arcades en vue réfléchie avec l’aide de rétracteurs et d’un miroir latéral.

 

  1. Vues occlusales des arcades en vue réfléchies avec des rétracteurs bien choisis et un miroir occlusal à long manche (108), fig 4-5

 

La prise de clichés occlusaux avec un flash ponctuel lorsque le photographe se situe légèrement à distance entraîne une diminution des ombres (par une meilleure illumination) mais aussi des pixels, puisqu’il faudra recadrer l’image pour enlever les pixels indésirables qui représentent les tissus péri-oraux et les écarteurs. Tourner un peu le photoscope autour de la cavité buccale peut minimiser certaines ombres (107).

 

 

Fig 1 *: Cliché de sourire non retouché

 

Fig 2*: Cliché de l’arcade supérieure  non retouché, pris avec un contrasteur

Fig3* : Cliché d’occlusion non retouché

 

Fig 4*: Vue indirecte, occlusale de l’arcade supérieure  non retouchée

Fig 5* : Vue indirecte, occlusale de l’arcade inférieure  non retouchée

(* : Les clichés des fig 41-5 ont été photographiés au service de prothèse fixe avec un Epson Photo PC 3100 Z).

 

  1. Gros plan :

 

-         But esthétique : visualisation des caractéristiques morpho-anatomiques d’une dent, du macro-relief dentaire (stries, périkymacies, lobules…), de la translucidité ou de l’opacité de l’émail (taches de l’émail…), des surfaces mates ou brillantes, du jeu des ombres et de la lumière.

 

-         Quantification de la plaque dentaire et des surfaces vestibulaires par analyse d’image numérique (113) : après coloration de la plaque, le patient est positionné grâce à une têtière de céphalométrie montée sur un cadre aménagé avec deux flash cobra. Ces deux flashs sont équipés chacun d’un filtre blanc opaque et d’un polariseur de manière à ce que leur lumière soit polarisée dans la même direction à 90° du polariseur circulaire fixé sur l’objectif 90 mm. La position du photoscope est standardisée. Les deux flashs esclaves sont commandés par un flash cobra, fixé sur le photoscope, masqué par un film exposé de manière à transmettre seulement le rayon infra-rouge. Des images de une à deux dents sont prises avec une échelle de 5 mm fixée sur un « bite » sur lequel le patient mord. Le dos du photoscope doit être parallèle au plan de l’échelle.. D’après Smith et al., cette méthode est  fiable, reproductible (inter et intra opérateur) et sensible.

 

-         Mise en évidence de fissures, fêlures, fractures d’organe dentaire,… dans le cadre d’un enregistrement de données après un traumatisme, avant tout soin de restauration (15).

 

  1. Vues de la muqueuse buccale : post-traumatique, pathologique.

Ludlow et al. (85) ont documenté leur étude sur l’efficacité d’un adhésif tissulaire dans la  guérison d’aphtes ulcéreux récurrents, mineurs, en photographiant quotidiennement les aphtes jusqu’à guérison avec une échelle stérilisable à 2 cm de l’objectif et perpendiculaire au plan focal. Là aussi, l’utilisation d’images numériques et traitées informatiquement (par des méthodes métriques)   permet d’obtenir des mesures précises et reproductibles.

 

  1. Vues des prothèses amovibles  :

D’après Sheen et al. (112), la photographie numérique est une nouvelle technique qui permet de mettre en évidence de façon précise la plaque dentaire sur une prothèse amovible dans le cadre du contrôle de la plaque et de la prévention des candidoses. La plaque est colorée avec une substance fluorescente et photographiée avec deux flashs UV de type cobra sous sept différents angles de vues prédéterminés et repérés sur le socle et ainsi reproductibles).

 

  1. Soins sous microscope optique:

Le microscope optique est utilisé en endodontie mais aussi en parodontie, en chirurgie orale et en dentisterie restauratrice pour de nombreux avantages : ergonomie, posture, amélioration de la qualité du diagnostic et des soins, accroissement de la visibilité et d’éclairage, qui  facilite l’usage des photoscopes. Le photoscope peut être relié à un écran de télévision visible du patient et du praticien. En raison des progrès au niveau de la sensibilité des capteurs, la lumière issue de la fibre optique du microscope suffit ; un flash annulaire attaché à la lentille du microscope n’est pas nécessaire. La balance des blancs du photoscope et la source lumineuse (jaune) peuvent être calibrées pour optimiser l’exposition. Il faut noter que des vues de sourire peuvent être capturées à un grossissement de 2X, ainsi que des vues d’empreintes de silicone mettant en évidence le congé,  des vues de trois dents à un grossissement de 5 X (échelle égale à 1:1), des vues de fêlures à un grossissement de 8 X, des vues d’un espace inter-dentaire à 12 X, des vues du joint céramique-métal d’une couronne à 16 X, …(15) 

 

En vue d’une motivation à l’hygiène, le praticien peut disposer d’un microscope équipé d’un photoscope branché à un écran pour démontrer au patient l’existence et la nature de la plaque bactérienne. Une étude de Cruz et al. (36), à propos de la numérisation de vues grossies de 1 :25 à 1 :400 par un photoscope, a mis en évidence quelques problèmes de qualité de l’image, dus à la luminosité ou au contraste (20 %), à une différence de couleurs par rapport à l’image originale (15 %), à un manque de définition et de détails (10 %) et enfin à une absence global de qualité (6%).

 

 

4.      Caractéristiques de la photographie macroscopique dentaire

 

  • Profondeur de champ, grossissement et agrandissement : plus le diaphragme augmente et plus la profondeur de champ est importante. Un téléobjectif grossit alors qu’un grand angle agrandit, ce qui nécessite un recadrage à l’ordinateur. Ainsi le zoom X3 depuis le grand angle du Nikon Coolpix 5000 ne permet aucun grossissement. Il est préférable d’utiliser un 90 mm ou un 105 mm macro afin d’éviter toutes distorsions de perspective.

 

  • Complément optique adjoint devant la lentille sur les appareils grand public : c’est une lentille convergente de focale égale, par exemple, à 13 cm. Si le sujet est au point focal, l’image sortant de la lentille est à l’infini. L’ajustement du grossissement s’effectue par la variation du zoom (122).

 

  • Problème du flash  :

 

i.  Les différents flashs et leur position

Différents types de flashs peuvent être utilisés dans notre pratique, les uns présentant plus d’avantages ou d’inconvénients que les autres :

 

-   Un flash intégré ponctuel, engendre des ombres et ainsi du relief, par un éclairage plongeant (98).

Les ombres peuvent être éviter « artisanalement » (98): en faisant pivoter le corps du Nikon Coolpix 9xx. Comme le flash a une position excentrée et assymétrique (à gauche), si le corps est dans l’alignement de l’objectif, le flash illumine la partie gauche de la cavité buccale alors que s’il pivote de 90°, le centre de la zone à photographier est mieux illuminé mais la position du photographe n’est pas très ergonomique,

 

-  Un adaptateur en plastique, appelé diffuseur ou diviseur de flash à miroir,  détourne la lumière d’un flash intégré ponctuel pour la rendre plus diffuse et permettre un éclairage homogène des deux côtés.

Cet assemblage se compose de prismes qui captent la lumière du flash et de miroirs qui l’oriente vers des sorties au dessus et en dessous de l’objectif. Le diffuseur ne doit pas masquer la cellule d’analyse de la lumière du flash sinon ce dernier ne serait opérationnel qu’en mode manuel.

Malgré l’usage de diffuseur, le résultat avec un flash intégré déçoit Sandler et al. : ce flash ne serait pas toujours assez puissant pour photographier avec une petite ouverture (f 32) et produirait des ombres sur la quasi totalité de la photographie (107) . Cet avis est à relativiser car aucune information concernant le diffuseur n’est précisée et que l’emploi des diffuseurs actuels est très satisfaisant avec des ouvertures inférieures à f 8.

 

 

-  Un seul flash de type cobra à rotule

Ce flash se positionne seul au dessus de l’objectif sur un sabot ou il peut être associé à un deuxième flash cobra, ces deux unités étant disposées de part et d’autre de l’objectif.

Ce type de flash peut minimiser les ombres (111), fig 48. Une feuille blanche ou une plaque de plexiglas découpée en trapèze peut rabattre l’éclair du flash (99).

 

-  Un flash annulaire, fig 49 : Canon MR-14 EX, Minolta R-1200 AF-N, SunPack auto DX 12R et DX 8R D macro (adaptable notamment  sur Nikon Coolpix,  Canon G2, Minolta Dimage 7) (122), Yuzo TTL Ring Flash (121).

Le flash annulaire est constitué d’un tube annulaire continu, de largeur plus ou moins importante selon le modèle. Par exemple, le SunPak auto DX 12R est le flash annulaire le plus large. Il est nécessaire d’y adjoindre un masque ajouré de deux fentes et de deux trous qui permet d’atténuer l’éclair du flash et d’avoir un effet de relief, le SunPak auto DX 8R, moins large, permet de régler la puissance de l’éclair du flash et de la diminuer jusqu’au soixante-quatrième. Il se déclenche par le sabot de contact ou par l’éclair du flash intégré au photoscope.

L’avantage du flash annulaire est l’absence d’ombre. Ainsi l’image est plate, ce qui est intéressant en parodontologie par exemple. Mais il est plutôt à éviter pour photographier un sourire, un rendu esthétique en vue d’une exploitation par le prothésiste. De plus, les reflets sont nombreux et  masquent des caractérisations des dents, et des ronds en rappel du tube annulaire du flash sont visibles sur la photographie.

Les flashs annulaires composées de 10 diodes  ne sont pas satisfaisants en matière de photographies buccales ; ils sont moins lumineux et des artéfacts, comme le rappel des diodes, apparaissent sur le cliché (99).

 

-  Un flash coaxial : il est constitué de deux (comme les flashs Nikon SB-29s et Canon)  ou quatre tubes discontinus (Minolta) encadrant l’objectif. Le coffrage en plastique des deux tubes latéraux peuvent être en forme de croissant de lune inversés comme sur le Nikon SB-29. Cette  discontinuité des tubes permet d’éviter les reflets et les ronds en rappel du tube annulaire (99).

 

 ii.  Importance du pré éclair sur les compacts :

Comme trois axes optiques coexistent (objectif, flash et cellule), deux éclairs de flash consécutifs sont nécessaires pour l’analyse par le capteur (le pré éclair) puis pour la prise de la vue (l’éclair du flash proprement parlé). Les photoscopes compacts à pré éclair (Epson, Canon) sont ainsi à préférer dans notre pratique par rapport aux photoscopes compacts sans pré éclair (Casio, Sony, Nikon) (99).

 

iii.  Contrasteurs

Pour améliorer le rendu des clichés, on peut insérer une feuille de papier canson noir en bouche ou un contrasteur (plaque d’aluminium noire) (98).

 

5.      Autres utilisations au cabinet dentaire

 

  • Possibilité de réaliser des petits films (ligne du sourire) ou d’ajouter un son (identification du patient, date) (98).

 

  • Numérisation de modèles en plâtre, d’empreintes… en utilisant un arrière fond illuminé (111).

 

  • Numérisation de diapositives :

 

Un accessoire, le duplicateur de diapositives, est nécessaire pour numériser les diapositives voire les négatifs. Ce convertisseur, composé d’une fente avec (par exemple, le duplicateur Nikon (119),ou celui proposé par PTJ International (122)) ou sans un groupe de lentilles (par exemple, le copieur de diapositives Happenstance), se visse sur l’objectif. On peut y glisser un (seulement un film positif 24 x36 mm) ou deux (films positif et négatif 24 x36 mm) types de supports ; ceux-ci doivent être nettoyés et exemptes de toute poussière (64). Le photoscope doit être positionné de façon à ce que l’objectif soit en haut.

 

  • Numérisation de clichés radiographiques :

-         Généralités.

Un zoom optique ou un petit téléobjectif est préférable pour photographier une radiographie dentaire. Comme le photographe se place à distance du négatoscope, l’autofocus n’est pas piégé par une faible distance objectif-radiographie, la profondeur de champ est augmentée et l’illumination du négatoscope paraît homogène. Les ouvertures utilisées vont de f3 à f16 pour des vitesses inférieures à 1/50s. La balance des blancs peut être réglée soit en automatique, soit en lumière tungstène. Un flash cobra externe peut  limiter les erreurs d’exposition (134). Les images numériques sont capturées en photographiant la radiographie transilluminée par la technique de la main levée, en étant débout face au négatoscope ou assis en s’appuyant sur les coudes (53).

 

-         Limites du négatoscope.

Les négatoscopes comprennent deux tubes fluorescents de 20 W disposés derrière un écran de plastique blanc opalescent. On discerne trois limites des négatoscopes : illumination hétérogène, température des couleurs, scintillement et luminosité limitée. Premièrement, l’homogénéité provenant des deux tubes est bonne mais le centre du négatoscope est mieux illuminé par la source que ne le sont les coins ; les radiographies occupant toute la surface du négatoscope présentent une densité plus basse au niveau périphérique.  Aussi si les parties sombres d’une radiographies sont situées au niveau de ces coins, la tonalité est abaissée avec en conséquence une image très contrastée sans aucun détail discernables ni dans les hautes lumières, ni dans les ombres. Deuxièmement, un tube fluorescent « blanc » de 4000°C contrebalance la dominante bleue des bases de films radiographiques alors qu’une radiographie numérisée avec un négatoscope à tubes « lumière du jour » à 6000 °C aura une dominante bleuté. Troisièmement, les tubes fluorescents scintillent à la fréquence de 50 Hz ; celle-ci peut interférer lors de la prise de vue à une vitesse inférieure à 1/50 s, surtout s’il s’agit de radiographies particulièrement claires sur un négatoscope illuminé de façon maximale. L’exposition n’est pas prévisible, une dominante jaune ou un effet de bandes peut apparaître. Ainsi, il convient d’ajuster l’illumination du négatoscope pour avoir des vitesses comprises entre 1/60 et ¼ s, tout en sachant que plus le temps de pose est allongé, plus le bruit produit par les composants électroniques du photoscope est important.  Un négatoscope à haute fréquence et à haute intensité lumineuse est préférable. L’utilisation d’un flash cobra externe est aussi préconisé afin de bénéficier de temps de pose courts entraînant une profondeur de champ correcte. Il existe des négatoscopes comprenant un flash cobra externe (134).

 

-         Numérisation de clichés IRM et de scanners.

La différence de contraste est très importante pour ce type de clichés qui nécessite toute l’ échelle des gris. Comme leur bordure est noire, il faut veiller à ce que l’automatisme de la cellule ne surexpose pas le cliché photographique. De plus la différence de contraste de la radiographie dépasse souvent celui du photoscope ; pour éviter ceci, soit un filtre bleu (Cokin bleu +2, [80 A]) est vissé sur l’objectif pour diminuer la latitude du photoscope, soit un film radiographique développé mais  non exposé  est placé sous la radiographie de manière à ce que la dominante bleue du support radiographique sert de filtre. Effectivement un filtre bleu entraîne un exposition neutre des verts, une surexposition des bleus et une sous-exposition des rouges. Ces trois couleurs combinées vont produire une image avec une densité élevée et donc des niveaux de gris importants. La filtration des couleurs est à éviter pour des radiographies peu contrastées puisque avec une balance de couleur neutre, l’image aura un contraste meilleur (134).

 

-         Numérisation des radiographies.

L’automatisme produit souvent des vues avec une forte clarté centrale, avec des tons gris moyen, entourée de zones sous-exposées pour des radiographies (134) de type thorax (ces radiographies ont une faible résolution, une échelle de gris peu étendue par rapport aux radiographies intra-orales (75)). Là aussi, il faut ajuster l’intensité lumineuse du négatoscope et peut être utiliser une filtration bleue. Pour un résultat optimal, des masques, dont la forme correspond aux zones qui nécessitent d’être assombries, sont à découper dans un film radiographique gris clair et à disposer en dessous de la radiographie (134).

Bien que des photoscopes de moyenne gamme satisfont Sistrom et Gay pour capturer des images issues de radiographies médicales (mammographies, artériographies, scanners…)  à des fins éducatives, de publication et de tirage de diapositives (113), il ne faut pas perdre à l’esprit que les radiographies rétro-alvéolaires sont bien plus complexes. En effet, les radiographies intra-orales, contrairement aux autres radiographies, ont une résolution extrêmement élevée, une haute fréquence spatiale (jonction entre un matériau de restauration et les structures dentaires) avec de petits et fins détails et ainsi des informations importantes pour établir un diagnostic (75). D’après Hutchinson et al. (70), les images de radiographies sont « faciles à photographier » : la radiographie est placée sur le négatoscope et le photoscope est ajusté de façon à ce que l’image de la radiographie remplisse tout l’écran LCD.

 

 

Les différents flashs et diffuseurs utilisés en dentisterie et orthodontie :

 

 

 

fig 6,  Schéma du masque positionné devant le flash annulaire, vue de face, proposé par PTJ International

 

 

 

 

 

 

 

Fig 7 et 8 :  Schémas de deux types de diffuseurs, vue supérieure.

 

 Seules les ailettes ont des orientations différentes : vers l’extérieur ou vers l’intérieur. Dans le cas de la , l’objectif est entouré du diffuseur dont le plan est dans le prolongement de celui de la lentille frontale ; ce dispositif permet de gagner encore plus de lumière que celui de la qui perd la lumière environnante.

 

 

Description d’un troisième  type de diffuseur (127)

 

Ce diffuseur, qui libère la cellule du flash (deuxième petit rond inférieur à gauche du flash), pose un problème de finition (99).

 

Problème du flash ponctuel intégré : pivotement du corps du Nikon Coolpix 9xx pour minimiser les ombres

 

 

Numérisation de diapositives

 

Dispositif Nikon pour Coolpix 9xx,

 

Dispositif Happenstance pour Coolpix 9xx composé de deux rectangles de plastique reliés entre eux par quatre tige d’acier. L’un des rectangle est percé d’un trou pour y attacher l’objectif et l’autre rectangle comprend un dispositif pour y glisser une diapositive et se comporte comme un diffuseur de lumière en utilisant comme source lumineuse la lumière du jour ou celle d’une lampe (par exemple : une lampe halogène 200 W de bureau).

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