La photographie numérique en odontologie
L'image numérique

 

L’ IMAGE NUMERIQUE

 

 

             I.      Quelques définitions …

 
1.      Définition d’une image :

 

D’après le Petit Robert, une image est la « reproduction exacte ou représentation analogique d’un être ou d’une chose ».

 

Une image physique (par exemple optique) est une image continue qui appartient au monde (infini) des réels alors qu’une image numérique est une image discrète (finie) faisant partie de l’espace des entiers et pouvant être traitée sur ordinateur.

Mathématiquement une image est une fonction à 2 dimensions d’intensité f(x,y) avec

·        une amplitude de l’intensité de cette image nommée f,

·        (x,y) étant un point dans un espace 2D.

 

L’image f(x,y) est représentée par une matrice de MxN éléments, sachant qu’un pixel (picture element) correspond à un élément f(i,j) de cette même matrice (7).

 

f(x,y) ~

f(0,0)

f(0,1)

f(0,2)

...

f(0,M-1)

f(1,0)

f(1,1)

...

...

...

...

...

...

...

...

...

...

...

...

...

f(N-1,0)

f(N-1,1)

...

...

f(N-1,M-1)

 

Les images numériques sont des images bitmapped, puisque les coordonnées x,y d’un pixel sont localisés (mapped) par les bits (124). C’est une image matricielle (89).

 

La numérisation (conversion du signal analogique en signal numérique)  nécessite 2 opérations :

·        La discrétisation des coordonnées spatiales (ou échantillonnage spatial) : l’image analogique est découpée en petits pixels de coordonnés x,y

·        La discrétisation de l’amplitude f  ( ou quantification des niveaux de gris ou en couleurs)

Ces deux opérations déterminent respectivement  la taille (par le nombre de pixels) et la dynamique (par l’étendue de la gamme des teintes de gris ou de couleurs liée au nombre d’octets) de l’image et influencent la quantité d’information contenue dans une image numérisée (7).

 

2.      Définition de l’octet (74, 124)

 

En fait, le signal électrique mesuré est exprimé en décimal (un chiffre est composé des unités, dizaines, centaines, milliers…) et sera converti en signal binaire utilisant une succession de 0 et de 1. Ces deux valeurs sont appelées bits (binary digit ou élément binaire).

Le langage binaire convertit ces rangs (unités, dizaines, centaines, milliers…) en valeurs 1, 2, 4, 8, 16, 32, 64, 128 si le chiffre qui les représente est 1. Sinon la valeur est égale à 0. la somme de ces valeurs donne l’équivalent décimal.

 

Exemples :

Valeur décimale = 142 = 128+16+8+4

 

128

64

32

16

8

4

2

1

1

0

0

1

1

0

1

0

→ la valeur binaire est 10011010

Valeur décimale

Valeur binaire

Valeur binaire en 8 bits

0

0

00000000

1

1

00000001

2

10 (2 et 0)

00000010

3

11 ( 2 et 1)

00000011

4

100 ( 4, 0 et 0)

00000100

5

101 (4, 0 et 1)

00000101

6

110 (4, 2 et 0)

00000110

7

111 (4, 2 et 1)

00000111

254

11111110 (128, 64, 32, 16, 8, 4 et 2)

11111110

255

11111111 (128, 64, 32, 16, 8, 4 , 2 et 1)

11111111

 

En informatique on utilise l’octet qui équivaut à 8 bits : de 00000000 à 11111111, soit 256 combinaisons de bits.

Comme les multiples binaires sont des puissances de deux,

·        un kilo-octet (Ko) = 1024 octets (et non 1000),

·        un méga-octet (Mo) = 1024 Ko,

·        un giga-octet (Go) = 1024 Mo.

 

 

          II.      Codage des niveaux de gris et de couleurs

 

1.      Synthèse de la couleur

 

·        La couleur est codée dans le cadre de la photographie numérique par une base.

La base est un ensemble de d’éléments dont chaque couleur est une combinaison des éléments de la base et dont chaque élément est indépendant (et ne peut donc résulter d’une combinaison).

On distingue différentes bases :

1)      des bases de couleurs :

-         base à trois couleurs RVB, rouge, vert, bleu (ou synthèse additive : le mélange en quantité égale de trois lumières colorées produit une lumière blanche) (40), fondée sur la sensibilité trichromatique de l’œil, fig 30

-         base à trois couleurs CMJ, cyan, magenta, jaune,  fig 31 (ou synthèse soustractive puisque « la combinaison de deux pigments est, par définition, la somme de leur soustraction -autrement dit, on obtient une couleur dérivée d’un éclat moindre ») (79)

-         base à quatre couleurs CMJK, cyan, magenta, jaune, noir (par synthèse soustractive particulière due aux propriétés physico-chimiques des produits : un mélange égal de trois produits chimiques cyan, magenta et jaune donnera du gris et non du noir).

2)      Une base TSL composée de trois éléments  psycho-visuels : teinte (couleur), saturation (quantité de blanc), luminosité (intensité émise) (40), fig 32 .

 

·        Nous allons nous restreindre à la base trichromie RVB utilisée en photographie numérique, fig 33.

Cette base est composée de

-         trois couleurs dites primaires : rouge, vert et bleu

-         trois couleurs secondaires : cyan (bleu + vert), magenta (rouge+bleu) et jaune (rouge + vert).

L’addition des 3 couleurs primaires en proportion équivalente et égale à 100 % donne une lumière blanche et le noir correspond à l’absence de couleur (proportion nulle).

 

2.      Quantification des niveaux de gris ou de couleurs

 

La valeur de f(i,j) est quantifiée sur n bits et peut avoir 2 n valeurs entières : (7,124)

·        En utilisant  8 bits :  0 ≤  f(i,j)  ≤ 255 soit  256 (=2 8) niveaux de gris ou couleurs

·        Avec 16  bits : 0 ≤  f(i,j)  ≤ 65 535  soit 65 536 (=2 16 = 255 2) niveaux de gris ou couleurs

·        Avec 24 bits : 0 ≤  f(i,j)  ≤ 16 777 215 soit 16 777 216 (=2 24 = 255 3) niveaux de gris ou couleurs

 

La valeur n, exprimée en bits, est appelée profondeur d’image ou encore profondeur de couleur (89).

 

3.      Codage des niveaux de gris

 

Les images sont codées sur un octet et renferment donc 256 niveaux de gris ; par convention 0 désigne le noir ( 0 % de lumière) et 255 le blanc ( 100% de lumière)

 

 

4.      Codage de la  couleur

 

Dans le cadre d’une image à 24 bits codée en base RVB (3 octets), chaque pixel peut avoir une valeur comprise entre 0 et 255 soit 2553 possibilités = 16 777 216  possibilités de couleurs.

 

On utilise une base hexadécimale pour coder plus simplement les 256 couleurs. Cette base utilise 16 caractères : 0, 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, A, B, C, D, E, F. Après 15 (relatif à la base décimale), on code 10, 11, 12, 13, 14, 15, 16, 17, 18, 19, 1A, 1B, 1C, 1D, 1E, 1F, 20, 21…

Les valeurs de 0 (0 %) à 255 ( 100 %) correspondant à une couleur sont exprimées par 2 symboles  xx soit environ xx/255 % allant de 00 à FF. Ainsi les 3 couleurs RVB sont codées par 6 symboles précédé d’un dièse, c’est-à-dire une paire par couleur : #RR VV BB et non par les 3 octets (soit 24 symboles) relatifs aux 3 couleurs (74)

 

 

 

 

Valeur R

Valeur V

Valeur B

Couleur correspondante

Commentaires

Codage #RRVVBB

0

0

0

 

Noir

#000000

0

0

1

 

 

un peu moins noir (nuance impossible a détecter à l’œil par rapport au noir)

#000001

0

0

255

 

Bleu

#0000FF

0

255

0

 

Vert

#00FF00

255

0

0

 

Rouge

#FF0000

128

128

128

 

Couleur intermédiaire correspondant à un gris

#808080

255

255

255

 

Blanc

#FFFFFF

Fig 35 : codages des couleurs

 

 

5.      La température de la couleur

 

La perception d’un environnement en couleur est conditionnée par le rapport des trois couleurs primaires. Prenons l’exemple de la pellicule argentique bien connue de tous, le rayonnement bleu prédomine si on photographie un ciel dégagé en lumière du jour alors que le soir le rayonnement rouge inonde une chambre éclairée à incandescence.  Cette tendance d’un corps à émettre de la lumière sur une certaine longueur d’onde est caractérisée par la température de couleur exprimée en degré Kelvin. Le degré Kelvin est une unité de température centésimale mesurée à partir du 0 absolu soit –273.15 ° Celsius. On mesure cette température de couleur avec un thermocolorimétre.

 

Environnement

° Kelvin

Ciel bleu pur en haute montagne

22 000

Ciel bleu pur

12 000

Ciel très couvert

7 000

Flash

6 000

Lumière du soleil directe

5 900

Eclairage halogène

5 600

Lumière du soleil à midi

5 000

Lumière du soleil 2 h après le lever et 2 h avant le coucher

4 500

Tube fluorescent

3 000 à 6 500

Ampoule au tungstène 100W

2850

 

Les capteurs à l’instar des pellicules argentiques sont étalonnés selon une lumière précise définie par des normes.  Ainsi une photographie faite en intérieur sans flash avec  une pellicule argentique « lumière du jour » à 6 500° présentera une dominante orangée :  il aurait fallu utiliser une pellicule « tungstène »de température inférieure à 3 000 ° donc riche en rouge et pauvre en vert et bleu. Cette même photographie prise avec un éclairage au néon présentera une dominante verte car ce tube néon émet un fort rayonnement dans le vert bien que sa température de couleur soit voisine de celle des ampoules à incandescence.

Revenons à la photographie numérique, la température fixée au capteur est de 5 500° Kelvin. Elle peut être ajustée manuellement selon des blancs de référence (qui servent de bases pour étalonner les couleurs)  propres à chaque source de lumière (74)

 

6.       Le blanc de référence

 

Ainsi la balance des blancs est au photoscope ce que les différents types de pellicules (lumière du jour et tungstène) et filtres correcteurs sont à l’appareil argentique. Lorsque le blanc a été étalonné selon la température de couleur ambiante, l’image présente une gamme de couleurs réalistes sans dominantes bleutée ou orangée (74).

 

La température de  couleur du blanc a été normalisé selon des environnements standards par la Commission Internationale de l’Eclairage :

 

Blanc A

Lampe à incandescence (filament de tungstène porté à 2 850 °Kelvin)

Blanc B

Soleil, direct à midi en été : 4 877 °Kelvin (lumière légèrement jaunâtre)

Blanc C

Lumière moyenne  du jour par temps légèrement voilé : 6 774 °Kelvin (lumière riche en bleu)

Blanc D

Blanc de référence en Europe pour les récepteurs de télévision couleur : 6 500 °Kelvin

Blanc E

Blanc théoriquement parfait : 5 600 °Kelvin (teinte légèrement rosée)

 

Le menu de réglage de la balance des blancs permet ainsi de réduire les dominantes colorées dues aux différentes sources de lumière (82). Les réglages sont :

-         Automatique : la nature de la source lumineuse est détectée afin d’ajuster la balance des couleurs.  Par exemple, ils appliquent un autre algorithme de balance des couleurs en fonction d’une lumière ambiante plutôt tungstène ou fluorescent ou lumière du jour ou lumière du flash (44),

-          Blanc mesuré : l’étalonnage du blanc se fait généralement en présentant un bout de carton blanc devant le viseur, placé sous un éclairage évidemment identique au sujet (76),

-         Lumière du jour : c’est le réglage de base des flashs et capteurs CCD (82),

-         Tungstène : une dominante bleue est appliquée afin d’éliminer la lumière jaune-rouge d’une lampe à filament de tungstène (82),

-         Tube fluorescent : plusieurs sous-réglages existent car, selon la nature du gaz, la lumière va tirer dans le vert ou le magenta (82),

-